‹ Histore de la maison de Saxe-Cobourg-GothaChapitre 13 sur 28 · SIS · texte numérisé non relu

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Toutefois ils n'exercèrent le droit de suzeraineté que dans le pays de Cobourg et de Romhild ; car, pour Saalfeld, ils demeurèrent toujours dans la dépendance indiquée de la branche aînée de Gotha- Altenbourg. François-Josias résidait à Cobourg, Chrétien-Ernest à Saalfeld. L'administration fat séparée de fait, quoique gérée au nom des deux par un seul.

Dès l'acquisition de Cobourg. la maison de Saalfeld prit le nom de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Chrétien-Ernest, qui avait consacré une grande partie de sa vie aux exercices de dévotion, mourut le 4 septembre 1745, sans laisser de postérité *. Son frère François-Josias recueillit toute sa succession , et gouverna seul le duché.

Se conformant à l'exemple donné par les branches collatérales, il régla, 1747, le droit de succession par ordre de primogéniture, pour prévenir les funestes résultats d'une nouvelle subdivision. En général, il eut le mérite d'avoir voué l'activité et l'intelligence pénétrante qui le distinguaient, à raffermissement des institutions, à la régularisation de l'administration, au renforcement des ressources matérielles, au soutien, en un mot, de l'existence politique de son peuple. Il réussit ainsi à dissiper les désordres que les longues discussions au sujet de l'héritage de Cobourg, avaient introduits

* Du rivant de son père, et malgré l'opposition de celui-ci, Chrétien-Ernest t'était marié a Obergreiz avec noe demoiselle de Eoss, et avait donné lieu A de fâcheuses disputes de préséance et de succession entre sou frère et lui. Jean-Ernest flia que l'épouse de Chrétien-Ernest n'aurait en aucune occasion le pas sur celle de François-Josias, qui était une princesse de Schwarzbourg, et que la descendance du premier ne pourrait hériter du pouvoir qu'après l'extinction de la dos-

mademolsellc de Ross il ne soit point résulté d'enfants.

dans la gestion des affaires. Le succès qu'il obtint aurait encore été plus heureux , si la guerre de sept ans n'était venue, par les lourds sacrifices qu elle imposait au pays, entraver le mouvement progressif qu'il avait imprimé à la direction des affaires. Le pays se ressentit, malgré l'état prospère où il se trouvait, très-sensiblement des charges de la guerre, consistant en logements militaires et en contributions à livrer tant aux ennemis qu'aux alliés.

A peine la guerre fuUelle terminée, que le duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld décéda, le 46 septembre 4764. âgé de 63 ans

Son fils aîné, Ernest-Frédéric, lui succéda seul en vertu de la loi que son père avait posée, dans le gouvernement de Saalfeld et de Cobourg. La situation de ce prince fut, dès le début, extrêmement pénible. Les événements politiques qui précédèrent son avènement et les frais du procès sur la succession de Cobourg avaient accumulé une dette considérable. Ces circonstances s'aggravèrent encore lorsque le prince de Schwarzbourg-Sondershausen l'eut institué héritier universel de toute sa succession allodiale , mais en lui imposant l'obligation d'acquitter différents legs trèsconsidérables. L'impossibilité de suffire à toutes les

* François-Josias prit part a la campagne d'Italie, Ion de la guerre entre l'Autriche et l'Espagne, et te distingua à la bataille de Francotflle (90 juin 1710) et ao siège de Messine et de Païenne. — Eo 1797, il perdit un œil an Jeu de

On cite arec beaucoup d'éloges la généreuse assistaoce que les duc* d> Cobourg prêtèrent en 1739 aux milliers de protestants, que les persécutions des archetéq«ies de SaUhourg avaient contraints a quitter le territoire de ce» princes de l'Église.

exigences que lui suscita cet héritage, le mit dans la nécessité d'invoquer la protection de l'empereur Joseph II contre les instances des créanciers, et surtout pour suspendre l'exécution des arrêts qui avaient été rendus par la commission nommée pour, liquider les affaires de Schwarzbourg. La dette s'était élevée à cette époque à 1,075,068 écus, et les revenus de la couronne n'étant que de 70,000 écus tout au plus, il ne restait — déduction faite des dépenses de l'administration publique — pour l'entretien delà cour, pour les intérêts et l'amortissement de la dette, que 35,729 écus, ou, comptant une allocation spéciale de la part des états d'une valeur de 5,333 écus, 39,062écus. Dans cette gène pécuniaire, il fut institué en 1773, par la chambre impériale, une commission des finances, composée du duc Ernest II de Saxe-Golha-Altenbourg, et du prince Frédéric de Saxe-Hildbourghausen, conseiller intime et feld-maréchal au service de l'Autriche. Mais cette commission, quelque salutaire qu'elle fût d'un côté, entrava d'un autre l'action gouvernementale du duc Ernest-Frédéric, qui poursuivait avec persévérance la voie de réforme que son père avait ouverte, et dont les soins particuliers pour l'agriculture méritent d'être spécialement mentionnés.

Ernest-Frédéric mourut le 7 septembre 1800, sans qu'il eût pu se réjouir de voir son pays délivré des commissaires étrangers *.

4 Ernest-Frédéric «ail épousé Sophie- Antoinette, sœur du célèbre prince Ferdinand de Brunswick, de la reine de Danemark, et de la reine de Prus*o (femme de Frédéric le Grand). Un an avant m mort, leS5 avril 1799, le duc et

Le duc François, son fils et successeur, né en 17S0, âgé de 49 ans à lepoque de son avènement, déploya l'activité la plus empressée pour faire le bon-

annales de la maisou Krncslinc, qu'une pyramide, dressée pris d'Untersiemau, rappelle encore de nos Jours au souvenir de la postérité. Des trois frères du duc, qui tous suivirent la carrière militaire, nous ne mentionnons spécialement ici, que le plus illustre, le prince Fri&tric-Jotias (né 1757, mort 1815), dont nous faisons suivre la notice biographique :

Né en 1757, il fut confié en 1749 aux soins du conseiller Jean-Auguste de Scbœnfeld, qui le rendit capable d'entrer à 18 ans comme capitaine dans un régiment de cuirassiers au service de l'Autriche.

La guerre de sept ans lui donna bientôt l'occasion de déplorer ses talents militaires, et les journées de Lowositz, de Hochkircheo , et autres faits d'armes remarquables, le firent avancer rapidement. Lieutenant-colonel (I7j8), colonel (1750). et général-major (1760), Il obtint en 1700 un régiment de dragons, et le 1" mai 1775, il fut promu lieutenant-général. Trois ans après, lors delà guerre qui éclata entre l'Autriche et la Bavière, il prit part, sous le commandement de Laudon. a l'affaire de Muncheof riLr. Dès 1778, il remplit les fonctions décommandant-général de Prcshourg, et le 22 août 1786 il fut nommé par Joseph II, général de cavalerie et commandant de la Galice et de la Buekowina. Partout il fut aimé pour l'amabilité de ses manière», la loyauté de ton caractère, sa bravoure vt ses talents.

Lorsque l'empereur Joseph II, après avoir soutenu quelque temps le rûle de médiateur entre les Russes et les Tores, séduit par Catherine, se détermina enfin à prendre part a sa querelle (en 1780), le prince de Cobourg entra en Moldavie avec 30,000 Autrichiens, prit la forteresse de Chokzcltn, et remporta le 30 juillet 1789. joint au général russe Suwarow, une brillante victoire sur le* Turcs.

il entra triomphalement à Buckarest. En conséquence de ces sucoès, l'empereur le nomma feld-raaréchal, et, la paix entre la Porte et l'Autricheayan' été signée le 4 août 1701. il fut chargé du gouvernement du royaume de Bougric, qu'il conserva jusqu'en 179S. Le 0 janvier de celte année. Il reçut le commandement supérieur de la grande armée Impériale, que les enbavissements progressifs de la république française avaient soulevée. Nous renvoyons aux historiographes de l'époque pour les faits éclatants de Cobourg entre Dnren et Aldenhovcn, à Aixla-Chapelle . a Maestricht , i Neerw ioden , la prise successive de Onesuoy, de Landrecies et de Valenciennes, enfin la bataille de Tournai (M mai 1794).

Vers la fin de celte année, le prince se retira, couvert de lauriers, à Cobourg, où il fut reçu avec enthousiasme par sa famille et ses compatriotes. Il vécut dès lors.

heur de ses administrés; mais ses efforts, relevés par de généreux sentiments, ne lui firent point atteindre le but qu'il s'était posé. La situation financière s était bien un peu améliorée; quelques centaines de mille florins étaient amorties, mais la dette se montait encore toujours à la somme de 4,361,141 florins. Le payement en devint d'autant plus difficile, que les guerres de la révolution française nécessitèrent de nouveaux sacri. fices, et que la commission financière paralysait la libre action du gouvernement. Pour lever l'embarras où il se trouvait, François prit à son service, le directeur des finances du margrave de Brandebourg à Baireuth, M. de Kretschmann, économiste renommé et homme d'Etat d'tinepénétration distinguée, etlui confia la direction des affaires. A force de travail, celui-ci parvint en 1802 à faire dissoudre la commission des finances, qui avait été organisée vingt-neuf ans auparavant, en 1773. On ne saurait méconnaître les grands mérites de Kretschmann pour le pays de Gobourg. Malheureusement,

dam ta retraite. L'admiuUtration du ministre Krctscbmann troubla pour quelque temps ce repos, et il fut même contraint de porter plainte (1804) auprès du Conseil aulique impérial, contre les mesure* prises par le ministre, nuis le dissentiment eotre lui et le duc régnant fut bientôt dissipé. En 1801, il reçut, a titre d'aîné de la maison Ernestine, la possession du bailliage d'OldisIcbcn, ce qui, en tertu de la loi de primo«énitnre posée par son père, François- Jojias, ne lui rapporta qu'un revenu de 2,000 écus.

Il mourut le 96 février 1815, âgé de 78 ans. Le duc régnant Ernest, son petitneveu, fut son principal héritier. Frédéric-Josias avait épousé morganatique* ment la dame Thérèse Strosteck, dont il eut un fils, Frédéric von Roman, auquel il légua le bien seigneurial de Neudcn bourg, en Autriche.

Des deux sœurs d'Ernest-Frédéric, l'une, Charlotte-Sophie, fut mariée au duc de Mecklembourg-Schwérin , l'antre, Frédériqve-CaroKne , au margrave de

trop de rigueur dans l'application de ses principes, son système d'administration, qui remplissait bien les caisses de l'État, mais au préjudice de la richesse nationale ; ses idées exclusives, dictées plutôt par la nécessité présente que par une sage et prévoyante économie, diminuèrent de beaucoup la valeur de son mérite. Les griefs allèrent même jusqu'à inspirer au peuple une animosilé toujours croissante contre le ministre, surtout depuis qu'il eut conçu le soupçon que les intérêts personnels n'étaient point étrangers au mode d'administration que cet homme d'Etat suivait. De même que les sujets se plaisent à reporter les bienfaits d'un gouvernement populaire sur le compte des princes qui siègent sur le trône, ils voient aussi en eux la source des maux, fictifs ou réels, qui émanent des hommes qui les entourent. 11 n'est donc pas surprenant que dans les circonstances fâcheuses dont nous parlons, une sourde mésintelligence entre le duc et les états se soit manifestée, et que des dissentiments aient troublé la paix dans l'intérieur même de la famille ducale.

Le court espace de temps de 1802 à 1807,que signale le ministère du baron Kretschmann, fut ainsi une des périodes les plus désastreuses dans les annales du pays de Saalfeld-€obourg. Pour le duc François, qui par les sentiments élevés dont il était animé, et surtout par sa bonté naturelle aspirait à l'affection de son peuple, il fut la source des chagrins les plus vifs. L'administration de Kretschmann, calculée sur l'apparence, sur l'établissement de budgets spécieux, plutôt que sur le soulagement réel des contribuables , a coûté au pays et à

la maison ducale près d'un million et demi de florins, sans qu'il fût réalisé quelque autre résultat financier que l'acquisition de domaines, dont la valeur ne s'élève qu'à environ 265,000 florins.

Celui qui examine avec impartialité les actes du pouvoir, ne manquera pas, cependant, d'attribuer en partie cette situation du pays aux difficultés générales de l'époque, et ne passera pas sous siler - 'es institutions salutaires et les mesures importantes, uaes à la gestion du premier ministre de François. Tel est, par exemple, le traité conclu le 4 mai 4305 avec Saxe-Gotha-Altenbourg, en vertu duquel la dépendance qui liait encore les ducs de Gobourg-Saalfeld à la maison de Gotha — le soi-disant néants Gothanus dont nous avons fait mention dans ce qui précède et qui existait depuis le partage de 1681, — fut dissoute. Telle fut encore la cession faite à la branche de Gotha de la part du duc de Cobourg au bailliage de Rômhild contre la part de Gotha au bailliage de Thémar, qui devint ainsi, dans sa totalité, la possession de la maison de Cobourg.

Dès 180b, de nouvelles calamités vinrent fondre sur le duché de Cobourg. La participation de la Prusse à la guerre que se livraient la France et l'Autriche, et les hostilités qui éclatèrent l'année suivante entre la Prusse et la France, eurent des suites pénibles pour le pays par le cantonnement des troupes prussiennes. Le passage de deux corps d'armée français, commandés par les maréchaux Lannes et Augereau, qui eut lieu les 7, 8 et 9 octobre 1806, fut accompagné de contributions ruineuses pour les habitants de Cobourg. Après

la bataille d'Iéna. les États de Cobourg-Saalfeld furent déclarés pays conquis et chargés d'une réquisition inouïe de 981,170 francs, dont 220,000 seulement furent en réalité versés dans le trésor de l'ennemi.

Au milieu de ces désastres, le duc François descendit dans la tombe. Sa santé affaiblie, qui l'avait engagé à se retirer de Gobourg au château de Saalfeld, avait été trop violemment frappée à la mémorable attaque de cette ville, le 10 octobre 1806. Celle-ci coûta, comme on sait, la vie au prince Louis-Ferdinand de Prusse, et accéléra la mort du duc de Saxc-Cobourg-Saalfeld. Il mourut deux mois après, le 9 décembre 1806, âgé de 56 ans \ Le 15 du même mois, fut signée la paix de

» Le duc François cul, quelques mois avant sa mort , la douleur de perdre ton frère unique, Louis-Charles- Frédéric , lieutenant-général feld-marécbal an service de l'Autriche, mort a Cobourg. le 5 juillet 1800. Sa sœur, Caroline- Ulrique-JmiUe, née en 1753, doyennes»* dt l'abbaye sécularisée de Ganderihcim depuis 1795 Jusqu'en 1811, ou celte abbaye fut supprimée, lui survécu! encore 25 aD».

François avait épousé en. secondes nocos , le 13 juin 1777, Juguste-CarvHne- Sophe, Aile du comte Henri XXIV de Jteuss-Ebcrsdorf , née en 1757. Cette prince*** , qui brillait autant par son intelligence que par ses vertus domestiques, fut la mire de huit enfants, dont nous allons tracer l'histoire dans les chapitres suivants. Nous en donnons dès maintenant les noms :

1. Sophie- FréJirique-Caroline, née 1778 (comtesse de Mcnsdorff).

3. AntoinetteEmesline-JméHe, née 1770 (duchesse de Wurtemberg).

5. Julienne- Henrielte-Vlrique (Anne-Fcodorowna) , née 1781 (grande-duchesse de Russie).

4. EaiEst-z/Htoine-C/iar/ca, ué 1784 (duc de SaicCobourg-Golha).

5. IrtuHXAit-Gtorfes-Juguêt», né 1785 (duc de Saxe-Cobourg-Cobary, fHdmaréchal autrichien).

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