LIVRE |•^ CHAPITRE V
tranquillité de ces proTinces conquises , fini par leur donner un roi qu'il tenait en tutelle > à la vérité; mais enfin^ la présence en Italie, de ces fils ou petits-fils rois, lui allégeait le fardeau de sa vaste domination.
Louis, qfuoi qu'en ait pu dire l'historien Tatn(lj, ne daigna jamais visiter la Lombardie dans les trois ans qu'il tint ce royaume sous son autorité immédiate. Voulutril par là témoigner son ntécontentement à la Lombardie, complice de la rébellion de Bernard? La même cause lui fitelle laisser pendant trois ans le tr6ne lombard ÎBoocHpé? Faut-il penser aussi que ce fut par ce actif, et pour froisser l'orgueil de ce peuple, <|û'il publia quelques décrets, destinés aux Ëtats italiens , sans prendre l'avis d'aucun seigneur ni d'aucune diète d'Italie (2)?
Quel que pût être le motif de Tempereur, une t^e conduite était peu faite pour ramener à lui ce peuple si justement irrité de la fin déplorable de son roi.
De sourdes rumeurs de mécontentement vinrent bientôt du fond de la Lombardie gronder
(1) GiULiNi , lib. II.
(2) Il est juste de dire que parmi ces lois il en est quel- V» nues qui se font remarquer par leur sagesse et un grand ^rit de justice.
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autour du trône impérial. Louis s*en émut ; mais ainsi que cela s'est vu souvent, un péril nouveau vint neutraliser ou, du moins, reculer Tef fet d'un premier péril.
Liutwide, duc de la Pannonie inférieure , e Borna , duc de Dalmatie ( 1 ) , ayant sur ces entrefai les levé l'étendard de la révolte, l'empereur eu la pensée hardie d'envoyer contre eux, sous 1; conduite de Balderico, duc de Frioul, les Lombards , ces mêmes Lombards si mécontens , maii auxquels il promit le redressement de tous leur griefs. Les soldats de Lombardie se montrèrent dans cette expédition , dignes de combattre poui la cause des Francs. Ils envahirent , après di glorieux combats (2), les États des ducs rebelle et revinrent chargés de riches dépouilles.
Ce service rendu à l'empereur lui devint ui danger de plus. Les Lombards, fiers de leui triomphe, firent entendre des vœux plus énergiques pour obtenir un roi, comme nation.
Leurs vœux devinrent d'autant plus impératifs qu'ils eurent à demander l'accomplissemen de ce genre de promesses que l'on prodigue devant le péril et qu'on met en oubli quand le péri est passé. Les doléances des Lombards trouvé-
(1) MURATORI , AniL dltal. , T. iv , pages 668 el4W. 02) IbùL