‹ Histore de la maison de Saxe-Cobourg-GothaChapitre 21 sur 28 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

prlnce#ae* de Baie-CotKturc-Coiha, Ollrs du due Fraoçol».

INI.

prés avoir tracé dans les deux chapitres précédents la brillante carrière que suivirent les trois fils du duc de Cobourg, nous allons en dernier lieu indiquer sommairement le sort de leurs sœurs.

I. Le premier enfant du duc François et de la comtesse Auguste de Reuss - Ebersdorf fut Sop/jie-Frédérique-Carolinc-Louise, duchesse de Saxe, née le 19 août 1778.

Le 22 février 1801, cette princesse épousa le comte Emmanuel de Mensdvrlf-Pouillij, actuellement cham-

• Les diverses branches de la maison de Reuss obtinrent en 1805 la dignité princicre. On sait <|uc les territoires des princes de celte maison depuis 1815. deux Étals distincts de la confédération germanique.

bellau, conseiller intime , feld-maréchal-Iieutenant vice-président du conseil de guerre au service de l'Autriche, second propriétaire du I e ' régiment des hussards (empereur), possesseur de la seigneurie Prcitcnstein en Bohême, né le 24 janvier 1777.

Le comte de McnsdorfF, dont le nom brille avec éclat dans les guerres de la révolution et de l'empire B , est le descendant d'une des familles nobles les plus distinguées de la Lorraine, étant fils d'Albert- Louis, baron de Pouilly et de Chauffeur , comte de Kousoy, dans le grand-duché de Luxembourg, seigneur de Poura, Quincy, etc., né 1751 (maréchal de camp du roi de France , émigré avec les princes et envoyé à la cour de Berlin en 4792 , avec le grade de lieutenant-général), il suivit, ainsi que son frère aîné, Albert (tué à la bataille sur la Trebbia en 1799), le baron de Pouilly, son père, mais sous le nom de comte de Mensdorff (emprunté à une dépendance du comté de Rosoy). En 1818, l'empereur d'Autriche, à titre de ses services, le reçut parmi la noblesse comtale de l'empire, et confirma pour lui et ses descendants le nom de Mensdorff, sous lequel il avait acquis sa gloire militaire.

Pendant la période quinquennale de 1829 à 1854, M. le comte de Mensdorff remplit les fonctions de vicegouverneur de Mayence, à la place de S. A. R. le feld-maréchal due Ferdinand de Wurlcinberg. Les

1 La Ga:rtttd'Aug*bourg, du 51 décembre 1*45. nous appreud que le comte dr Mensdorff a été promu au crade de général de cavalerie.

3 Voyez sur le rôle militaire qu'il joua en 1 813 à Leipiig, Wvissenfels, Nauinhourg et llanau. la «rande chronique de Sporschil (»oy. note î, p. 25*), lom. I.

honneurs extraordinaires dont il fut l'objet lors de son départ de cette ville, sont une preuve manifeste non^seulement de l'estime, mais encore de la sincère affection et de la vraie reconnaissance que par son dévouement extrême au bien-être de la ville, par son activité infatigable et sa touchante bonté, il avait inspirées aux habitants de cette forteresse, tant bourgeois que militaires. Le conseil municipal lui remit solennellement le diplôme de bourgeoisie ; le corps des officiers lui offrit un magnifique sabre d'honneur 4 , tandis que S. M. le roi de Prusse l'investit à la même occasion de la décoration de l'Aigle rouge en brillants *.

Les sentiments de reconnaissance qu'inspirèrent à madame la comtesse, duchesse de Saxe-Cobourg- Golha , ces nombreuses marques d'honneur, se trahirent par une lettre qu'elle adressa aux habitants de Mayence, ses concitoyens, et où la douceur et la simplicité frappent non moins que la dignité et la noblesse d'âme qui distinguaient cette princesse.

De 1834 a 1840, où il fut appelé à la vice-présidence du conseil aulique de guerre, H. le comte de Mcnsdorff occupa le poste élevé de commandant militaire de la Bohême. C'est pendant celte époque, le 9 juillet 1835, qu'il eut la douleur de perdre celle qui, 31 ans a u para-

* Voyez l'histoire citée plus haut, p. 255, de la ville de layencc, par X. Schaah, p. 547 et suiv.

* M. de Mensdorff était A cette époque déjà chevalier des ordres de Marie- Thérèse, de Wlaitimir (3* classe), de St.-Georges (4* classe), et de Stc-Anne, . (3* classe), de l'ordre prnssieo du mérite militaire et de l'Aigle rouge (1" classe), commandeur de l'ordre saxon de Henri, chevalier de St. -Jean, grand'eroix de l'ordre grand-ducal de Ueise.

vant, par un mouvement d'un véritable amour, pur de tout mélange de considérations d'étiquette, avait uni son sort au rejeton d'une noble famille française, chassée de ses terres sur le sol germanique par la tourmente révolutionnaire.

Elle laissa quatre fils, tous au service militaire de l'Autriche. Ce sont :

1. //ugfO-Ferdinand, né 24 août 1806, chambellan, et colonel du régiment de cuirassiers (baron Mengen, n«>4).

2. ///pAoïwe-Frédéric, né 25 janvier 4810, chambellan et lieutenant-colonel dans le régiment des cuirassiers (grand-duc Alexandre de Russie, n° 4), réside à Grodek en Galice. Le 22 juillet 1843, il épousa TÀeVèsc-Rose-Françoise, née 51 août 1823, fille du comte François-Xavier de Dietrichslein-Prosk.au , et eut d'elle, le 28 juin 1814, un enfant nommé fictoire- Thérèsc-Rose-Sophie.

5. yf/eacanrfre-Constantin-Albert, né 4 août 1813, chambellan et major au régiment des hussards (duc de Saxe-Cobourg-Gotha, n° 8).

4. //rtàur-Auguste, né 19 août 1817, capitaine de hussards (prince Rcuss, n° 7).

IL Le 28 août 1779, naquit à Cobourg la duchesse ^/nfomifte-Ernestine-Amélie. Deux ans après le retour du voyage, qu'elle avait fait avec sa mère et ses sœurs à Saint-Pétersbourg, elle se maria le 17 novembre 1798 à Cobourg, avec S. A. R. le duc //fexflndre-Charles-

Frédéric de Wurtemberg (frère de Frédéric, duc régnant, depuis (1803) électeur, et (1803) roi de Wurtemberg , et de Marie-Féodorowna, seconde femme de l'empereur Paul de Russie), alors général de cavalerie au service de la Russie. La duchesse de Wurtemberg mourut en 1824. et son époux neuf ans après, en 1835, laissant trois enfants :

1. La duchesse Antoinette- Frédérique- Augustc- Marie-Anne, née à Cobourg le 17 septembre 1799, mariée le 23 décembre 1832 au duc Ernest de Saxe- Cobourg-Gotha, son oncle, veuf de la duchesse Louise de Saxe-Gotha.

Veuve depuis le 29 janvier 1844.

2. Le duc Frédéric-Guillaume~/f£exa9ulre, né à Riga, 8 décembre 1804, général-major russe en retraite *. Le 17 octobre 1837 il fut marié à Trianon, à la princesse Marie^ Christine-Caroline- Adélaïde -Françoise- Léopoldine d'Orléans, fille de Louis- Philippe 1 er , roi des Français, née à Palerme le 12 avril 1813. Elle donna le jour à Neuilly, le 30 juillet 1838, à Philippe— Alexandre— Marie— Ernest , duc de Wurtemberg, et mourut par suite de ses couches — pleurée de tous — à Pise, le 2 janvier 1839. « Fille d'un roi, la duchesse de Wurtemberg avait porté dans la culture des arts la supériorité d'esprit qui aurait assuré la gloire d'un artiste. Douée des plus nobles qualités, elle avait longtemps fait l'orgueil et la joie de sa famille.

« S. A. R. a des propriété* en Bavière, et, en cooimnn avec son frère, en Courlandc. Parmi les premières nous citons le charmant château de Fantaisie, près de Balrentb, qui offrit un séjour de délices a la princesse Marie d'Orléanv

Devenue populaire par le talent, elle était restée aimable par le cœur. Pieuse et résignée jusque dans la mort, elle a prouvé combien son âme était haute. Prodigue de consolations jusqu'au dernier soupir envers les êtres chéris qui assistaient à son agonie, elle a montré combien son cœur était resté tendre. »

5. Le duc /sVwe^Alexandre-Constantin-Frédéric, né à Riga le H août 1807, général-major russe en retraite. S. A. R. habite Gobourg.

III. /M/ienne-Hcnriette-Ulrique , troisième enfant du prince héréditaire, depuis duc de Saxe-Cobourg- Saalfeld, née le 23 septembre 1781, avait quinze ans, lorsqu'on 1796, le 26 février, elle devint l'épouse du grand-duc Constantin Paulowitsch, né le 9 mai 1779, âgé alors par conséquent de 17 ans seulement.

La princesse de Gobourg-Saalfeld avait reçu, avant la célébration du mariage, l'instruction religieuse d'après les dogmes de l'Église grecque, dans le sein de laquelle elle entra , prenant le nom de Anne-Féodorowna. Nous nous abstenons de décrire tout ce que celte union avec le césarewitch de Russie eut d'amer pour la jeune princesse allemande, dont les mœurs simples et douces contrastaient si brusquement avec le caractère violent et emporté de Constantin.

Dès 1800, la princesse quitta la Russie pour revenir en Allemagne ; mais ce ne fut que 20 ans après que le divorce fut prononcé par l'empereur Alexandre. Après avoir séjourné quelque temps à Cobourg, elle

fixa sa résidence à El fenau, château situe près de Berne, où, retirée du bruit des cours, elle mène une vie paisible, consacrée aux jouissances du repos et à cette bienfaisance secrète qui fait le charme des âmes nobles.

IV. Nous passons à la dernière des princesses de Cobourg-Saalfeld, Marie-Louise-f ictoire, née le 47 août 1786.

Mariée le 24 décembre 1805, au prince Emich- Charles de Linange (Leiningen), elle perdit son époux le 4e juillet 4814, et administra la principauté 7 au nom de son fils mineur, le prince régnant actuel Cftarfes, jusqu'en 4825, qu'il fut déclaré majeur.

Lorsque la mort de la princesse de Galles, épouse du prince Léopold de Cobourg, eut détruit les espérances que l'Angleterre avait fondées sur elle, on songea à plusieurs mariages pour les jeunes branches de la famille royale. C'est alors que le duc de Kent, nanti de lettres d'introduction de la part du prince Léopold, présenta ses hommages, au château d'Amorbacli, à la princesse douairière de Leiningen.

Le mariage fut célébré à Cobourg le 29 mai 4848, suivant les rites luthériens, et deux mois plus lard, solennisé de nouveau à Kew, conformément au cérémonial de l'Eglise anglicane. Les deux époux retour-

7 Le comté de Linange (Leiningen), relevant anciennement de l'empire, élevé en priucipaulé en 1770 par Joseph II, est depuis l'établissement de la confédération germanique médiatisé sous la suzeraineté deBado, de Bavière et de Hcsse, et comprend snr une surface de 24 4/5 milles carrés 90,000 habitants. Résidence: Amorbach.

lièrent bientôt après sur le continent, pour y continuer le plan économique que le duc avait adopté. Ils s'établirent à Amorbach. Dès que la duchesse fut reconnue grosse, le couple royal désirant que le fruit de leur union vit le jour en Angleterre, se rendit immédiatement à Londres. Le 24 mai 4849 la duchesse accoucha au palais de Kensinglon dune fille qui reçut les noms d'Alexandrinc-Victoire ". Les médecins lui ayant prescrit d'habiter le climat plus doux du Devonshire, les deux époux s établirent à Sidmouth, où le duc, qui jouissait à cette époque d une grande popularité, fut saisi d'une fièvre produite par un rhume négligé et, après une courte maladie, mourut le 23 janvier 1820', dans les bras de la duchesse qui avait montré à son auguste époux, pendant sa courte maladie , autant de zèle que d'affection.

Privée de son époux, la duchesse, seule et presque inconnue se voua avec une sollicitude rare, même dans les cercles inférieurs, aux soins de l'éducation de sa fille, qui reçut l'instruction première de la bouche de sa mère. En 4825, le parlement alloua à l'unanimité une annuité de 6,000 liv. sterl. (150,000 fr.), pour I éducation de l'héritière du trône et pour l'entretien de sa maison ".

• Le prince régent d'Angleterre, en personne, et par procuration, l'empereur A le» a «die et sa saur, la rcUie Catherine de Wurtemberg, tinrent l'enfant sur 1rs font» du Uaptcmc <|ui eut lieu le 21 juin.

* Si* jours avant son père, le roi Gcorp.es III.

"' Ahnt, friendkuand utiktiotc», selon se* proprt-s expressions.

" Jusqu'ici le prince l.t-opold avait été charge de ces soins. — Une proposition ;niali»Riie, faite en même temps au parlement en faveur du prince George» de <:uml»n l iml. fut rejelce.

A cette occasion, les deux Chambres rendirent aux vertus domestiques de la duchesse, à la dignité qu'elle mit dans le maintien du rôle important quelle était appelée à jouer, un hommage entier et sincère.

Nous n'allons point répéter ce que de nombreux compilateurs anglais ont recueilli sur l'enfance et la jeunesse de la princesse Victoire; ce qui nous importe le plus, c'est de remarquer que S. A. R. la duchesse de Kent a poursuivi avec le même zèle et la même sévérité, la tâche que son époux lui avait laissée, et que c'est avec une satisfaction bien méritée qu'elle a pu voir son enfant monter sur le trône d'Angleterre, le 20 juin 1837, et être l'objet d'un hommage universel lors du pompeux couronnement du 28 juin 1838. Enfin, sa tendresse maternelle et son orgueil national durent également s'émouvoir, quand le 10 février 1840, la main d'un Cobourg, de son propre neveu, vint conduire à l'autel la jeune reine de la Grande-Bretagne, pour la protéger en l'aimant et pour assurer à sa famille la couronne des Brunswick.

Enfants de S. A. R. la duchesse de Kent :

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