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ties contre tout monopole français en Amérique? Gela est fort douteux : c'était asses pour les intérêts de la Hollande; mais ce n'était pas assez pour le système politique de Guillaume» qui eût bien su empêcher les Hollandais de 8*isoler. Louis prit le second parti. Les dispositions furent concertées avec l'électeur de Bavière, gouverneur de Belgique, qui se inontiait disposé à s'attacher sans réserve à la cause franco-espagnole. Dans la nuit du 5 au 6 février, des troupes françaises furent introduites par les gouverneurs espagnols dans toutes les places où se trouvaient des garnisons bol* landaises. L'ambassadeur d'Espagne à La Haie signifia aux £tat^ Généraux que l'appel des aimUaires firançais avait été motivé par les armements menaçants des Provinces-Unies et par leur retard à reconnaître Philippe V. Les Étals-Généraux crai^^nii ciU quelque chose de pis. Leurs troupes n'avaient été l'objet d'aucunes violences ; mais elles furent quelques joui*s retenues dans les places belges, conune si l'on etlt eu dessein de les garder prisonnières» Les conseils ne manquèrent point dans ce sens à Louis XIV : on le pressa de saisir l'occasion d'imposer la loi à la Hollande. Louis ne voulut pas commettre une violation du droit des gens, qui, outre ce qu'elle avait d'odieux, cul profundénicnl l)li'sséun alliii utile, l'élecleui* de Bavière. Ce prince considérait son Iionueur comme enj^agé à renvoyer sauves et libres les troupes que lui avaient conilées les États-Généraux. Les garnisons bollandaises eurent donc la liberté de retourner dans leur pays; mais» en même temps, Louis XIY pressa vivement les itats^néraux de s'expliquer. Les États se décidèrent à reconnaître le roi d'Espagne, en répétant qu'ils étaient prêts à négocier pour la paix européenne et pour leur sûreté particuliéi c, mais de concert avec l'An^rleterre (22 février). Ils demandaient provisoirement que les Français évacuassent les P ivs-Bas (Catholiques ainsi qu'avaient' fait les Hol- 'landab. Louis XIV promit de retirer ses troupes dès que la Hollande aurait cessé ses armements (5 mars). C'était là une sorte de cercle vicieux. Déjà les Ëtats^énéraux avaient requis le gouvernement anglais d'apprêter éventuellement les secours promis par le pacte défensif de 1(377, resté en vigueur entre les deux puissances maritimes f2 mars).

Le nouveau parlement anglais s'était ouvert en février. Goil*

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laumc s'était trouvé assez embarrassé à l'occasion des élections ; les whigs l'avaient irrité {Mur leurs attaques contre Tautorité royale * ; les tories, par compensation, étalent peu enclins à la guerre contre la France. Guillaume s'était résolu à revenir aux tories, dans Tespoir d'exploiter leur docilité monarchique et de les entraîner malgré eux aux mesures guerrières. Il n'y réussit pas sans peine. Le parlement approuva que le roi s'entendit avec la Hollande pour la sûreté mutuelle des deux nations et assura par une mesure décisive la succession dans la ligne protestante. Anne Stuort, princesse de Danemark, héritière du trône d'ai)iès l'acte de 1G89, avait perdu son llls unique, le jeune duc de Gloccsler ; le parlenienl statua tjue, si la princesse Anne mourail sans enfants et que le roi Guillaume n'en eût pas non plus laissé», leurs droits passeraient à la princesse Sophie, eieelrice douairière de Hanovre^ et iille d'une fille de Jacques 1*'; que quiconque serait appelé à la couronne devrait se conformer à la communion de l'église anglicane. Tout tory qu'il fût en majorité , le parlement , pour satisfaire l'opinion publique, ajouta à ce bill de nou* velles limitations, la plupart d'ailleurs fort sages, de la prérogative royale. Il décréta 1* que, si ia couronne tombait à quelque prince qui ne fût pas natif d'Angleterre, la nation ne serait point obligée de s'engager dans aucune guerre pour la défense de territoires étrangers; 2* que le roi futur ne sortirait pas des Trois Royaumes sans le consentement du parlement; 3» que désormais les membres du conseil privé (conseil des minis^ très) en signeraient les résolutions qu'ils auraient approuvées; 4« (pi'aucun étranger ne pounail dorénavant oecupei' cliarjj;e, oUicc iuyal ni sie^^e au parlement; 5« qu'aucune personne auuil oflice salarié ou pension de iu couronne ne pourrait être menil>rc de la chambre des communes. Ces résolutions, que Guillauiue

1. Ils avaient récemment exigé de lui des mesures acerbes contre les pnptstcs, auxquels ou interdit de posséder des terrei» (l<>99j; cela ne fut pas exécuté térieusenient.

2. L'Mto d» 1689 «TaitsUIné qii», m Goitlnme laianit des enfants d'une autra femme que àt la idiM Mario, OM anfiuia Mfaieiil appaUs apfèa la prioMN» Amie et

aes hoirs.

3. Elle éuit veuve du duc ErnesWAoguste de Hanorre, pour qui l'enpereur avait «féèle 9* 4laetoratetqidafaittfaiiiiBbàaonlUaGcgcg«aoetit«aaiiooncun^

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sanctionna, non sans déplaisir, firent faire un nouveau pas à la constitution anglaise. Les deux chambres se prononcèrent ensuite avec véhémence contre les deux traités de partage, qui promettalent à la France Tempire de la Méditerranée, et les communes

allèrent jusqu'à entamer des poursuites contre les ministres quiles avaient négociés. Cette conduite du parlement anglais justifiait Louis Xi V de ne s'être pas tenu à un pacte qui lût très-certainement demeuré sans exécution. II est vrai que ce déchaînement n'eût sans doute pas eu lieu s'il se fût agi des états de Savoie au lieu des Deux-Siciles

La diplomatie marchait parallèlement aux débats parlementaires. L'Angleterre et la Hollande venaient de faire une première démarche collective. Le 22 mars, ces deux puissances avaient demandé ensemble à Louis XIV : 1° une satisiaclion raisonnable pour l'empereur; 2° que la France retirât ses troupes des Pays- Bas catholiques et ne pût jamais les y renvoyer; 3^ que les principales places des Pays-Bas fussent remises à des garnisons hollandaises et anglaises, en sorte que PEspagne n'y conserv&t plus en réalité que le domaine utile; 4« que les Hollandais et les Anglais |)artngeasscnt tous les avantages accordés aux Franç^iis dans les pnsscs-^ions espairnolcs. Louis XIV ne répondit pas. Guillaume craignit que la réponse ne fût une attaque immédiate contre la Hollande. Le 19 avril, son ambassadeur en France reçut la notification ofOcielle de Pavénement de Philippe V. C'était une mise en demeure formelle. Guillaume n'était pas prêt. Il se résigna à répondre à son très-cher frère le roi d^Espagne par une lettre de con^raliilation sur son heureux avènement^; mais il n'en continua que plus aciivemenl ses préparatifs pour fAcher d'enlever au nouveau monarque la plus grosse part possible de sa monarchie. Sur une seconde réclamation des États-Généraux, qui armaient de toute leur force et qui avaient commencé d'inonder la Hollande presque comme en 1672, la chambre des lords, devenue plus whig que les communes, grÂce aux promotions faites par Guillaume, invita le roi ii contracter une nouvelle alliance avec les Provinces-Unies et l'empereur, « dam Le même but gue celle de

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