V. nom t. XII, p
tlMIHm QUIÉTISaiB. 815
ment Holiaos au pape parrambassadeur de France à Rome. Le roi trouTait donc déjà engagé contre le mystidsme. Pénelon espérait le faire revenir Ift-dessus, en agissant avec beaucoup de
n'sorvc et do prudence ; mais, au moment môme où la fausse spiriiualiiè. comme on disait alors, était dévoilée et frappée en Italie, la vraie qui couvait en France, y éclatait par une nouvelle sainte Thérèse et allait entraîner Fénelon luî-môine au delà de ses intentions et de son but.
Madame Guyon ^ comme autrefois madame de Chantai, demeurée veuve, jeune et belle encore, avait abandonné fortune et famille pour être toiit entière à Dieu et s'était mise à enseigner la dévotion mystiqoe en Savoie, en Daupbiné, en Piémont, fascinant partout les âmes exaltées ou rêveuses. C'est sur Tesprlt général de ses livres qu*il faut juger cette femme extraordinaire, et non sur quelques images bizarres ou hasardées, dont on trouverait facilement les analogues dans \h écrits de plus d'une extatique canonisée par TËglise. Ses principaux ouvrages sont le Moyen court et les Torrents, L*un est comme le péristyle de Fautre. Le Moy^ cowi H facile de faire Voraison du cœur est destiné à tous : tout chrétien, suivant elle, peut s'élever de la méditation, qui est le degré supérieur de l'oraison, à un silence en présence de Dieu, où l'âme, sans être inactive, n'agit plus que par Timpulsion divine. L'oraison alors devient un acte perpétuel, unique, ininterrompu, par lequel l'àuie se^plonge continuellement daii^ l'ocânt de la Divinilé. Les plus simples y sont les plus propres. Au Heu de diai ger les âmes de tant de pratiques extérieures, que les curés de campa^e n'instruisent-ils les pauvres paysans à chercher Dieu dans leur cœur! a les bergers, en gardant leurs troupeaux auroient l'esprit des anciens anactiorètes, et \c9 laboureurs» en conduisant le soc de leur charrue, s'entretiendroient heureusement avec Dieu; tous les vices seroient banma«n peu de temps, et le royaume de Dieu seioit réalisé sur la (erre ».
Il est cependant an delà, pour quelques élus, nne perfection plus haute, une pomwiU plus oomplèle, où le feu âivm consume en nous tonte impureté, &0Mr^n tonte propriété et toute acti*
1. Nous entendoD* celle qnl ne couvre paa de teasualume pro^gu*.