LIVRE 1". CHAPITRE V
Souvenirs où domine le grand nom de Charleliagne , que Napoléon f mille ans après , quand il réunit, par la victoire, la Lombardie à l'empire fiançais , donna le nom de département ^Oiona ^ la province dont Milan était le chef-lieu.
II est un autre rapprochement non moins singulier.
Giulini , dont l'ouvrage a été publié en 1760, fait observer qu'au retour d'un de ses voyages à Rome (825), Lothaire data un de ses diplômes de la FAMEUSE résidence royale de Marengo : nella idlla famosa di Marengo , carte Reale (1) , « peu loin , ajoute cet auteur , du Tanaro et de » Temi^cement qu'occupe aujourd'hui la ville » d'Alexandrie (2). »
Giulini , en écrivant ces lignes au milieu du xvui* siècle , était loin de prévoir qu'un demisiècle après lui , et dix siècles après l'invasion de ia Lombardie par les guerriers de Cbarlemagne, un autre grand capitaine, un autre Charlemagne , à la tête des descendans de ces naêmes guerriers , rendrait bien autrement fameux le site et le nom de Marengo.
(1) GIULIM. T. V'.anno 825, — Comte Veuuy. T. r\ p. 106.
(2) Le Tanaro va se jeter dans la Bormida qui sépare leterritoire d* Alexandrie du champ de bataille de Marengo, ^iqui va, un peu plus bas, se mêler aux eaux du Pô.
Marengo n'est qu'un hameau de quelques maisons ; près de là est un bourg considérabh du nom de Spinetta^ qui fut, aussi bien que Ma rengo y témoin et théâtre de la grande bataille On devine aisément le motif qui a fait choisir i Bonaparte le nom du hameau pour en baptiseï son immortelle victoire , et pour donner, au dé* parlement dont Alexandrie fut le chef-lieu , h nom de département de Marengo.
Lothaire , après avoir , comme nous venoni de le dire , pourvu la Lombardie de lois et di décrets propres à y assurer une bonne administration , se rendit à la cour de son père (1)
Les vieilles chroniques de l'époque raconten que le jeune empereur, passant dans le bour| de Grabadona , aujourd'hui Grai^dona , sur h lac de Gomo, alla y visiter une église dédiée i saint Jean-Baptiste. On voyait dans le chœur
(1) D*après GiuLini, l'empereur Louis aurait chargé Adc Ihard , comte du palais , et Mauringo , comte de Brescia de diriger les affaires du royaume , pendant Tabsence d son fils.
Il pourrait y avoir une erreur dans cette assertion, ou ai moins, cet Adelhard ne saurait être le frère de Walla. L saint homme, ancien ministre de Pépin et de Bernard, était à cette époque, occupé de sa pieuse fondation dans le pay des Saxons. Ce dut être plutôt Walla qu'on chargea do l'ad ministration du royaume au départ de Lothaire.