CHAPITRE VII L
Le «m Perdlnaud de <*«it-4 obourg K-ohary, et le roi de» Belf., u feu doc Krneel I de ••ie-C«t»ourc-Cotha.
e second fils et quatrième enfant du duc François de Saxe-Cobourg- Saalfeld est Ferdinand (Georges-Auguste), né à Cobourg le 28 mars i785, général de cavalerie au service d'Autriche et propriétaire du régiment des hussards n* 8.
Dans la biographie de son frère le duc régnant, au chapitre précédent, il a été mentionné comme suivant à l'époque du décès de son père, la bannière de l'Autriche, et portant ombrage, par là même, au protecteur de la confédération du Rhin, à laquelle le duché de Cobourg s'était joint en 1806.
Les événements politiques, qui depuis lors jusqu'en 1813 tinrent l'Europe sous les armes, fournirent au prince de Cobourg mainte occasion de faire
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preuve de talent militaire, de fidélité et d'attachement envers l'empereur, et de son noble dévouement à la cause des alliés.
Il assista aux combats d'Aspern, de Wagram, de Dresde, de Leipzig et de Hochheim ; rendit des services éminents, au prix, de son sang, dans la campagne de 180i,àlllm, Neresheim et Elchingen, et en 1809 devant Keffringen, et eut sa part, en 4813, aux succès delà mémorable bataille de Culm(30 août 1813), qui donna aussi à son frère cadet, le prince Léopold, un des principaux titres à sa gloire militaire \
En 1814 il suivit l'armée autrichienne, qui, sous le commandement du prince héréditaire de Hesse-Hombourg, occupa le midi de la France, défendu par le maréchal Augereau ; se trouva, en qualité de chef de brigade, sous les ordres du feld-maréchal, comte Ignace de Hardegg, et se distingua par la prise de St. -Etienne, villerenommée par ses manufactures d'armes En 1815, il fit partie de la division qui occupa le département de la Nièvre. Il déploya en toutes circonstances autant de générosité que de bravoure. A la demande du pré-
1 Selon l'auteur de* Johrbtiektr (Annales) de la viOê rie Cobourg (Cobeurg. 1899, p. 80), le comte de Sorbenbourg , que Ton rencontre dan» les faites militaires de 1813, comme général-major commandant de brigade, n'est aotre que le prince Ferdioand de Saie-Cobourg.
* Voy. sur les opérations militaires de cette campagne, et pour plus amples détails sur le rôle do prince de Cobourg, le* ouvrage» allemands intitulés : DU grotu Chronik. Cachichte du kriegti der FerbUndtttn Europa's gegen tfapolttm Bonaparte, in den Jahren 1813, 1814 und 1815. Von Joh Sporichil, Brtun- •elweig, 1841. Partie II, lom. II, p. 181 et ss. - GuchichUd* Ftldzuga von 1814 in dtm ont/, und nœrdl. Fmnkreich bit lur £innakm* von Parti. Berlin, l>o»en und Bromberg. 1843. Troisième tome, S— partie.
fet, il empêcha le désarmement de la garde nationale deNevers; enfin il n'a laissé, par sa noble conduite dans celte ville, que des souvenirs d'affection et de regrets. La même année, l'empereur François I lui conféra la croix de commandeur de Marie-Thérèse.
La tranquillité de l'Allemagne ayant été rétablie, Ferdinand, alors lieutenanMeld-maréchal , épousa à Vienne, le 2 janvier 1816, Antoinette (Marie-Gabrielle), née 2 juillet 1797, fille et héritière de François-Joseph, prince de Kohary, chancelier et premier grand-maître de la cour en Hongrie.
Cette union lui ouvrit la perspective d'être investi un jour d'un des majorais les plus considérables de l'Autriche, comprenant, en Hongrie, les seigneuries de Csabragh, Szitnya, Murany, Balogvar, Rima Szécs,Derencsin,Fuleck,Kecskemét, etdansla province autrichienne au dessous de l'Enns les seigneuries deWalterskirchen, Ebenthal et Dûrrenkraut. Lorsque le 27 juin 1826, le prince de Kohary succomba subitement à un coup d'apoplexie, qui le surprit à la suite d'un conseil de ministres, à Garlbourg, château de M. le comte Charles de Zichy, ministre d'Etat, différents bruits se croisèrent au sujet de l'importante succession qu'il laissait. Selon les uns, la propriété mentionnée n'étant qu'un fief masculin, elle était réversible au fisc royal, qui s'en emparerait après le décès de M me la princesse douairière, née comtesse de Waldslcin-Warlenberg sur Leutomischel . D'autres, supposant des clauses spéciales dans le pacte de mariage entre la princesse Antoinette et S. A. S. le duc Ferdinand, la faisaient échoir à ce der-
nier. D autres enfin, se fondant sur les lois du pays, prétendaient que les biens de Kohary ne pouvaient passer au duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld, qu'à titre d'une impétration formellement demandée; mais que les mérites de son beau-père, et les siens propres mettaient la réussite de ces démarches en dehors de tout doute. Cette dernière supposition était la plus juste. L'indigénal hongrois, condition essentielle pour l'obtention de fiefs, fut accordé au duc en 4827, par décret impérial *, — du chef des mérites particuliers de S. A . S. et de ceux du prince défunt, son beau-père, — et par là le droit d'impétrer les terres de Kohary, ex defectu seocus ma&culini. La donation royale ne fut signée que le 24 mars 1831, et l'acte solennel de la remise, ou selon le terme officiel, la statution des biens conférés se fit, d après le rituel accoutumé, le S décembre 1854 .
Labranchecollatérale de la maison de Saxe-Cobourg- Golha, fondée parle duc Ferdinand et investie du majo-
s Le 41* article des recex de 1835/7 renferme ce qui mit : Dominui princeps Ferdinand» dm Saio-Coburg-Gotbaenti*, Dominus item, de- (suit eacorr le prince Frédéric-Xavier de Honenzollern-Hecbingen), in Himgaro» recipiunlur. lnsignibu »tttui pnbiico tacrati«.*enritii» et sago aut loga comparait* nacritis provocali Statut et Ordinea Dorainun principem Ferdinand uni Ducem Saxc-Coburg-Gotbaenscm, Juiiaci. Clivite et Berg» prout et Angri» et Westphali», Landgravinm Tburiogiœ, Marchionem Mituis, ord. Milit. Therea. Coiuniriuiatorera, pluribusque aliif exteris ingigoem, S. C. et R. A. Majoiaiii Caropi Manchalli Locurolenentcm et unin» Lcgionii Equ. Ord. Uhlanoruro colonellum proprirtarium , aecedentibus cliam iptcndidit usque mulOfarii* Propatrni condaru Jost» Duci». Saxo-Coburgi, Soceri item Soi Principit coudant FrancUcI Kohary de Caabragh et Saitnya Curie Régine Magialri et Caacellarii Régi Hougarieo Aulici in sexu nrili recenter dencieolis meritit, meraoria poaterorumdignit; lcgilitnof.que rorum descendent?» in Iodigenas Regni higutcum relaxalionv taxa? recepcruut.
rat hongrois, étant catholique, est exclue de la succession éventuelle dans le duché de Cobourg et Gotha. Toutefois, S. A. S., pour sa personue, n'a point abjuré, comme il a été avancé en Allemagne, la foi protestante de ses pères. Il s est borné à faire élever ses enfants dans les principes de l'Eglise romaine
Les alliances formées successivement entre sa famille et les maisons de Bragance et d'Orléans ; l'étroite union qui existe depuis 1796 avec les maisons de Russie et de Wurtemberg, depuis 1846 avec la cour de St-James, et depuis 1831 avec celle de Belgique, ont assigné à cette branche cadette de la maison de Gobourg, qui dès 1851 figurait parmi les plus riches magnats de l'empire d'Autriche, un rang des plus élevés parmi les maisons princières de l'Europe *.
Enfants :
f . Ferdinand (Auguste-François-Antoine), né 29 octobre 1816, roi de Portugal , sous le nom de Dom Fernando.
Elevé à Vienne par les soins de son conseiller intime actuel, Monsieur Diez de Cobourg, il fut, à peine âgé de 49 ans, jeté sur le théâtre de la politique. La jeune veuve du duc Auguste de Leuchtenberg(f 28 mars 1835), Dona Maria da Gloria, reine de Portugal, en butte aux agitations diverses des partis qui déchiraient son royaume, ayant enfin fixé le choix de son époux, destina le prince de Saxe-Cobourg-Gotha, neveu du roi des
4 Sa Majesté le Roi des Belge*, jwr un arrête royal de Taanee dernière, a tontiré à S A. S , pour luieUesepfaiiU, le titre d'Altowc Royale.
5 A R. ifeidc babiiuvllcinvnt a Vienne.
Belges, cousin-germain de l'héritière présomptive de la couronne d'Angleterre, à succéder au fils d'Eugène Bcauharnais, à fonder une nouvelle dynastie portugaise, et à consolider l'héritage que Dom Pedro, vainqueur de Miguel, avait transmis à sa fille.
Les préliminaires de cette union ayant été terminés , elle fut célébrée par procuration le premier jour de l'an 1856 a Lisbonne 1 .
Ce n'est que trois mois après (8 avril), que le prince fit son entrée solennelle dans la capitale, au bruit des acclamations du peuple, auquel les manières élégantes et affables, le port noble et gracieux, la jeunesse du royal époux faisaient oublier la situation critique du pays, et les événements qui tout récemment avaient troublé les rapports entre les Cortcs et la Couronne. Le lendemain, 9 avril, le mariage fut célébré définitivement avec la pompe accoutumée, et à la grande joie des habitants.
II n'entre pas dans le cadre de notre travail , d'exposer l'activité politique déployée par le roi Ferdinand au sein de la nation portugaise; nous ne voulons ici que rappeler la conduite franche et digne, le courage, la fermeté, la prudence dont il fit preuve dans les graves cil-constances qui, depuis 1836 jusqu'en 1842, oui entravé son bonheur domestique et la tranquillité du royaume; nous ne voulons que mentionner la salutaire influence exercée par S. M. sur les progrès de l'industrie et du commerce, efr l'impulsion heureuse, qu'aidée par des hommes tels que le colonel von
* U prince Ferdinand élail représenté par le duc de Tircrira
Eschwege et le conseiller Diez, elle a su imprimer aux sciences et aux lettres.
La naissance d'un prince royal, 10 septembre 1857, eut comme événement national un effet bienfaisant sur la situation politique du Portugal, et conféra de droit au prince, époux de la reine, le titre royal et la qualification de Majesté.
Enfants de S. M. le roi de Portugal :
1 . Prince Dom Pedro d Alcantam, Saxe-Goburg et Gotha, de Braganza e Borbon, prince royal, né 16 septembre 1837.
2. Prinqe Dom Louis-Philippe Braganza e Borbon, Saxe-Coburg e Gotha, duc d'Oporto, né 31 octobre 1838.
3. Prince Dom Joa de Braganza e Borbon, Saxe- Goburg e Gotha, duc de Béja, né 16 mars 1842.
4. Princesse Dona Maria de Braganza e Borbon , Saxe-Coburg e Gotha, née 21 juillet 184-3.
5. Princesse Dona Antonia de Braganza e Borbon, Saxe-Coburg e Gotha, né 17 février 1843.
II. Prince AucusTE-Louis-Victor , né à Vienne le 13 juin 1818, général-major au service de la Saxe royale, héritier présomptif du majorât de son père, par suite de la renonciation du roi de Portugal. Le 20 avril 1843, il fut marié, à Saint-Cloud, à S. A. R. la princesse Clémentine d'Orléans, fille de S. M. le roi des Français, néeà Neuilly le 3 juin 1817. Le 28 mars 1844, naquit à Paris, de cette union, le prince Philippe-Ferdinaud-Marie- Auguste-Raphaël, et le U août 1843 à Eu, le prince Auguste-Victor.
III. Déjà trois ans avant le mariage du prince Auguste, une liaison intime entre la famille du due Ferdinand et celle d'Orléans, s'était formée par le mariage, célébré à St.-Cloud le 27 avril 1844), entre la princesse Victoimb, troisième enfant du duc de Cobourg-koliary, née à Vienne le 14 février 1822, et S. A. R. le prince Louis d'Orléans, duc de Nemours, né 2$ octobre 1814. De ce mariage naquirent :