Saint^itugii, t. V, p
336 LOUTS iîV (1697)
|Mis el adressa au imblic le lt;i\;iil (jup le ministre n'avail pas pris la peiue d'cxauLiner : ce fut le Détail de la France, publié en 1697.
Poiitchartraiu eût lu le livre de Bois-Guillebert, qu'il n*en eût pas mieux accueilli l'auteur. Nous avons dit ailleurs ' quelle mé* connaissance du passé, quelles erreurs matérielles, quelles énormes contradictions on pouvait reprocher à ce bizarre et fongueux écrivain. Et, pourtant, bien des lumières brillent dans son chaos. Cet esprit si faux et si indigeste dans ses jugements sur les personnes et sur les &it$, dans les assertions étourdissantes et les chiffres fabuleux qu*il jette au hasard, est doué d'une faculté de généralisation supérieure : il ouvre une voie nouvelle à la pensée par ses vigoureux efforts pour atteindre et pour formuler les lois ccouumiques. Il est le premier, si nous ne nous trompons, qui ait essayé de donner scientifiquement la lliéorio de la l'ichesse publique, et ses (lélinitions et ses propositions sont souvent justes et presque toujours prolundes quand même elles sont contestables. Il montre fort nettement (]ue les métaux iirécieux sont, non pas la richesse, mais seulement le signe de la richesse, la richesse étant « le pouvoir de se procurer l'entretien commode de la vie'. » Le mal vient, dit-il, des entraves à la consommation, entraves qui sont la taille inégale et arbitraire, les aides el les douanes *. < Consommation et revenu sont une seule et même chose, f lus un pays est riche, plus il est en état de se passer d'espèces. « Par cet axiome un peu téméraire, U semble prédire TAnglelerre duxix* siéde. Il explique d*une manière frappante la supériorité qu*ont dans l'échange les pays qui produisent les denrées sur ceux qui produisent Tor et Targent : les premiers donnent les denrées qui ne servent qu'une fois pour de l'argent qui sert toujours ; — qui sert toujours, à con- . dition de circuler, car, du moment que la consommation s'arrête,