LIVRE 11. — CHAPITAE IV
prolongé leur occupation plus long-lomps que les Gaulois et les fraiiçais , cependant peu de ioots milanais doivent leur origine à la langue Allemande. Ce rais^Minement sert de base h l'bistorien que nous vaAon9 de citer, poqr établir que les Milanais ont conservé l'idiome de leur origine ; que cet idiome, dérivé du Gaulois et qui est vwujusqu'à nos temps modernes, sans trop d'altération, a précédé la langue italienne ; qu'il a même servi , avec les autres dialectes des diverses contrées d'Italie et la corruption du latin , à la fonnation de cette langue épurée depuis , et devenue, par le secours des lettres et de la poésie , la langue maltresse en Italie.
Musique. — Il parait qu'à cette époque on ne ooimaissaitenfaitdemMÎçtieque celle d'église. Les orgues étaient connues en France et en Italie vers le milieu du viii^ siècle ; on s'en servait à la fin du même siècle dans plusieurs églises ; mais l'Occident était , à cet égard , comme pour tant d'autres objets d'art et d'industrie, tributaire de l'Orient, qui seul savait les confectionner. Un moine vénitien , venu d'Orient avec la connaissance de cet art, s*étant chargé d'initier <lans son secret plusieurs élèves , reçut en 826 , ^'es empereurs Louis et Lothaire , une riche ré- ^'onipenïio et fut pourvu d'uiie abbaye. Qua-
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rante-sept ans plus tard y le pape Jean VIII fait demander à l'évéque de Frisinga (sans doute ^ Freisengen en Bavière) , des orgues et un artiste^s pour jouer de cet instrument (1). On voit, parlà, que TAllemagne s'était plus empressée ques l'Italie de s'approprier la confection des orgues^ et qu'on y avait fait , dès cette épo€[ue , pour 1^ musique y plus de progrès que dans la Péninsule. Si l'Italie était moins avancée dans cet arC que l' Allemagne, la France l'était moins encore que l'Italie.
Les églises de France avaient des chantres que l'on appelait chantres gaulois ; les Romains avaient voulu introduire dans les Gaules le chant grégorien, musique attribuée à Grégoire-le- Grand , et qui , simple et grave , avait un cachet de dignité religieuse ; mais les chantres gaulois n'ayant pas l'usage des anciennes notes alphabétiques, avaient corrompu ce chant en voulant l'embellir. Gharlemagne, au retour d'un de ses voyages en Italie , exigea que ces chantres revinssent à la méthode de leurs maîtres. li obtint du pape Adrien des livres de chant notés ; deux musiciens italiens furent établis pour enseigner
(1) GiiLiM/romoi", page 3/i8. — Verry , Tomo r, l>agoi37.