I.ondini,1733,in-f6l
tinua de gouverner ces Étals " de son propre chef, et comme tuteur de ses frères mineurs.
Le 1 er septembre 1554, le duc de Saxe, en son nom et en celui de ses frères, passa à Kahla un contrat de succession avec la maison comtale de Henneberg, dont l'extinction était prochaine. Par cet acte, il se chargea de 430,470 florins de la dette hennebergeoise, et se garantit la succession éventuelle de tout le territoire des comtes de Henneberg, pour le cas que ceux-ci mourussent sans laisser de postérité. En revanche, la maison de Henneberg s'assura la succession de Cobourg, après l'extinction de la tige mâle des maisons Albcrtine et Ernestine de Saxe et de celle de Hcsse ".
Vers la même époque, les trois frères achetèrent du comte de Mansfeld, la seigneurie de Rômhild.
Jusqu'en 4565 les deux cadets avaient librement abandonné au frère aîné les renés du gouvernement, par une convention renouvelée de quatre en quatre ans; mais quelques dissensions survenues entre eux, les caprices, la précipitation et même la dureté de Jean-Frédéric II recommandèrent, en dépit des exhortations paternelles, un changement dans le mode d'administration, surtout lorsque le plus jeune des trois frères, Jean-Frédéric III, fut mort sans postérité, le 34 octobre 4565.
Le 21 février 4566, Jean-Frédéric II et Guillaume
11 Les possessions de la maison Ernestine élalenl divisées alors en cinq cercle* administratifs : ceux de Wtimar, Gotha, JUenboury, POmeck et de Franconie.
« Ce traité fut sanctionné par l'empereur, en date de Bruxelles, le M janvier 1555.
signèrent un contrat par lequel tout le pays fut partagé, sous le rapport des revenus domaniaux, en deux parties égales, celle de tVeimar et celle de Cobourg, dont la première échut à Jean-Frédéric II, et la seconde à Jean-Guillaume " . Cependant ces deux parts, fut-il stipulé, seraient échangées de trois en trois ans ; et quant à l'administration, elle continuerait à être gérée au nom des deux princes.
La part de Weimar comprenait toute la Thuringe, à l'exception de Sachsenbourg ; celle de Cobourg, tous les districts de la Franconie et du ci-devant Osterland, excepté Camburg, Kahla, Orlamûnde et Roda. Comme il était coutume chez les membres de la maison de Wettin, déjà au quatorzième siècle, on voulait par ces dispositions éviter une division réelle. Mais le fait de la séparation n'en fut pas moins réalisé.
Avant de passer aux événements remarquables qui signalent le règne de Jean-Frédéric II, nous avons à mentionner un acte d'administration qui fut posé peu de temps avant la susdite convention de partage; savoir la soi-disant ancienne constitution (Landesordnung) de Weimar, octroyée en 1566 pour tous les pays de la maison Ernestine, et qui est encore en vigueur de nos jours dans le duché de Cobourg. Rédigée en 92 articles, cette espèce de charte ne s'étend pas seulement sur la police, le sacrilège , l'usure, le commerce, le luxe, sur
» Jean-Guillaume fixa sa résidence a Cobourg ; Jean-Frédéric II, a Gotha, qui était la seule ville fortifiée de ion pays ; les difficulté* dans lesquelles il s'engagea par son alliance arec Grumbach, Tobliccaient à prendre cette circonstance en considération, en choisissant sa résidence.
les emplois dans l'Église ou l'instruction publique, etc., mais elle s'occupe aussi de l'amélioration de la justice, et du rétablissement d'un rapport équitable entre les tribunaux ducaux et patrimoniaux.
Le développement de ces institutions politiques fut bientôt entrave par un événement dont non-seulement Jean-Frédéric II , mais toute sa descendance éprouvèrent les déplorables conséquences.
Peu averti par les infortunes de son père, Jean -Frédéric II n'abandonna point l'idée de récupérer un jour la dignité d'électeur et les territoires que son père avait dû sacrifier. II la poursuivit avec ardeur, s'emparant de tous les moyens qui se présentaient pour la réaliser. C'est dans celte vue qu'il se lia avec le chevalier Guillaume de Grumbach, qui dans le temps avait porté les armes pour l'empereur Charles-Quint, pour le margrave Albert de Brandebourg, et qui avait la réputation d'être un guerrier plein d'audace et de vaillance. Ayant embrassé la querelle du margrave de Brandebourg contre les évêques de Bamberg et de Wurabourg, Grumbach subit le même sort que le margrave, et fut mis au ban de I empire en 1552. De ce chef, Melchior de Zobel, évéque de Wurzbourget comme tel son suzerain, confisqua ses terres féodales et refusa, en dépit même d'un arrêt rendu par la chambre impériale, de faire payer un legs, qui revenait de droit à l'épouse de Grumbach. Celui-ci, animé d'une haine farouche contre I evéque contempteur de ses droits, médita le projet de s'emparer de sa personne et de reconquérir ses biens. Le prélat fut effectivement attaqué le 15
avril 4558, et tué par quelqu'un de la bande de Grumbacli. Malgré les protestations réitérées de ce dernier, que la mort de I evêque n'avait été nullement dans ses intentions, la sensation quelle produisit fut trop forte pour ne pas susciter a Grumbach les plus graves difficultés. Le successeur de l'évéque tué ne voulut aucunement entendre à satisfaire le chevalier, et celui-oi fit un appel à toute la noblesse libre de l'empire, pour qu'elle lui prêtât assistance. Il parvint à rallier à sa cause le faible Jean-Frédéric II, en lui promettant son concours dans la revendication de la dignité électorale. Fort de cette alliance, il surprit la ville de Wurzbourg, et arracha au chapitre un traité (1563) qui le réintégra dans ses biens. Mais l'empereur Ferdinand, courroucé de cette violation de la paix publique, en défendit l'exécution, mit l'auteur et les complices de la surprise de Wurzbourg au ban de l'empire, et signifia au duc de Saxe de rompre ses relations avec Grumbach. Le duc y opposa le silence ; loin d'obtempérer à cet ordre, et instigué par son chancelier, Brùk, il s'engagea davantage dans la cause du chevalier proscrit. A la diète d'Augsbourg, le t3mai 4566, la mise au ban, prononcée contre celui-ci, cl dont l'exécution, n'avait point eu lieu, fut renouvelée par Maximi lien 11, successeur de Ferdinand, et Jean-Frédéric, qui avait admis le coupable à son château de Grimmenstein à Gotha, fut sommé de nouveau de le livrer, lui et ses complices, sous peine d'encourir lui-même la proscription de l'empire. Mais Briïk et Grumbach avaient si bien circonvenu le duc, qu'il refusa. L'exé-
cution du ban fut alors confiée à l'électeur Auguste de Saxe, en sa qualité de chef militaire du cercle impérial, et celui-ci procéda aussitôt au siège de Gotha et de Grimmenslein.
Le duc Jean-Frédéric II, qui avait eu la vaniteuse arrogance d'assumer le titre à' électeur-né, ne résista que peu de temps et se rendit le 43 avril 1567. Le chancelier Bi ùk et Grumbach furent écartelés; les autres complices, pendus ou décapités. Quant à Jean-Frédéric, il fut condamné à l'emprisonnement à vie et conduit à Vienne 1B . Cinq ans après, sa femme Elisabeth, fille de l'électeur palatin, Frédéric III, obtint la faveur de partager la prison de son époux. Par un dévouement qui illustre sa mémoire, elle y passa les vingt-deux dernières années de sa vie. Jean-Frédéric mourut un an après elle à Steier — où il avait été transféré par ordre de l'empereur Rodolphe II, le 9 mai 1595, — après avoir vécu 66 ans, dont 28 dans la prison Les sollicitalions de plusieurs princes ", les prières instantes de son épouse et de son beau-père, n'avaient pu lui rendre la liberté. Maximilien II aurait pu être fléchi, mais ces instances échouèrent contre la haine implacable que nourrissait l'électeur Auguste contre le duc
"Le château de Grimmenstciu, élevé par Henri IV, fut ruiné de fond en comble, et ne fut rebâti qu'an siècle suivant, par Erne*l le Pieux, tous le nom ■le Fricdenstein, c'est-à-dire château de la paix, par opposition A l'ancien nom, qui (lignifiait château ds fumtrt.
«* Son rorp* fut transporte à Cobourg, où il fut enterre i coté de la duchesse Éllsahcth. sa femme.
17 Le» électeurs de Mavence, de Trêves cl de Brandebourg ; toute la maison palatine ; les ducs de Wurtemberg et de Cléves ; le landgrave Guillaume de liesse et autres.
Jean-Frédéric II. Telle fut laiîn de ce prince, plus malheureux encore que son père
La conséquence immédiate de la capitulation de Gotha pour la maison Ernestine, fut la perte de quatre bailliages, savoir : Arnshaugk, Weida, Ziegenrtick et Sachsenbourg, qui furent assignés à l'électeur de Saxe en vertu dune convention faite avec le duc Jean-Guillaume, frère de Jean- Frédéric H, durant le siège de Gotha , comme indemnité pour les frais de l'exécution du ban, toutefois à titre d'engagère et avec la faveur de rachat. Ces quatre bailliages, qui reçurent alors le nom des quatre bailliages assurés, furent cédés définitivement à la Saxe électorale en 4660, la maison Ernestine se voyant dans l'impossibilé de réunir les sommes de 286,210 florins (frais de guerre) et de 3ÎH>,600 florins (pour frais de démolition) ", pour lesquelles ces bailliages avaient été engagés.
'* Au début de sa carrière déjà, la faiblesse de ce prince s'était laissée surprendre par les rus»-* d'nrre aventurière qui, en 15S7. s'était présentée ehea lui, sou* le nom d'Anne, femme du roi d'Angleterre, née princesse de Julien, se disant échappée a la mort, à laquelle le farouche Henri MU l'aurait vouée. Nantie effectivement du sceau el de plusieurs jovaux appartenant a la reine, dout la mort n'était, selon elle, qn'une fausse rumeur, el par des promesses exorbitantes, elle parvint a se créer aux dépens du due de Saxe, une existence magnifique dans le château de Grimuieu&tein. Des soupçons ne lardèrent pas a s'éveiller, et des recherches prolongées, dont la diplomatie dut se mêler, d<* interrogatoires riitéres firent savoir que la prétendue reine n'était qu'une dame d'honneur de la quatrième épouse de Henri VIII, Anne deCièves. Il fut constaté aussi qu'elle avait été la concubine de Henri VIII, et avait contribué pour beaucoup à la répudiation de la reine Aune. Reconnue, elle fut condamnée a un emprisonnement iwrpétuel dans le château de Tcnnchcrg. Ces détails . tirés par l'historien Tenzel des archives de Wciniar, sont reproduits par Gallitli, JJûtom du duché de Gotha, Gotha, 1770. t. I. page 171). sur l'autorité duquel je me fonde.
» Je m'en réfère pour celte dernière somme a l'ouvrage de Galletli Ivoy. la noie
Dès le 3 janvier 4567, l'électeur Auguste avait dégagé les vassaux de Jean-Frédéric, assemblés en diète à Saalfeld, ainsi que tous ses sujets, des devoirs de fidélité envers leur prince, que le ban de l'empire venait de frapper ; et le frère de ce dernier, Jean-Guillaume, * avait pris les renés du gouvernement de tous les États de la maison Ernestine, et les conserva jusqu'en 1570. A cette époque les trois fils du .proscrit, Frédéric, Jean- Casimir et Jean-Ernest furent, par édit impérial, restitués dans leurs biens, leurs privilèges et leurs titres. Le partage définitif, cependant, n'eut lieu que le 6 novembre 4372. L'aîné des trois frères, Frédéric, étant mort peu de temps auparavant, les deux autres, Jean-Casimir et Jean-Ernest, et leur oncle Jean-Guillaume s'arrangèrent en sorte * que celui-ci reçut pour sa part les bailliages et villes de Weimar, Iéna, Leuchtenberg, Altenbourg, Eisenberg, Bûrgel, Dornbourg, Cam bourg, Roda, Saalfeld, Capellendorf, Ringleben, Jessershaussen, Wachsenbourg, Georgenthal, Reinhardsbrunn, Schwarzwald, et la moitié des revenus du patronage d'Erfurt et de Nordhausen. Les deux fils de Jean-Frédéric II curent les villes et bailliages de Cobourc, Hcldbourg, Eisfeld, Rômhild, Lichtcnberg, Veilsdorf, Sonnenfeld, Sonnenberg, Salzungen, Allendorf, Gerstungen, Breitenbach, Treffurt, Creuzbourg, Tenneberg, Eisenach, Gotha, et l'autre moitié des re-
préeédenlc). Le texte de M. Wcick ne donne pas le premier Ç; et en le restituant, Je ne répète (tas une faute lj itograpliiuuc, puisque dan» l'ouvrage de Gallrtli, , il e«t dit que quctqiie*-uns portent ce chiffre i 704,075 florin*.
*° Le margrave Frédéric de Brandebourg cl le Itndgravc de Uesse avaient été nommés commissaire* impériaux pour surveiller celte Ikjuidaiijii.
venus du patronage des villes d'Erfurt et de Nordhausen. Le duc Jean-Guillaume ayant racheté en 4369, pour la somme de 46,000 florins , le bailliage de Kônigsberg, qui avait été cédé à titre d'cngagère au margrave Albert de Brandebourg n , il conserva de droit cette possession **.
Le même sut encore se procurer un avantage éventuel par la soi-disant lettre de grâce qu'il obtint de l'empereur Maximilien H à la même époque, en vertu de laquelle lui et ses descendants auraient la préférence sur ses neveux et leurs descendants dans la succession éventuelle de l'électoral et du grand maréchalat de l'empire, ainsi que dans celle des maisons de Hesse et de Henneberg, sous condition de leur fixer des revenus annuels pour l'entretien de leur maison.
Gomme, lors du partage de 4572, les fils de Jean- Frédéric étaient encore mineurs, leurs intérêts furent représentés dans cet acte par leur tuteur, l'électeur Auguste de Saxe, qui continua l'administration de leurs Etats jusqu'à sa mort, en 4586. La susdite lettre de grâce, accordée par l'empereur en faveur de Jean-Guillaume, etau préjudice de ses pupilles, souleva de la part d'Auguste d'énergiques remontrances; il n'hésita pas à faire remarquer à l'empereur « que par ce document un des princes de l'empire les plus fidèles avait été vendu et rejeté par le chef de l'empire ; qu'on vendait
*' Voy. pins haut . p. 155. Ce haillia C « «l «"lavé dans l'creché de Wurzbourg.
** l.a mai ton de Weiinar formfe par Jean Guillaume est souvent qualifiée de ligue IhuringiettM, en opposition des maisons «icCobourg et Eisenach, i
bien des poires, des pommes et des chiens, mais non pas des princes, sans leur propre consentement. » Toutefois, il paraît que (électeur agissait avec tant de chaleur moins dans l'intérêt de ses pupilles que dans le sien propre, puisque bientôt après, en 4575, il accepta lui-même, de la part de ^empereur qui voulait apaiser sa colère, l'expectative de la moitié des pays hennebergeois *, qui fut ainsi ôtée à la maison Ernestine, dont cependant il se proclamait si hautement le protecteur. A la mort de l'électeur de Saxe, 4586, Jean- Casimir seul avait atteint sa majorité, et fut chargé du gouvernement jusqu'en 1596, que, sur les instances du frère cadet, Jean-Ernest, il fut opéré un partage, par lequel ce dernier obtint , avec droit de suzeraineté et comme principauté particulière, les bailliages de Eisenach, Kreuzbourg,Krainberg, Gerstungen, Volkerode, Salzungen, Lichtenberg, Allcndorf, et quelques autres parcelles. L'ainé conserva les terres Ernestines situées dans l'Ostcrland, la Thuringe et la Franconie, qui par le partage de 1572 n'étaient point passées à la branche de Weimar w .
La situation des deux frères n'était, du reste, rien moins que brillante; les finances surtout se trouvaient dans un état déplorable. Les dettes s'étaient accrues à la somme énorme de .500,968 florins. Nonobstant, les dépenses de la cour dépassèrent les revenus des
83 Auguste l'obtint à force de réclamation» au sujet du siège de Gotha, dont les frais se seraient montes au-delà de la somme qui lui avait réellement été mise en compte.
w Jean-Ernest Rta sa résidence à Eiscnacb ; Jean-Casimir a Cobourg.
princes, jusqu'au chiffre de 121,972 florins , au point que l'intervention de la noblesse libre de Thuringe et de Cobourg devint urgente. Elle ne se chargea pas seulement de 150,000 florins de la dette, mais elle consentit encore à augmenter ses charges d'une nouvelle taille, dite Hellertieuer, d'un demi-denier au florin, valeur immobilière, et destinée à un fonds spécial d'amortissement. Avec l'autorisation des deux ducs, cette caisse fut administrée par quelques délégués de la noblesse et des villes mêmes, ce qui amena bientôt non-seulement l'amortissement complet de la dette, mais produisit encore un fonds de réserve assez considérable.
Ce revirement de la position financière permit, surtout à Jean-Casimir, de prendre, après le partage de 1596, quelques mesures d'une utilité reconnue. Nous citons particulièrement la fondation du gymnase (collège) de Gobourg (1605), nommé en son honneur Casimirianum, et qui figura pendant longtemps au premier rang des établissements scientifiques de l'Allemagne. L'édifice seul de cette institution, florissante encore de nos jours, a coûté 26,000 florins *.
Les dernières années du gouvernement des deux princes de Saxe coïncident avec la première moitié de la guerre de trente ans. L'union protestante les avait invités à se joindre à elle, et ils n'auraient assurément pas hésité à se rendre à cet appel et à
M L'inauguration du Gynmatium Casimirianum de Gobourg fait le tujet d'un tableau feiMut partie de la collection du palais du roi à Bruxelles , cl AU au pinceau de M Bataille a Anvers.
as
prendre les urines pour la défense du protestantisme menace, si leur âge avancé, et les appréhensions fondées que devait leur inspirer la puissance de l'empereur Ferdinand H, ne leur avaient commande d'observer la neutralité. Ils surent préserver leur petit pays du passage et du logement des troupes impériales par une lettre-patente de l'électeur George I de Saxe. Jean- Casimir, qui était alors le Nestor des princes de l'Allemagne, obtint même de Ferdinand II, en 1627, une garantie spéciale contre toute réquisition de guerre. Cette garantie toutefois n'eut pas toujours son effet ; des troupes impériales et bavaroises pesèrent lourdement sur le pays de Cobourg. De 1623 à 1630, les charges de guerre et les dommages s'élevèrent, pour le bailliage de Cobourg seulement, à 130,988 florins, et depuis 1632 jusqu'à la paix de Wcstphalie, les pays de Jean-Casimir et de son frère ne furent pas plus ménagés que le reste de l'Allemagne. Bon nombre de villes et de villages devinrent la proie des flammes, les campagnes furent ravagées, et la calamité fut assez forte pour que tout le dix-septième siècle s écoulât avant que la prospérité précédente ne fût rétablie.
Jean-Casimir mourut eu 1633, à l'âge de69 ans **,et son frère Jean-Ernest, qui recueillit sa succession, cinq ans après lui, âge de 72 ans. Ni l'un ni l'autre ne
** Loi abandonnant au romancier, «ou* nous abstenons de raconter les fnfortiines de la première épouse du dur Jean-Caùmir, Aune, Aile de l'électeur Auguste de Saxe. Poussée à l'infidélité |*ar le* ruses d'uu aventurier d'Italie, espère de prestidigitateur, nommé Jcromino Scotto, elle rut d'abord condamnée a la peine de mort, puis emprisonnée au cbàteau de Cobourg, ou elle mourut en 1013. Le duc épousa en secondes noces Marguerite, princesse de Brunswick-Lunebourg.
laissèrent des enfants. Leur territoire fut partagé entre les descendants de leur oncle, Jean-Guillaume, de la branche de Weimar, dont nous allons reprendre l'histoire.
Celui-ci, frère du malheureux Jean -Frédéric II, était mort en sa résidence de Weimar, bientôt après le partage d'Erfurt (1572) et l'obtention de la lettre de grâce dont il a été question plus haut, le 2 mars 1573". Il laissa deux fils mineurs, Frédéric-Guillaume et Jean, dont le premier fonda la maison d'ALTEMBOURG, tandis que le second continua la branche de Weimar. Au mépris des dispositions testamentaires de Jean-Guillaume, qui, par une défiance fondée envers la maison électorale de Saxe, avait désigné le comte palatin Louis et le duc Albert de Mecklembourg pour tuteurs de ses fils, l'électeur Auguste, comme l'agnat le plus proche, prit la tutelle, et la conserva même au delà du terme de la majorité de l'aîné, Frédéric-Guillaume (1582). Son intention était évidemment de mieux s'assurer la réalisation de l'expectative que l'empereur lui avait ouverte sur la moitié du comté de Henneberg *, dont la maison
17 Avant le partage de la succession de Jean-Frédéric I, entre Jean-Frédéric II et sou frère Jcau-Guillaunie, partage oui cul lieu en 1500 (»oy. p. 172 et s.), le dernier avait pris service Jans l'année de Ucuri II, roi de France, et en 1558 il assista ce monarque- avec 5.000 cavaliers contre le roi d'Espagne. Après avoir vainement, comme tanl d'autres princes, prétendu à la main de la reine Elisabeth d'Angleterre, il épousa la princesse Dorolhée-Susanne, Aile de l'électeur palatin Frédéric III. — En 1508 le fils de Jean-Frédéric le Magnanime, le petit-fils de Jean le Constant, le petit-neveu de Frédéric le Sage, osa porter les armes contre la foi des protestants sous la haunicro de Charles IX ! - C'est au moyen de» subside* français qu'il bâtit a Weimar, le soi-disaul l>HHChûlta.i-Fmnçais,tt qu'il racheta le bailliage de kusnigsbcrg (voy. p. 179.)
» Voy. p. 180.
régnante était sur le point de s'éteindre. En effet, le 27 décembre 1 585, le comte Georges-Ernest, le dernier de la dynastie des Henneberg, vint à mourir, et l'électeur Auguste fit valoir ses prétentions. Mais elles se croisaient, comme il devait s'y attendre, avec celles de ses pupilles, fondées sur le traité de succession dont nous avons parlé plus haut M . Frédéric-Guillaume consentit cependant, sur lavis de quelques princes, à négocier un partage; mais la mort d'Auguste, qui arriva en 1586, empêcha l'exécution de ce projet. D'ailleurs, les commissaires électoraux s'étaient immédiatement emparés de la moitié de la succession hennebergeoise, au lieu des cinq douzièmes, qui seuls étaient en question, et ne voulaient point entendre parler d'une réparation convenable des 130,470 florins, payés en IBSi par les princes Erncstins aux comtes de Henneberg, lors de la convention susdite. Le résultat de ces contestations fut que le pays de Henneberg fut administre» par indivis jusqu'en 1660, qu'un partage définitif eut enfin lieu.
A la mort de l'électeur de Saxe, Frédéric-Guillaume I prit lui-même le gouvernement de Weimar, en son propre nom et en celui de son frère mineur. Celui-ci, ayant atteint sa majorité en 1592, se contenta du revenu des bailliages d'Altenbourg, Ronnebourg et Eisenberg, laissant les soins de l'administration générale à son frère.
Ce dernier, nommé en 1591 administrateur de l'clectorat de Saxe pendant la minorité de Chrétien II, fut impliqué dans la violente controverse qui divisait
«•Voy. p. 172.
encore toujours les protestants de Saxe en crypto-calvinistes et adhérents de la pure confession d'Augsbourg. Elle lui fit commettre un acte de cruauté et d'intolérance, que nous voudrions rayer des annales de la maison de Saxe. Le docteur Oeil, conseiller intime d'abord et ensuite chancelier à la cour de Dresde, et qui jouissait d'une haute influence auprès du successeur de l'électeur Chrétien I, favorisait ouvertement le calvinisme. Le duc Frédéric-Guillaume, en sa qualité de tuteur de l'héritier du trône électoral et d'administrateur provisoire de l'électorat (il avilit transféré sa résidence, à cet effet, de Weimar à Torgau), et sur la proposition d'une députation de la noblesse, ainsi que sur celle de 1 electrice douairière , fit immédiatement arrêter le chancelier Crell, ses deux secrétaires et deux autres théologiens. Peu après il déclara à la première diète qui fut convoquée à Torgau (février 4592), qu'il défendrait la confession d'Augsbourg contre toute tentative opposée, et que pour extirper les erreurs introduites il ferait procéder à une visite minutieuse des églises. La conduite impopulaire de Crell, ses mesures exagérées et illégales même, devinrent l'objet d'un procès, qui se prolongea jusqu'en ,601 M . A cette époque le tribunal d'appel de Prague, auquel on avait envoyé le dossier, prononça la culpabilité de l'accusé et jugea qu'il avait encouru la
étaient, outre Ira dispute* religieuses que l'accusé aurait excitées, sa tendance à brouiller l'électeur arec ses états, ses efforts pour le détouruur de la maison d'Autriche, enfin la correspondance secrète qu'il aurait entretenue contre le . pays et contre l'euipcmir, surtout avec la France.
peine capitale. Cette sentence purement arbitrale fut transformée par le duc administrateur en jugement définitif, qui fut signifié à l'accusé, dont la vie s éteignait lentement depuis dix ans qu'il passait dans les murs du Kônigstein, le 22 septembre 4601. Le lendemain de la publication de ce jugement, l'administrateur se démit de ses fonctions, et transmit le gouvernement à l'électeur Chrétien II. Quelques jours après, le 9 octobre, la tète de Crell, après un emprisonnement préventif de nix années, tomba sous la hache du bourreau, victime de son imprudence, de ses méfaits administratifs, il est vrai, mais non moins victime de la haine des théologiens faibles et étroits, de la vengeance des femmes, et des intrigues d'une noblesse envieuse, qui voulait à toute force voir le bourgeois dominateur écrasé, humilié jusqu'à la mort
Frédéric-Guillaume I, de retour à Weimar, mourut bientôt après, le 7 juillet 4602. Il laissa quatre fils en bas âge de sa seconde femme, Anne-Marie, fille du comte palatin du Rhin, Louis, savoir : Jean-Philippe, Frédéric, Jean-Guillaume et Frédéric-Guillaume II, dont la tutelle fut confiée à leur oncle, le duc Jean d'Altenbourg.
Le 43 novembre 1603, il fut opéré une division des États réunis de Weimar, entre Jean et ses neveux, en conséquence de laquelle les fils de Frédéric-Guillaume
31 De* détails suffisant» sur le procès, la condamnation et la mort du chancelier Crell se trouvent dans l'excellente Histoire du peuple et du pays de Saxe, publiée à Lcipxlg par le docteur Grelschcl, dont seulement le premier volume elle commencement du second ont paru jusqu'ici. T. II, p. 130-147. — Le procès Je Crell a coûté au pays de Saxe 1 17,073 Borins !
obtinrent la partie d'Altenbourg et le duc Jean celle de Weiraar. Dès lors l'ancienne maison de Weimar se sépara en deux branches, celle d'Altenbourg et la maison moderne de Weimar.
La branche d'Altenbourg ne dura que69 ans, de 4603 jusqu'en M 672; elle possédait les bailliages d'Altenbourg, Ronnebourg, Eisenberg, Dornbourg, Cambourg Hcussdorf, Rossla, Bûrgel, Roda, Leuchtenbourg, Orlamiïndc, Saalfeld, Zelle et la moitié d'Altstadt. Le pays de Weimar se composait des bailliages de Weimar, Iéna, Burgau, Capellendorf, Ringleben, Ichlers-. hausen, Wachsenbourg, Reinhardsbrunn. Kônigsberg (enclave de I evêché de Wurzbourg) , Georgenthal , Schwarzwald et Oldisleben. La part Ernesline du comté de Henneberg, l'université et la bibliothèque de Iéna, le tribunal d'appel, l'octroi d'Erfurt, les mines, le monnayage, etc., restèrent indivis.
Le duc Jean de Weimar ne survécut que deux ans à cette séparation des branches d'Altenbourg et de Weimar, et mourut le 31 octobre 4605. Il laissa de son épouse Dorothée-Marie, princesse d'Anhalt, huit princes, savoir : Jean-Ernest, mort 4626, sans héritiers; Frédéric, tué au service palatin, 4622 " ; Guillaume, fondateur de la maison actuelle de Saxe- Weimar; Albert, mort 4644, dont les biens furent recueillis par ses frères ; Jean-Frédéric, mort prisonnier de guerre de l'empereur, en 4 628 ; Ernest, fondateur de la maison de Gotha ; Frédéric-Guillaume, mort à 4 6 ans ; et Bernard le Grand, l'illustre héros de la guerre de trente ans.
" A la bataille .leFleuru».
Une longue discussion s'éleva après l'extinction de la branche franconienne, qui arriva en 1638 M parla mort du duc Jean-Ernest de Saxe-Cobourg-Eisenach, entre les lignes d'Altenbourg, représentée à cette époque par Jean-Philippe et Frédéric-Guillaume II , deux des quatre Cls de Frédéric-Guillaume I — et celle de Weimar, représentée par les troisième, quatrième, sixième et huitième des huit fils de Jean, que nous venons d'énumérer, au sujet du partage du pays de Cobourg- Eisenach. Suivant les principes de succession, admis dans la maison de Saxe, l'héritage de Cobourg-Eisenach aurait dû être divisé en deux parties égales entre les deux branches de la ligne thuringienne ; mais en 4654 déjà, celles-ci avaient conclu un contrat de succession éventuelle, en vertu duquel il revenait à la maison de Weimar quatre sixièmes, et deux à celle d'Altenbourg. Cette convention préalable devait maintenant sortir ses effets ; mais des contestations de part et d'autre, et les (roubles de la guerre firent ajourner le partage réel jusqu'au 13 février 1640. La maison d'Altenbourg, réduite par la mort de Jean-Philippe, arrivée en 1639, à Tunique Frédéric-Guillaume II , reçut, des trois lots qui servirentde base au partage, savoir: Cobourg, Eisenach, Gotha, celui de Cobourg, avec les bailliages de Cobourg, Rodach, Rômhild,Schalkau, Gestungshausen, Sonnenberg, Neusladt, Hildburghausen, Monchrôden, Sonnenfeld, la moitié d'Altstâdt et la ville de Pôsneck. Gotha fut adjugé à Weimar, plus les bailliages suivants de Cobourg : Heldbourg, Ummerstadt, Eisfeld et Veils-
» Voy. p. 183.
dorf. C'est ainsi que l'ancienne principauté de Cobourg, telle quelle avait été possédée par Jean-Casimir, fut démembrée. Elle ne parvint plus, dès lors, à la conformation géographique qu'elle avait eue sous les deux fils de Jean-Frédéric II. Toutefois la fraction de Cobourg, échue à Altenbourg, fut administrée comme une principauté spéciale, d'après les lois précédemment en vigueur.
Vingt ans après ce partage, en 1660, la répartition du comté de Honneberg, resté dans l'indivision jusqu'alors, entre les branches Albcrtine et Ernesline, eut enfin définitivement lieu. Par le pacte du 9 août de celle année, la maison Ernesline, renonçant au droit de rachat des quatre bailliages assurés céda à la branche Àlbertine, représentée par le duc Maurice de Saxe- Zeitz, cinq douzièmes du territoire. Les sept douzièmes restants furent partagés en parties égales, entre Weimar et Altenbourg *\
Frédéric-Guillaume II, duc de Saxe-Altenbourg, mourut en 1669, et son (ils unique, âgé seulement de M ans, trois ans après lui. La branche d'Altenbourg s éteignit ainsi en 1672, et il ne resta de la maison Ernestine que la branche de Weimar, divisée toutefois à cette époque en deux rameaux, comme nous allons le voir.
Le duc Jean de Weimar, mort en 1605, laissa, nous l avons dit, huit fils. Jusqu'à la majorité de l'aîné, Jean-
Voy. p. 1 77.
14 Altenbourg «il enlr'autre* le baiiliagi- de Miiningin cl de Tliemar. — IkS In partage de 1060, lot* le* bcritUr* de Heniiebcrg ajoutèrent a Unir* titre* celui d« prinet-comtt (gefursteler Graf) de II. nneberg.
Ernest les électeurs de Saxe, Chrétien II et Jean-, Georges I. avaient eu la tutelle. Déclaré majeur en 1615, Jean-Ernest prit les rênes du gouvernement, pour lui et ses frères.
L'histoire nous le présente comme un prince doué d'une grande énergie, distingué par sa connaissance de la science et du monde, acquise par une éducation soignée et développée surtout par des voyages **. Son avènement coïncide avec le début de la guerre de trente ans. De même que ses frères Guillaume et Frédéric, il embrassa la cause de l'électeur palatin Frédéric V, élu roi de Bohême. A la bataille de Prague (8 novembre 1620), funeste, comme on sait, pour l'électeur palatin, nous remarquons parmi les plus glorieux combattants, les ducs Jean-Ernest et Guillaume de Weimar. Le premier, duc régnant, suivit Frédéric V, mis au ban de l'empire par l'empereur Ferdinand I, et entra successivement an service néerlandais de la Hollande et du Danemark, vouant toute son énergie à l'avan-
" A l'Age de 15 ans. Il fréquenta l'université de Icna, dont il fut pendant plusieurs années le recteur (honorifique, bien-entendu). Quant a ses voyages, il nous en reste deux relations, une en vers latins, intitulée : Sagittarii, / lytte* Saxonicu». fivt iter par Germanium, Galliam, Augliam et Jielgium Jo. Emesti, duc. toison. 1013 factum, carmen, Vratitl. 1021, in-4"; l'autre en allemand, publiée à Leipzig en IfrfO, par/. G. tfetimayr de Ram$tla, in-4%304 pages Cette publication n'étant point saus intérêt pour la Belgique, qui fat visitée par le dnc de Saxe tous le règne d'Albert et d'Isabelle, dont il reçut l'accueil le plus flatteur a Bruxelles, a fait le sujet d'un travail de M. Schayes, inséré dans le Trésor National, tome S*, deuxième série (Bruxelles, 11*43), pp. 168-234. L'ouvras;de Neuraayr est dédié aux deux frères Jean-Casimir et Jean-Ernest, de la tige franconienne. Parmi les personnages de la suite, nous trouvons son gouverneur Gaspardc Teutleben, connu dans l'histoire littéraire allemande, comme le fondateur de l'ordre de la Palme ou de la Société frvHifirt.
cernent de la cause de l'électeur proscrit et de celle du protestantisme en général. Une expédition aventureuse qu'il entreprit avec I audacieux comte Ernest de Mansfeld en Hongrie, ne fut point couronnée de succès, et il mourut peu après, le A décembre 1626, âgé de 32 ans w .
Pendant son absence déjà, son frère puîné, Guillaume, s'était mis à la téle de ( administration du pays de Weimar, après avoir glorieusement combattu contre l'Autriche dans les batailles de Prague (1620), de Wimpfen (1622) et de Stadt-Loen (1625), et après avoir subi une captivité de 17 mois à Vienne-Neustadt (1625 et lb24). Dès lors, il ne prit plus aucune part à la guerre jusqu'en 1634. À cette époque il s'allia avec le roi de Suède, Gustave- Adolphe , vainqueur de Breitenfeld, dont il suivit presque toutes les opérations militaires dans l'Allemagne septentrionale, en Bavière (surtout à la bataille du Lech, 5 avril 1632, contre Tilly), en Souabe et dans la Franconie. A la prise du camp de Wallenstein près de Nuremberg (2i août 1632), nous voyons de nouveau le duc Guillaume de Weimar et son frère Bernard (élu bientôt après généralissime des
57 On attribue a ce prince des projets do récupérer la dignité électorale, m» fondant entr'autre» sur le passade suivant de Pufeodorf, fie rtbus suecicis . 1. I.$32 Ullraj, 1680, fol. p. 15. « L'électeur Jean-Georges se penchait de* longtemps du côté de l'Autriche, parce que l'oppression de celle puissance aurait mis en danger l'électoral que Charles V avait transmis à sa maison. «
Deux do ses frères étalent morts avant lui. Frédéric, lué au serrice en Ki», et Frédéric-Guillaume, morl jeune; deux ans après lui un autre, Jean- Frédéric, mourut prisonnier de l'empereur. Tous les Jcan-Frcdéric de la maisou Ernestine paraissent condamnes à la prison des Habsbourg ! Ces trois princes de la maison de Weimar moururent tous sans enfants.
troupes protestantes), au nombre des plus vaillants guerriers. Ce fut sa dernière bataille. Des motifs de santé lui recommandèrent la retraite. Il remit le commandement de ses troupes à son frère Bernard, qui quelques mois plus tard, cueillit de nouveaux lauriers à la fameuse affaire de Lùtzen (6 novembre 1632).
Le duc Guillaume fut récompensé de ses services militaires de la part du chancelier suédois Oxenstiern, par la cession du district dit Ekhsfeld, appartenant à I electorat de Maycncc, que Gustave-Adolphe lui avait promis. Quelques mois auparavant, le iO juin 1655. son frère Bernard avait obtenu sous le nom de duché de Franconie, les évéchés de Wurzbourg et de Bamberg. à l'exception des villes de Wurzbourg et de Kônigshofen M .
Bernard augmenta de plus en plus sa gloire militaire. Après la victoire de Lùtzen, remportée sur Wallenstein, il dirigea le gros de son armée sur la Franconic, prit Wurzbourg et Bamberg, battit le général bavarois Jean de Werth, se rendit maître du Danube, s'empara de Ratisbonne, et menaça l'Autriche. La défaite de Nôrdlingen (7 septembre 163i) fut réparée par la victoire de Rheinfelden (1638), suivie de la prise de Fribourg et de celle de Brisach , assiégé pendant près dune année. Au milieu de ses vastes projets, il fut surpris par la mort l'année suivante (1639), âgé de 3t ans, grâce au poison de Richelieu a9 . 11 avait légué ses trou-
M M. Wrick s><l tromp* en frisant assigner le duché de Franconie paiement a Guillaume. J'ai rectifie celle erreur dans l.i traduction.
'"J'ai avance le fonde cet eni|H)iioniietncnt *urla foi de «M. Heinricbet Pielilz. auteur* d'une Mitoirt de Saie irès-Miimcc, qui «■ fondent eux même» surun bon
pes à son frère Guillaume, mais l'astuce du ministre français parvint à s'en emparer par la force ou la ruse au profit de la France. Du reste, le duc Guillaume, qui par des raisons majeures avait souscrit à la paix de Prague, conclue en 1635 entre l'électeur Jean- Georges I er de Saxe et l'empereur Ferdinand II , aurait hésité à s'exposer de nouveau aux chances de la guerre, d'autant plus que la maison de Weimar était à cette époque préoccupée d'un intérêt domestique, savoir la succession de Gobourg-Eisenach, dont nous avons parlé précédemment.
La mort de Bernard lui-même occasionna de nouveaux changements dans le gouvernement de Weimar. Le héros n'ayant point eu de postérité, on fit le partage du pays entre les trois frères, Guillaume, Albert et Ernest, les seuls des .huit fils du duc Jean, qui vécussent encore. Par la convention du 7 août 1640 (élevée en contrat formel de succession le 21 septembre 1641, sanctionné par Ferdinand III le 19 août 1642), ils répartirent leur patrimoine et la part
nombre d'autorités. Ou lait que Bernard s'étant mi», après la défaite de Nœrdlingen, au service de la France, et par de* conventions conclues a Saiiil-Gormaiu en Laye en 1055, obtint de la cour de France quatre millions de livres pour IVo tretien de ses troupes arec la promesse du landgraviat d'Alsace ut île ta préfecture •l'ilagucuau pour être érigés en principauté impériale réversible à sa postérité. Les succès du général saxon étaient assez éclatants et sou altitude assez ferme, pour donner de l'ombrage au ministre-cardinal.» Bernard, dit Schiller, apparaît à nos yeux dans les temps modernes comme un beau modèle de ces siècles vigoureux., où le mérite personnel avait encore quelque prix, oit la râleur donnait des Étals, et ou la vertu des héros élevait un chevalier allemand sur le Irène impérial. -
La vie de Bernard de Saxe- Weimar a été décrite en dernier lieu par le docteur Rcrnh. Rose (We imar, IM28. 2 vol.i.
de leur branche dans la succession des ducs Jean-Casimir et Jean-Ernest, de Cobourg-Eisenach.
Guillaume eut les villes et bailliages de Weimar, léna, Burgau, Capellendorf, Ringlebeu. Berka, Buttstâdt, Buttelstadt, Rastenberg, Lobcda, Neumark et Magdala. Il devint la tige de la maison grand-ducale actuelle de Saxe-Weimar.
Le duc Albert obtint pour sa part : Eisenaxh , Volkenrode, Kreuzbourg, Krainberg, Gerstungen, Breilenbach, la moitié de Salzungen, Allendorf, Lichtenberg , Heldbourg , Ummerstadt , Eisfeld et Veilsdorf.
Au duc Ernest enfin, échurent les villes et bailliages de Gotha , Tenneberg. Georgenlhal, Schwarzwald, Keinhardshrunn, Wachsenbourg, Ichtershausen, Kônigsberg, Tonndorf et la moitié de Salzungen. 11 fut la souche des trois maisons ducales de Saxe actuelles , ainsi que de celle de Gotha qui fut éteinte en 1825.
En vertu du contrat, les mines restèrent la propriété commune des trois frères.
Le bailliage d'Oldisleben fut adjugé au chef de la famille, comme indemnité pour la gestion des affaires générales de la maison.
Quatre ans après cette répartition (le 30 décembre 1644), l'un des trois intéressés, le duc Albert de Saxe-Eisenach, vint à mourir sans héritiers directs. Sa part fut recueillie par ses frères, Guillaume de Weimar et Ernest de Gotha. A cette occasion, ce dernier obtint les bailliages de Heldbourg, Ummerstadt ,
Veilsdorf, Eisfeld, Salzungen, Allendorf, Krainberg et Volkenrode. Plus tard, lors , du partage définitif du comté de Henneberg, en 1660 *, Sand, Wasungen et Frauenbreitungen échurent encore, par la voie du sort, à la branche de Gotha.
*>Voy.p. 180.