LIVRE I". — CHAPITRE V
rent cette fois des échos et des appuis à la cour de Tempereur.
On se souvient que Louis avait associé sou (ils atné à l'empire, honneur stérile qui faisait envier à Lothaire la position de ses frères décorés seulement y à la vérité y du titre de rois ; mais au inoins ces rois avaient des royaumes à gouverner, Ton la Bavière, l'autre l'Aquitaine, tandis que Lothaire n'était empereur que de nom. Cette situation fausse blessait son orgueil et surtSiM celui d'Hermengarde sa mère : elle fournit à la cause des Lombards des avocats puissans. Gomme un danger réel pressait Louis, il dut être plus facile à Hermengarde de faire ressortir, aux yeux du monarque , le but que s'était proposé Charlemagne en investissant Pépin , et après lui Bernard, de la royauté de Lombardie.
Ce royaume était si loin , ce peuple si inquiet I Qui sait si , dans l'ivresse de son dernier triomphe, il ne s'octroyerait pas lui-même un roi, si le choix de l'empereur se faisait trop attendre ! Et ce choix, sur qui le porter? Bernard avait laissé un fils (1) ; mais ce fils était trop enfant pour le poids d'une couronne : d'ailleurs, quelle haine secrète le jeune Pépin ne devait-il pas
(l) GiULmi. L*histoire ne parle plus de cet enfant qui , ^ns doote , suhrit de près son père dans la tombe.
T. L il
avoir vouée à ceux par qui son père avait perdi le trône et la vie?
Un prince du sang impérial j un prince scomii et dévoué , capable d'imposer par sa présence aux turbulens Lombards et de les comprimer ac besoin y était seul digne de la confiance de Tem pereur. Eh ! quel prince pouvait offrir plus d< gages de soumission et d'amour que le fils atn^ de LfOuis, que ce Lothaire associé déjà à l'empire, mais dont l'ambition louable brûlait d< prouver, comme ses frères , par une vie noblement et laborieusement remplie, son zèle et soi dévouement pour l'empereur?
Telles furent les considérations qu'Hermengarde dut faire valoir pour servir les vues de soi fils et son ambition de mère.
Quoi qu'il en soit , Louis , aux premiers bruifa de la fermentation nouvelle qui se manifestait en Lombardie, se montra plus que jamais disposa à lui choisir un roi , laissant entrevoir la pensée que son choix se porterait sur Lothaire.
Mais un événement inattendu vient suspendre l'effet de cette espèce d'engagement pris avec la révolte , cette fois légithne ; un moment la foce des choses est changée , et Lothaire dont rétention se détourne de son premier but, berce son esprit d'un rêve plus brillant encore.