LIVRE XC
LOLiS XIV {suite.)
OtERRE DE LA sTcrrsfïioN tï'EspAOKE. La puPTrc est engagée eo Lwnbardie par IVinpercur contre I hspagtic et la France. Echec Jo CaUuat devaut le priace £ig(éne. — Renouvellement de 1« Triple Alliance entre Tempereur, rAngletem et la Ilotlanilc. Mort dk guillai^ve 111. La roinc Anne et les ÈtatjHGénéim des Proviiic-ea -Unies continucut sa politique. Le triumvirat do &lAat.DOROUOB, £uokiiK et Ueiasius dirige la guerre. — Veadâme répare en Lombardie les échec* *de Cfttinat. Déeattre maifthne de Vq^. SnceAs de Uaribovengh «or la Mann. Ftrtû de I^ndnn. Les élcciéur^^ ûc Cologne aida BarMva M déclarent pour la France. La diète «Je Iîatî>boiiiiL' ijéclare la guerre à la France. Victoire de Vii.i.ars à FriedUngen. — Itévoltc des Camiiardt dans les Cévcnnes. Insurrection de la Hongrie aoni Rakoeri. Jonetloii dee Fnuiçaia «t dea Bafareb an cour de l*AUamaj^e. Le» faute* de l'électeur de Bavière fuot perdre l'oiv'asiuti iVenvahir l'AlF triolie. — Prise de Rrisach. Vî.n .iif di- '^pire et reprise «K- Latidau. — L'électoral de Cologue est envahi par Marlborough. — Le roi de Portogal et le duc de Savoie paisent au eoiMaila. *- Péeawlrn de UBotaaladt et ndne de la Btriéra. Imiàn perdu pour la seconde fois. — Prise de Gibraltar ]>ar les Anglais. Bataille navale de Volcz-Mala^n : ^'tohc î-ti^rile. — Cuiiquétes de Vendôme en Piémont. - Marlboruagh menace la France par la barre et la MoeeUe; il est arrâtô par Viliars. Vendôme rejette Eugène hors de la Lombardie. — > Pri«e de Baroalonc par lea allic'!i. La Catalogue i>e donne au invicn Liiit autricbieu. Philippe Y échoue OB voulant reprendre Barcelone, llévolti' «l»; V.'ilence et de l'Aragon. Les alliés <*ntabis;>eDt la Ca^tille et entreut à Madrid. — Déroule de lianùUii». Perte du Brabant et de la Flandre espagnole. Levée do aUge de Turin. Évacuation de la IIaute> Italie, — La Castilie chasse les cnvahisseart. — Lee alliéa ne veulent pas ii>''trfxier» — Victoire d'Alicanea. Valence et l'Arufron recouvré*. — I*çrte de Naples. — Succès de ViUar» eu Alleotaguc. — Eugène obligé de lever le «iége de Toulon. ^ Perte de la Sardalgne et de Mtnorque. — Défiilte d'Ondenarde. Perte de Lille { la France entoniée. — Raine de* ftnallee^ : effroyable mbérc du peuple. Lea plana réformateurs de Vauban rcpous^téa par le roi. Mitiistêrc de Desmareti. — Ctmférencei de La liaie. Immense* concession* ofiortc^^ par Louis XIV aux alliés pour adieier la paix. lia ne a*en contentent pa*. La guerre recommence.
Au (.oHiiiU'nccment de 1701, les peuples de TKarope voyuieiU avt c ti islcssc s'eiiriiii' le repos dans lequel ils avaient h peine eu le Iciiips (le pepreadre lialeinc. Le Nord élail déjà, depuis l'anuée
(t700-t10t] AOÏAUMË DE PRUSSE. . 367
précédente, boaleTersé par une lutte où la valeur balançait le
nombre et où un héros de dix-huit ans, le roi de Suède Charles XII, chassait victorieusement devant hii le tzar de Russie et le l oi de . Pologne. Une guerre l)icn plus vaste encore allait à oni])niser le reste de F Europe. Ni la prise de possession de l'héritage espagnol par le pelit-fds de Louis XIV, ni même sa reconnaissance en qualité de roi .d*£spagne par la plupart des gouvemements, ne rétolvalt la question européenne. L'empereur était décidé à une lutte à outrance pour reconquérir ce qu'il nommait l'héritage de sa maison. 11 avait toujours conservé, dans les situations les plus critiques, une foi ubsluiée et superstitieuse 4laus la fortune do la maison d'Autriche, et cette foi avait maintenant un fontlement plus solide que des rêveries astrologiques, c'esl-à-dlre le génie ^'on grand homme de guerre, d'£ugène de Savoie» qui avait acbevé de se révéler dans les dernières campagnes contre les Turcs. Ce n'eût poinl été assez toutefois pour s'attaquer sans témérité au colosse bmirbonlen, si Léopold ne se fût estimé assuré de puissants appuis; mais il ne doutait j)as d'entraîner prompteinent dans sa querelle VAniileterro, la Hollande et la diète germanique. Déjà plusieurs priuc6S atlcuiauds lui étaient engagés; il avait gagné le duc de Hanovre par un bonnet d'électeur et un prince phis puissant» lN61eçteur de Brandebofirg, par une couronne royale. Par un traité du 16 novembre 1700, l'empereur avait consenti à l'érection delà Phisse ducale en royaume, à condition que le nouveau roi lui fournît un si'cours de dix niille soldats. L'électeur Frédéiic lli apprit cette grande nouvelle à ses com tisans à la lin d'an repas, en buvant à la sanlc dv Frédéric roi de Prusse; puis il se fit proclamer roi à Koenigsberg le lô^janvier 1701 . Le-chef de la maison de Brandebourg parvint donc à la royauté peu après, le ct^çf de la maison de, Saxe, mais cette^ouronne était héréditaire et non élective comme celie d'Auguste de Saxe, et la grandeur des Brandeboui^, mieux préparée, devait être mieux soutenue et plus durable. L'Autriche se préparait une redoutable rivale ' 1
1. Le pnpe protesta contre ccUe nouvelle royant<^, non pns seulement parce que la Prusse d icrUe avait i té autrefois ealvvt'c u uu ui'tlie rcli;^ii'ii\, aux ilu valiers tcuto]u<lues, maiS parce t^uc « U n appartient qu'au Saint-Siège de taire Ue» rois ! »
L*empereur, qui n*avait pas licencié ses troupes depuis k paii avec les Turcs, était armé : la Hollande l'était à doini ; l'Ani^leterre ne Tétait [vas du tout; aussi Guillaume UI, après k |H( nii> i iiiuuveiiKMil di' colère que lui causa racceptation du testament de Ghaiies Ji et qu'il exprima, dit-ou, par un mot piquant, à Tambassadeur de France % jogea-t-il nécessaire de louvoyer et de laisser espérer la paix à Louis XIV. Il mit à profit le temps qvCù gagnait de la sorte : la chambre des communes lui avait causé de grands embarras dans les dernières sessions; il déclara le juulement dissous (29 décembre 1700) et en convoqua, pour le 6 vrier 1701 , un autre (]u'il se llalta de trouver plus docile. Le 20 janvier 1701, son résident et celui des £tats -Généraux à Copenhague signèrent avec le Danemark un traité cpii mettait ^12,000 hommes de troupes danoises à la solde de TAngleterre et de la Hollande : des pactes analogues furent négociés avec le Palatinat, le Brandebourg, le Hanovre, la Ilcsse-Gassel, etc.
C'était entre la France et la Hollande que le débat devait s'engager tout d'abord : il y avait là non pas seulement une question générale d'équilibre européen, mais une question spéciale et immédiate de frontières. Â la preuûère npuFelle de l'acceptation du testament, les Etats- Généraux ^av^eiit adressé à Louis XT? ud mémoire où ils le priaîeût de se rappeler tes engagements qu'il avait contractés avec eux iioar \è maiotieD de la paix de l'Europe, « qui allait sans doute être iKJuhice..., a iiiuius «pi'on ne doniiAt à c l'empereur quelque saii^laction juste et raisomiable » La politique indiquée dans ce mémoire était celle à laquelle s'arrêta Guillaume 111. Le testament Gharle» Il et la soumission de toute la monarchie espagnole aiz ftuccesseur désigné par le feu roi avaient fait une situation nouvelle dont il Mlait bien tenir compte. Guillaume et les hommts d'état qu'il avait associés à ses
Lambcrti, Mcm. pour servir à (Uist. du xTiJi« sihcte. t. I**^, p. 3tt3, m-4'' , U.iif. 1721. Crs Mémoires, fort utiles, fvmeoi uae eâpèue d'iùAtoiœ diplomatique où sout intercalées les piècca.
1. Qaaaat rantaMWItii» ÂOM yoiM ^rstader à GQtUaniMqae le cbofacjût per Charles II était le seol aoiem da ai^ntanir Féqailibfe de L'£nrope t — Honiieidr, dit Guillaume, je vuu-s prie de ne vous fatiguer pas tant pour justifter l.i condiiiie de votre maitK : k- lloi Très -Chrétien ne pouvait pae M déintatir ) il a a^ à eoo ordinaire. La l'une, t. II, p. 250.