I70II PATS-BAS. ANGLETERRE. S
1689 ». C'était plus guc ne prétendait Guillaume lui-même; car la firaiide Alliance de lGt>9 proiiietlait toute la succession espagnole à la maison d'Autriche. Les coiiiniuiies, poussées, menacées par l'opinion populaire, finirent par s'enpager aussi à soutenir le roi « dànsloH(<'s les alliances qu'il conUdcterait pour inellre des bornes à la puissance exorbitante de la Franc e ». L'or répandu par Louis XIV parmi les mniilires des comnmncs n'avait pas produit grand effet. La session fut close le 24 juin , après que le parlement eut accordé la levée de trente mille matelots et 2,700,000 livres sterling. Guillaume expédia en HoUande le secours de dix mille soldats et de râgt vaisseaux promis par les traités et se rendit lui*mème à La Haie au commencement de juillet. Le mois d'apris, l'ambassadeur françab d*A?aux prit congé des Ëtate-Généraux par un mémoire qui était une vériCable déclaration de rupture. Les États répondirent en termes modérés» mais sans abandonner leur terrain. Le rappel de Tambassadeur français fut une faute. H Cillait ou se battre on négocier; pendant plusieurs mois, on ne fit ni l'un ni l'autre. Puisqu'on ne voulait pas prendre l'offensive, malgré tous les avantages qu eiie offrait, il était d'autant plus convenable de conserver des relations diplomatiques à La Haie, qu'on pouvait dès lors prévoir un événement capital, la fin prochaine du roi Guillaume. La santé de ce prince était tout à fait rainée et ce n'était qu'à force d'énergie morale qu'il soutenait son rôle, décidé, comme autrefois Riche* lieu, à mourir debout, les rênes de l'Europe entre les mains.
Pendant qu'on s'apprêtait et qu'on s'observait mutuellement aux Pays-Bas, on agissait en Italie. Les états italiens avaient vu avec effroi venir le dioc qui devait les écraser entre la France et l'Autriche. Le nouveau pape Clément XI (Albani), élu le 23 novembre 1700, à la place dlnnocent XII» avait été un des auteurs du fameux avis donné à Charles II en faveur de la maison de France. Bienveillant pour la cause franco^espagnole, mais désirant surtout la paix de lltalie, il eût souhaité d'établir la neutralité de la Péninsule par une confédération des états italiens, dans laquelle on eût fait entrer les possessions espagnoles d'Italie, jusqu'à ce que les maisons de Bourbon et d'Autricbe eussent arcommodé leurs différends. L'iaillative et l'énergie lui manquèrent
3711 LOUIS XIY* tt7M]
pour réaliser ses bonnes intentions et pour enlever Içs états italiens à leur timide inertie. T.os gouvernements italiens ne surent prendre aucune décision collective; les uns restèrent isolément neutres, c'est-à-dire destinés à être la proie du vainqueur quel qu'il fût; les autres s'engagèrent secrètement avec Tune ou l'autre des deux parties belligérantes. Le duc de Modènc traita wm Fempereur; les ducs de Savoie et de Mantoue avec la France et l'Espagne. Le duc de Savoie avait beaucoup hésité : on lui avait demandé la main de sa seconde fille, puînée de la duchesse de Bourgogne, pour le roi Philippe V et ofi'ert le titre de généralisa sime des deux couronnes en Italie avec un fort subside, n accepta, moins sensible peut-être à ces avantages qu'à la crainte de voir •es domaines encore une fois envahis par les Français. On n*eût pu s*assurer solidement de lui que par la cession d'une partie du Milanais; il le lit siiflisaramcnt entendre; on ferma l'oreille et l'on eut à s'en repciitii !
L'empereui", cependant, avait tin'' l'épée sans écouler ni le pape ni Venise, qui le priaient de suspendre i attaque du Milanais; dès la nouvelle de la mort de Charles lî, Léopold avait revendiqué ce duché comme ficf divolu à l'Empire par le décès du Roi Catholique sans héritiers directs. Au mois de juin, il publia un manifeste où il établissait les droits de sa maison sur toute la succession d'Espagne. A cette époque, les opérations militaires étaient déjà en pleine activité.
Deux grands généraux, Eugène et Gatinat, étaient en présence, mais dans des conditions bien diflérentes pour Tun et pour Tautre. Eugène, dans tout Tédat d*une jeunesse mûrie avant Tâge, unissant Taudace et l'activité au sang-froid et à la réflexion dans une proportion admirable, ne disposait que de forces médiocres, mais en disposait en maître absolu. Il avait conquis l'indépendance par sa glorieuse désobéissance de Zenta, où, livrant bataille malgré la défense du cabinet de Vienne, il avait chassé devant lui le sultan en personne , exterminé le grand vizir et vinj^t nulle Turcs. Les ruuiuits auli({ues avaient cédé à l'ascendant du génie, victoire plusdiflicilc que celle de Zenta; rcmpereur s'était résigné à laisser Eugène vaincre désormais comme il l'entendrait. Cilinat, au contraire, était vieilli, fatigué, usé de corps; un grand cba-
fmil GUERRE DE LOMSARDIE. 375
grill de cœur, la mort d'un frère sur qui s'rlaicnt concentrées toutes ses affections domestiques , lui enlevait quelque chose de son ressort accoutumé. Il avait, de plus , les mains liées par Tin* jonction de subordonner ses opérations à k défense du Milanais, non telle quil la concevait, mais telle que l'entendait le gouverneur de Milan, le prince de Vaudemont. Le ran^ de généralissime accordé au duc de Savoie devait être un plus grand embarras encore, dès que ce prince aurait rejoint l'armée. La France allait connaître à sou tour les inconvénients des coalitions, si souvent eixpêrimentés par ses ennemis. Ce n'était pas tout; non -seulement il fidlait partager le commandement sur place» mais il fallait dépendre d*un ministre qui envoyait ses ordres de trois cents lieues; et quel ministre! Barbezieux venait de mourir (5 jan** vicr 1701), au moment où il commençait à se fortncr, elle roi avait eu Vidée inouïe, inconcevable, d'accumuler la g"norre avec les llnances sur les épaules de Ghamillart, qu'écrasait déjà le contrôle général. C'était un pareil homme qui portail un fardeau sous lequel eussent ployé Golbert ou Lonvois! un pareil homme qui dressait les plans de campagne avec Louis le Grand et qui allait foire la loi à un Hatinat ou à un Vendôme !
Les Impériaux ne pouvaient descendre dans le Milanais sans traverser le ferrifoirc des V«'nitiens ou celui des Grisons : ce dernier chemin étant très-diflicile et les Grisons ne paraissant point bailleurs disposés à ouvrir leurs montagnes aux armées étrangères , les Vénitiens , avec un peu de vigueur, eussent pu éviter à ritalie le fléau de la guerre : ils n'avaient qu*à fermer leur ferriloîre aux armées beUigérantes et à déclarer que, si Tun des partis prétendait les envaliir, ils s'uniraient à l'autre. Ils ne le firent point ; ils refusèrent à l'empereur la route du Frioul et résolurent de lormer leurs places aux deux partis , mais en laissant la route de l'Adige et le plat pays ouverts. Cette singulière mutralUé était tout à l'avantage des agresseurs, et le gouvernement vénitien penchait, en effet, vers l'empereur, contrairement k ses intérêts et ' par une fhiycur mal fondée de la prétendue monarchie universelle. Tout annonçant donc que les Impériaux descendraient par l'Adi^rc, Catiriat proposa, dit-on, au roî, de les prévenir en poussant droit À Trente et en occupant les débouchés du Tyrol allemand pour
376 LOUIS XIV. C!70ll
r:ii prchor l'arinér enncinie do st; forinor dans \o Trcntin Le roi n'autorisa pas celle belle manœuvre et ne voulut prendre roffensive nulle part, comme si la revendication du Milanais par TeiDperear n*eût pas été une provocation sufïlsante. La modération du Grand Roi devenait aussi nuisible que Tavait été son orgueiL Louis ordonna seulement d'occuper la tâte de l'Adige sur terre vénitienne, afin d'arrêter ràmemi à la sortie du Trentin. Gatinat^ arrivé à Uîlan le 7 avril , prit le .commandement de YarmiB au^ Uaire que Louis avait expédiée en Lombardie. Mantoue venait de recevoir garnison franco- espagnole, du consentement de son duc, et allait être le point d'ap{}ui de Tannée combinée; mais cet avantage avait pour compensalion la nécessité de se partager pour défendre à la fois le Mantouaii et le Milanais. Câlinât se porta à Rivoli et barra les débouchés du Trciitiu, cnlre le lac de Gai da et l'Adige. Les Véiiiiiuus ne voulant livrer à personne la plarc ou le jioul de Vérone, Eugène, qui avait massé à loisir son armée vers Trente et Rovcrcdo , vit la route feimée devant lui. Il s'en créa d'inconnues. Il fil ouvrir des passages, avec des eflbrls prodigieux, dans les montagnes qui séparent le Trentin du Yiccntin et du Véronais, descendit inopinément avec vingt-cinq mille tiommes dans les plaines de Vérone et lança un gros de cavalerie Vers le bas Adige (ûn mai, oonmiencement de juin). \ Dès lors la campagne fut mal engagée. Il eût follu que Gatinat eût des forces doubles de 'celles d'Eugène pour pouvoir à la fois suivre les mouvements de son adversaire vers le bas Adige et garder le haut de cette rivière et les débouchés du Tyrol, comme le réclamait instamment le gouverneur du Bfilanais. Or, les Espagnols n'avaient roumi qu'une poignée de soldats et pas un bataillon pic montais n'avait encore rejoint. Câlinai, quoique supérieur en noiiiljie, ne l'était donc pas assez pour défendre sur tous les points le grand arc de l'Adige, arc dont son adversaire tenait la eorde. Enfin, la connivence des Vénitiens a\ee les Impériaux, toujours bien renseignés et bien guidés , taudis que les Français
1. Mim. de Saint-Hilaire, t. II, p. 246. — Nous n'avons rien trouré à cet é^^ard
iinu«, les iniportants documents publifW par le général l'elcl; Mém. militairtt relatifi a l.i Succetnon d'Eupa^n»^ t. I". Ces d(x:umeute, extritiUi il« la correspondance de U
cttar tt dMgitoérai», aoDt, «n qadqm lort*, 1* relation oOddte àm cMnpagnts4« If 01 k 1709k
Iim] EUGÈNE ET CATiNAT. 877
Tétaient fort mal, achevait de rendre la situation tout à fait fâcheuse. Les mouvcmeiUs de Gatinat et sa correspondance révélaient rinccrlltude et le découragement. Eugène, lui, agissait avec nne précision et une Tiracité extraordinaires. Dans le courant de juin , il se saisit de TAdige à Gastel-Baldo, du Tartaro , qui communique avec l'Adige par le canal Blanc , à Ganda, du PA à Ficcaruolo, et jeta des ponts sur ces trois cours d'eau. Gatinat se rabattit ^lu ie bas Adige et le Pô, vers Legnago, Carpi et Ostiglia. Eugène [>assa tout à coup le canal Blanc avec quinze mille homiTios et prit à revers le détachement français posté à Carpi sur l'Adige : les Français se défendirent vaillamment; leurs dragons culbutèrent même les cuirassiers de Tempereur; mais il Mut eéder au nombre, évacuer Carpi et môme Legnago (9 juillet). Gatinat, qui était à Ostiglia pendant l'action, voyant sa ligne rompue, se replia sur le Mincio. Les Piémontais avaient enfin rejoint elle duc de Savoie se rendit au camp lu 25 juillet; mais la grande supériorité numérique due à ce renfort servit beaucoup moins que n'embarrassa la trop juste défiance excitée par le duc de Savoie. Gatinat fut bientôt persuadé que cet étrange gininUissim ne visait qu*à empêcher Farmée de vaincre. Eugène» cependant, avançait toujours; le 28 juillet, il franchit le Mincio au-dessous de Peschiera, puis, s' engageant de plus en plus hardiment contre les règles oriliriaii'es de la guerre, il gn^na rapidement la rive gauche de i'Oglio à Palazzuolo. Il n'avait plus que celte rivière entre lui et le territoire espagnol. Gatinat revint à la droite de rOglio pour couvrir le Milanais.
Le désappointement de Louis XIV était extrême : Gatinat avait trompé toutes ses espérances et il ne voulait point apprécier les motifs qui excusaient Tinsuccès de ce général; il ne voyait qu'Eugène forçant, avec trente mille hommes, des passages défendus par près de cinquante mille. 11 résolut de remplacer sur-le-champ le général malheureux et ne vit rien de mieux à faire que a d'envoyer Yilleroi en héros pour réparer les fautes de Gatinat *. » C'était un nouveau signe de ce vertige qui avait travesti Ghamillart en ministre des finances et de la guerre. Le maréchal de ViK
L VoltAùre, SiècU Lomt XIV, ch. xvui.
878 LOUIS XIV. liW\
leroi n'arait commandé en chef qu'une seule fois, en 1695, et avait fait preuve d'une insuffisance égale à sa présomption. Il arriva, le 22 août, à l'aniK lî, no piirlant que de jeter les Impériaux liors d'Italie plus vite qu'où ne les y avait laissé entrer. Gatinat reçut, sans se plaindre, le coup qui le frappait : il ne quitta pas le scrvirc; il redescendit du premier ranc: nu second avec une résig^nation philosophique qui étonna et toucha Villeroi lui-même. Ou vit bientôt à l*œuvrc le héros de cour. Villeroi ûi passer TOglio sans obstacle à Tarmée et la mena droit au camp ennemi, forte* ment établi entre des canaux et appuyé à la petite ville vénitienne de Ghiari. Le duc de Savoie approuva l'attaque immédiate. Gati> nat n'eut qu'à se soumettre. On attaqua sans avoir reconnu la position. Villeroi était persuadé qu'Eugène ne l'attendrait pas et qu'on n'aurait affaire qu*à une arrière-garde. Il trouva toute l'armée impériale biep retranchée devant lui et Ghiari livré aux ennemis par le commandant vénitien, qui avait feint de céder à la force. L*attaqne, où les troupes déployèrent en vain un <^vnnd courage, fui i cpoussée avec perte de trois ou quatre mille honimes (!«'■ septembre). Tatinat cl le duc de Savoie avaient tous deux exposé dix fois leur vie, pour soutenir une entrcprisi' que Tun avait déconseillée et dont l'autre désirait ravortement et avait môme, à ce qu'on assure, donné avis à l'ennemi. Étranprc carr^ctère que celui du duc Victor-AmédécI Sa vie, comme celle de ses sujets, était ce qui lui coûtait le moins à risquer dans ses combi* nai'^r n^ h la fois aventureuses et machiavéliques.
Villeroi, rendu plus circonspect par ce revers, se posta dans un bon campement, à Urago, près de Ghiari, et y tint longtemps l'ennemi en échec. Malgré le succès de Ghiari, Eugène, qui s'était lancé dans un pays où il n'avait ni magasins ni places fortes, n'eût pu se maintenir par ses seules ressources au coeur de la Haute-Italie ; mais le bon vouloir des populations suppléait à tout ce qui lui manquait : les Vénitiens fournissaient vivres, guides et renscifpiements par une fausse politique; les Milanais en faisaient autant, par lassitude de la domination espagnole et par espoir de gagner à un changement de maîtres, illasi( ii di s | ( iqilcs qui n'osent aspirer à être libres. Après plus de deux mois écoulés sans action importante, les Franco-Espagnols, très-mal avitaillés par le
(1701) VILLEROI A CHIARL 879
pays qu'ils défondaient contre son gré, décampèrent les premiers (12 novembre) et se reportèrent sur l'autre rive de l'Ogîio, entre cette rivière et l'Adda; puis, l'ennemi descendant, de son côté, entre rOglio et le MinciOt YiUeroi, que le duc de Savoie venait de quitter, se cantonna en avant de Crémone, en tAcbant de maintenir ses communications avec Mantoue; mais Eugène vint 8*ét^ blir à Borgoforte, sur le P6, entre Mantoue et Tannée française, et s*assura d'une place forte au sud du P6, en gagnant la princesse de La Mirandole, qui avait reçu dans sa ville une petite garnison franco-espagnole et qui la livra traîtreusement aux Impériaux.
Ce fut la fin de cette triste campag^ie, où était venue échouer la réputation du gin^nil le [)lus renommé qui restât à la France. Fâcheux présage, et bien propre i\ encourager les ennemis dérlarés et fi décider Ic:^ incertains! Louis XIV ne se dissinuila point la portée de ces premiers revers. Dés le 31 octobre, il écrivnit h son ambassadeur à Madrid, Nîarsin, que, TEspagne ne contribuant à peu près en rien à la défense de ses possessions et la France ne pouvant tout faire à elle seule sans se ruiner, il faudrait bien se décider à des cessions territoriales pour avoir la paix. 11 avait eu, au reste, lui-même, la pensée de porter iine première atteinte à l'intégrité tant promise de la monarcbie espagnole : le ministre Torci avait récemment consulté l'ambassadeur Marsin sur le projet de demander à Philippe T la cession de la Belgique à la France, comme indemnité des dépenses que la France aurait à faire pour défendre le reste des possessions espagnoles : Marsin dissuada fort de cette idée, (]ui eût blessé l'Espagne et rendu la paix impossible avec les puissances maritimes. Le cabinet de Vcrsailkà a insista pas'.
Le 7 septembre, avant qu'on efit pu être informé do mauvais succès de Yillcroi à Lhiari, un traité secret avait été signé à La
1. Uém^ de Noaillea, p. 97. — FlassaQ, HUt. de ia diplomatit (mnçeUtf, t. IV, p. 219. . OBunm de Louit XIV, i. VI, p. 74. D^pvfa LoaTUto, «m ii*a«nil pM attaudmiiié
îmnuîilintpmPTit cHtc id.'c; on anrait même obtenu le oonsentement du conseil d'Espagne {deêpacho] et l'on Q'auiHit rvcnU rjne derant la crainte de p^r-lro r;i1!;r»nce de l'élecusuf de Bavière, qui prétendait a la iklgique (juin iW4]. — Mém. de Louvflle, l«, p. m, LoaviUe «dit ruftnt de «ooSmc* Lonlt XIV inprte d« Philippe V.
m LOUIS XIV. 11901)
Haïe entre les plénipotentiaires de rempereur, de TAngleterre et de la Hollande, afin « de procurer à S. M. I. une satisfaction jus le et raisonnable..., et au roi de la (ii inde-Dretagne et aux seigneurs États-Généraux une sûreté sufli-^aule pour leurs terres cl pays, navif^ation et t juiinerce. » Les alliés s'eniraj^eaient de faire a à celte lin les jilus grands efforts pour conquérir les Pays-Bas Espagnols, comme devant servir de di^ue et de barrière entre la France et les Provinces- Unies; pour conquérir le Milanais, comme fief de l'Empire, servant pour la sûreté des provinces héréditaires de S. M. L, et pour conquérir Napies et la Sicile, les îles de la Méditerranée et les terres espagnoles de la c6te de Toscane, comme pouvant servir à même fin et à la navigation et commerce des si^jets de S. M. Britannique et des Provinces-Unies. — Pourront le roi de la Grande-Bretagne et les srîgncurs Etats-Généraux conquérir, pour Futilité de ladite navigation et commerce, les pays et villes des Indes espagnoles, et tout ce qu'ils y pourront prendre sera pour eux et leur demeurera. — La guerre commencée, aucun des alliés ne pourra traiter sans les autres, ni sans avoir pris de justes mesures, 1<» pour empêcher que les royaumes de France et d'Espagne soient jamais unis sous un seul et môme roi ; 2* pour empi < hcr que jamais les Français se rendent maîtres des Indes espai,^noles, ou qu'ils y envoient des vaisseaux pour y exercer le commerce directement ou indirectement; 3" pour assurer aux sujets de S. M. Britannique et des Provinces-Unies les privilèges commerciaux dont ils jouissaient dans tous les états espagnols sous le feu roi *. »
C'était un nouveau traité de partage» mais où, cette fois, les deux puissances maritimes, qui avaient tant déclamé contre Tambition de la France, se faisaient leur part avec une avidité presque cynique. Guillaume m, qui avait tout conduit, n'avait garde de Touloir épuisa FAngleterre et la Hollande pour rendre à l'empereur la monarchie espagnole intacte : son dernier mot était, comme on voit, de réduire Philippe V à l'Espagne proprement dite et d'assurer d l'Angleterre et à la Hollande l'exploitation commerciale de tout ce qui avait élo ia monarchie espagnole, avec de