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VENDOME EN ITALIE

d*Ita)ie se trouvait, pour un moment, concentrée en Piémont. Vendôme eût voulu réunir toutes les forces française*? pour opt'rer plus énergiquement; mais le corps d'armée des Alpes, conimiiudé parle lieutenant -général La Feuillade, fiis du fameux courtisan de ce nom et gendre de Cbamillart, n'était pas soumis au général de Tarmée d'Italie, et la vanité de La Feuillade trouvait mieux son compte à commander en chef qu'en second. La Feuillade se mit à guerroyer contre les vallées vaudoises, au lieu de se rendre au c.aiiii (levant Vereeil. L'incident le plus curieux de celte petite guerre fut qu'une des vallées vaudoises, Saint - Martin , se laissa gagner par les Français et se déclara indépendante sous la protection du roi; Pignerbl, francisé par une longue habitude, prit aussi parti pour les Français.

Malgré le refus de concours de La Feuillade, Vereeil capitula le 20 juillet. A la fin du mois suivant, d'après les intentions du roi, Yciidùme assaillit Ivrée, La ville fut abandonnée i>ar rennemi le ISseptemlire : les deux forteresses se rendirent les i^G et 29, le fort de Bard , qui commande le débouché des Grandes Alpes au-dessus d'ivrée, fut pris le 7 octobre. La Feuillade s'était tardivement déddé k rejoindre Vendôme, en forçant le pas de la Tuile (Pelit- Saint-Bemard); les communications du Piémont avec la Suisse et la Souabc furent interceptées par l'occupation du val de Sesia et du val d'Aoste.

Les Impériaux , cependant , s'étaient enfin refait dans le Trenlin un corps d'armée d'une quinzaine de raille hommes; vers l'automne , après UOchstedt , ils redescendirent du Tyrol italien par le val de Ghiese ; mais le grand-prieur les empêcha de déboucher dans les plaines du Bressan. Cette tentative ne pouvait manquer d'être renouvelée plus puissamment au printemps prochain et il était essenliel de tâcher d'en linir avec le Piémont avant qu'Eugène pût ramener en Lombard ie ses bandes victorieuses. Vendôme fut enfin libre de revenir à son premier dessein , au siège de Verrue. C'était une difficile conquête : la place , bien fortifiée, était soutenue par un camp retranché à la droite du P6; tm second camp était jètabli sur l'autre rive du P6 , à Grescentino, en face de Verrue, et les deux camps et les deux villes étaient reliés par un pont et par uiie îic fortomcuL i Llrauchés. Vendôme

ai» LOUIS XIV. fl704-n«l

attaqua d'alionl le (miii|) de la rive droite; il liluuu ii* des tranchées coiiHue devant une place de guerre. Le duc de Savoie évacua SCS retranchements sans attendre l'jjssaiil (6 octobre^ et regagna Gresccntino*. Le siège de Verrue fut aussitôt entamé; niais la mauvaise saison, la communication de Verrue avec Crescentinoet Fénergique dérensc dos assiégés rendirent les opérations très-lentes et très-pénibles. Tont l'hiver s'y consuma. Il fallut au général et à farmée une constance et une patience méritoires chez un épicurien tel que YendAme. Ce fut seulement le 2 mars 1705» que l'on parvint à emporter d'assaut le pont et Ttle du P6; Fon se disposait & assaillir le duq de Savoie sous Crescentino» lorsqu'il abandonna son second camp (24 mars). Le gouYcrneur de Verrue se défendit encore plus de trois semaines ; quand il se vit à l'extrémité, il détruisit ce qui lui restait de munitions et fit sauter une partie des remparts, avant de se rendre à discrétion avec qninze cents hommes , débris de la ;;:arnison (9 avril). Tout* le nord du Piémont, entre la Grande-Doire, les Alpes, la Sesia et le Pô , fut ainsi entre les mains des Français, et le Milanais fut de nouveau relié straté^iquement à la Fi ance ; d'une autre part, le corps de La Feuillade, détaché sur la tin du siège de VeiTue, s*était emparé du comté de Nice, moins la capitale ; mais le printemps de 1705 était arrivé sans qu'on eût encore entamé l'attaque de Turin, la grande cité qui fait le destin du Piémont : un nouvel orage se formait du côté du Tjrol et rien n^était décidé en Italie, malgré les succès de Vendôme, qui s'était tout k fait relevé au niveau de lui-même dans cette campagne *.

La Barièré perdue, TAIlemagne évacuée, TAlsace entamée, l'ennemi sur la Moselle, la def de la Méditerranée aux mains de l'Angleterre, la France supérieure seulement en Italie, mais sans succès définitif, tel était le résultat jrénéral de l'année 1704.

Les chefs de la Grande Allianco s'ajipivtaicnl à rouvrir la campagne avec des espérances exorl)itantes. Ils disposaient de deux* cent vingl-ciiiq mille combattants, sans cumjjter les Piémontais, les Portugais, ni la marine. Ils décidèrent de n'avoir que trente mille hommes en Italie, avec Ëugène, ii est vi*ai, à leur télc,

1. Général Pélel, t. IV, p. 75-368. — Saint-Uilaif», i. U, p. 401; lH, p. 1-3S.— Qaiad, t. lY, p. 334-100.

(17»] JOSEPU r ET RAROCZI. ^39

Ireiilc mille en Ilua(^rie, (jimize mille seulement en Espa^^iie, mais soiffrniis par une puissante llrjtic, cl de iiinsser cent cin- (|uaiilc aiillc Iiuiiimeîî en trois coi ps «'iilic le Uliiii et la iiut, afin d'atla(|ûer la France chez elle. Ils s'ellurcèrenl de ressuscil» r la révolte des Cévennes, en mùmc leujps que de désarmer par des négociations l'insurrection hongroise. L'empereur Léopold mourut stir CCS entrefaites (5 mai 1705). Cet obscur et vulgaire rivai du Grand Roi , qui n*avai( eu d'autre génie et d'autre vertu politique que ropiniàlreté, ou, si Ton veut, la patience autrîcliienne^ eut la satisfiiclion de mourir sur une victoire, plein de celle pensée que la maison de Bourbon allait ôtrc à son tour humiliée devant la maison d'Autriche. Son fils aîné Joseph , roi des Romains, jeune homme de vingt -sept ans, prit aussitôt le titre imiiérîal. Joseph congédia des hauts emplois les amis des jésuites, si détestés en Hongrie, tit des avances aux Hongrois, leur insinua qu'il n'avait pas contre eu\ les préveuUons ni les re^siiitiments de son père et accrpla, bien qu'à contre-cfpur, la médiation de l'Angleterre et de la Hollaiiric entre lui et ses sujets révoltés; mais f\akn(/i ut ses amis, c'esl-à-diie la nation magyare presque entière , déjà relevés avec éclat d'une bataille perdue à Tymau, ne voulaient entendre à rien sans le rétablissement de leur constitution élective et sans la renonciation de l'empereur à la Transylvanie La Transylvanie indépendante eût été la citadelle de la liberté hongroise. Joseph n'eût jamais fait une telle concession; ii poursi^vit tout ensemble les négociations et la guerre, et parvint à soulever les tribus slaves de Raitzes (Rasdens) contre les Magyars. Malgré cette diversion chez eux, les Hongrois continuèrent à ravager les états de rempereur, qui fut très^heurenx de Tarrivée d'tm corps auxiliaire danois. Louis XIV fournissait à Rakoczi quelques officiers et quelque argent, bien moins qu*il a eùl lait dans des temps plus prospères ^

La guerre de Honj^Tic ne pouvait amener d'événements décisifs, la Turquie dcmeuiant neutre et les levées irréguiières des

1. KakocKt, dans une diète tenue eu Bcptembr« 1705, ftii t élevé lor le buucUer • comme duc et chef suprême de la oonfédéraUon mag/are.

2. V., wvt tonte 1» gnoire 4» Hongrte, !«■ «doUrablet Mémin» àa prinee Balcoctl, m det plu* gr»Dd« earaetèm qn*att ndànté» celte MroïqM nation.

MO LOUIS XIV. [tm]

Hongrois n'étant point en état d^assiéger Vienne, sans une jonction dont Hôchstedt leur a>'ait enlevé l'espérance. Le grand intérêt de la campagne étail donc ailleurs, sur la frontière de France. Les alliés s'étaient iniatrinô ne trouver devant eux que des débris d'armées; ils savaient (jue l'épizoolie , qui avait préparé le désastre de Hn( listedl , s eluit étendue à l'arniée des Pays-Bas. et ils se croyaient débarrassés de cette cavalerie française, si longtemps leur terreur, qu'ils venaient de vaincre pour la première fois; mais Louis XIV, sentant que c'était une question de vie ou de mort, fit des efforts inouïs pendant l'hiver. L'exlréine danger, comme il arrive aux natures fortes, lui rendit l'élan et Tactivité de sa jeunesse. A l'entrée de l'hiver, toute la cavalerie française était démontée; au printemps, eUe se retrouim tout entière à cheval. L*infanterie fût recomplétée par les milices. Les troupes^ espagnoles des Pays-Bas et les débris de celles de Bavière et de Cologne furent recrutés et remis en état aux dépens de la France. Trois corps d'armée imposants firent face aux trois grands cor})s ennemis entre le Rhin et la mer. L'électeur de Bavière et Villeroi commandèrent en Flandre; Marsin en Alsace; le corps du milieu, sur la Moselle, fut confié à Villars : c'était î i])Uis« rîicace des mesures défensives î Villars fut remplacé dans les Cévennes par Bcrwick, qu'une intrigue de toui* avait fait rappeler d'Espagne.

A peine Villars avait-il eu quitté le Languedoc, que des symptômes inquiétants avaient fait juger la pacitication moins assurée qu'il ne l'aîait pensé. Plusieurs des chefs camisards amnistiés étaient revenus de Genève, excités par les agents des alliés, qui ne les avaient pas secourus quand il était temps de le faire et qui maintenant les poussaient froidement à leur perte pour en tirer quelque diversion lointaine ; les alliés leur avaient promis que la flotte anglo-batave viendrait s'emparer de Cette et que les Yaudois descendraient des Alpes dans le Dauphiné. Les chefs camisards ne reconunencèrent pas^ la guerre de partisans; ils tramèrent une conspûnation ramifiée dans toutes les villes du Bas-Languedoc ; le 25 avril, on devait enlever et mettre & mort l'intendant Basville, arrêter comme otages le duc de Berwick, les évéques, les gouverneurs des villes, etc., et soulever les proleslauts et, on l'espé- |

U705J FIN DES CAMlîsAUOS. '4 H

rait, une partie des catholiques, enjoignant le cri : PUis d impôts ! au cri de : Liberté de conscience! Ia complot fut révélé par un complice ; les principaux conspirateurs furent arrêtés dans Ntmes. Gatinat * et Ravanel , les deux chefs camisards les plus renommés . après Cavalier et Roland, subirent le supplice des incendiaires, le feu ! Beaucoup d*autres moururent sur le gibet , le bûcher ou la roue. Quelques-uns, qui avaient regagné les montagnes , y pé* rirent en combattant. D*autres Tieillirent, farouches solitaires, cachés dans tes grottes des rocliers et des forêts. Çà et là , qiieUjue exécution (le rebelle découvert dans sa retraite, quelque nieurlre dedélateiu jkir les amis de la vicliiue, sembh-renl les dernières étineelles d'un foyer éteint. Le pouvoii- lit , au moins durant quelques années, pour empêcher reîiibiasenient de se laliumer, ce qu'il eût dû faire pour l'empêrliei- de naître; non-seulement on ne fouilla [ilus dans les consciences, mais on alla jusqu'à fermer les yeux sur les assemblées qui s'enveloppaient de quelque mystère. Cette période d'indulgence systématique dura jusqu'à l'année 1713 , qui devait marquer tristement dans notre histoire religieuse *.

L'affaire des Gévennes n*étaît qu'un épisode : tous les yeux, vers le printemps, se fixèrent sur la frontière du nord ; le grand nom d*Eugène parvînt à peine & détourner quelques regards sur l'Italie. La question capitale était de savoir si la France verrait ou non chez elle les armées ennemies. Le plan que Marlborough avait médité dès la fin de l'année précédente avec l'approbation d*Eug'ène et qu'il fit adopter par les États-Généraux, était de fïarder la défensive aux I'a\ s-Kas et sur le Rhin et d'atta<pier par la Moselle et la Sarre avec une masse formidable. Vers la mi-mai, une p o lie de l'armée anglo-Latave passa la Meuse, laissant deux gros (di ps, l'un sous Mat'stricht, l'aulre en Flandre, et se porta vers la Moselle, où elle devait ê'.re jointe par le gros des forces de rempereur et de rEnqiire. Marlborough courut à Goblcntz conférer avec les électeurs du Ilhin, puis à Rastadl conférer avec le prince de Bade, qui commandait l'armée impériale du Rhin : les électeurs et le

1. Ou lai donnait ce surnom, parce qu'il parlait sau cesse avec admiratiuu du nui» fédial Cfttintt» MHi* qvi U waiX porté Iw «nnoi.

2. Mém. d» B«rwick, 1. p. 276. — m. des PaUert à» Httrî, t. II, 1. IX.

kh2 LO LIS XIV. [im]

prince convinrent d'expédier sur-le-champ trois mille chevaux d'artillerie ; Bade promit de marcher sans délai vers la Moselle ' avec la meilleure partie de ses troupes* Màrlborough reviiit joindre

son corps d'armée, qui fut renforcé à Trêves par des masses allemandes à la solde des puissances mariliines. Le 3 juin, il passa la Sarre pr^s de son confluent avec la Mo>elle et vint se déployer sur les iiauteurs de Perl. Villars était campé en face, sur les hautcnirs de Kerling et de FrQcliing, appuyé à la Moselle et h la petite place de Sierrk. Du \ au 1*2 juin, Marlborougli reçut de nouveaux renforts qui grossirent son armée jusqu'à qualre-Nitiiît mille hommes: Villars n'en avait que cinquante-cinq mille et Màrlborough attendait encore Bade. Villars, plein de confiance dans son excellent poste et dans Tardeur de ses troupes, qui brillaient de venger HOchstedt, ne recula pas. Il s'attendait chaque jour à recevoir la bataille» lorsque, le 17 juin au matin, U apprit avec étonnement que les ennemis avaient décampé pendant la nuit et retournaient sur Trêves. Un trompette apporta Texplication de cette retraite au nom de Màrlborough lul-méme : Màrlborough piîait Villars de croire que ce n*était pas sa faute s'il ne l'avait point attaqué; qu*îl en était au désespoir; mais que le prince de liade lui avait manqué de parole.

Bade, en effet, jaloux du vain(jueur de Hoclistedt et irrité qu'on robligeàtde lâcher l'Alsace \youv venir seconder Màrlborough sur la .Moselle, s'était avancé lentement et de très- mauvaise grAce et n'avait pas encore rejoint. Les antres prinrec; Rhin, soit négligence, soit crainte de voir r.Vutriche trop complètement victorieuse, n'avaient pas encore fourni les équipages promis. Le soldat soullrait et désertait. Les États- Généraux s'inquiétaient des opérations commencées sur la Meuse par l'électeur de Bavière et par Villcroi, qui, n'ayant plus en tète que des forces très- inférieures depuis le départ de Màrlborough, avaient repris Hui et ses quatre forteresses (28 mai -10 juin] , occupé la ville de Liège et menaçaient la citadelle ; les États-Généraux redemandaient leurs troupes. Ces circonstances ne permettaient plus d*assiéger Sarrelouis pour pénétrer en Lorraine» premier prc )j et de Màrlborough : les alliés eussent pu se porter soit contre Thionville , soit contre Luxembourg , ce qui eût probablement arrêté les entreprises des

(i705j VILLAUSËT M AULfiOROL (i U. m

Français sur la Meuse; mais les généraux allemands ne voulurent pas suivre Marlborough outre Moselle. Restait une attaque de frontr contre Varraée française. Marlboroii^jh était l'audace niùinc ct| cependant il n'osa j);>iiil : il connaissait le poste et le général, cl il avait ju^'^é le succès iuiiiossiijlo h moins d'avoir cent mille honuiies. 11 laissa un corps allemand à Trêves, eu renvoya d'autres sur le Rhin et retourna sur la Meuse

L'expédition de la Moselle, objet de tant de spéculations triomphantes, était avortée entièrement : les alliés apprirent qu*on n*abat point la France d*un seul revers.

Peu de jours après la retraite de Mariborougli , le corps qu'il avait laissé à Trêves, menacé par un détiiclieinent de Villars, ah anilonna celte ville. \ illars ne poussa jub ses a\nntafri*s sui" Ja Mu:>tlit', in;iis courut juindiv .Maisin en Alsace, pour làclici- d'enleu*r la ligue de la Lauter et d'investir Landau avant que Ilade eùl concentré ses forces. Weissemhour^'^ fut emporté le 4 juillet, mais le gros des troupes allemandes de la Lauter se retira dans une bonne position à Lauterbourg et y fut promptement renforcé : Villars et Harsin ne crurent pas pouvoir s'emparer de ce camp retranché , et Tordre que reçut Marsin d*allcr au secours de Tarmée de Flandre obligea Villars à se remettre sur la défensive devant Bade.

Marlborough avait compté, en rcloin nanl aux Pays-Bas, se venger sur l'électeur de Bavière et sur VilhToi de la déconvenue que lui avait fait essuyer Villars. A son approche, 1 armée française des Pays-Bas était rentrée dans les grandes lignes : il reprit Hui sans peine (9~ 10 juillet), puis marcha aux Français, dont le front était beaucoup trop étendu , surprit le passage des lignes , sur la Gbeete, entre Landen et Tillemont,et rejeta Tarméc française sur Louvain, après avoir culbuté Taile gauche (18 juillet). La fermeté de quelques bataillons em[)écha l'échec subi par celte aile de se changer en déroule. L'armée se mit à couvert derrière la D\!e. Mariborough fit raser derrière lui une partie des iigties et voulut forcer le passage de la Uyle. 11 fut repoussé, le 30 juillet, à Corbeeck et à Neer-Ysche. Il alla francliir la Dyie beaucoup plus haut,

1. VitUn, p. 151. — Lomberti, t. III, p. 469. — Génér»! Pelet, t. Y, p. 391^0,

m LOUIS XIV. 117051

vers Genappe (16 août), et menaça Bruxelles, afin d*attîrer les Francs au cooibat. Les Français prirent position entre Bruxelles et Louvain, sur ITsche, ruisseau qui descend de la forêt de Solgnies et se jette dans la Dyle. Le poste était avantageux , mais les alliés avaient quelque supériorité numérique et n*avaient pas un Villars en tète. Murlborough voulait iillaqaer : les députés qui représentaient les États -Généraux à l'année s'y opposèrent furniel- Icmcnt. On peut jn^er de la colère du général anglais, <]ui croyait se voir, pour la seconde fois de Tannée, arracher !a victoire des mains par ses alliés. Il se retira (lù août), fil prendre sur ses drrrîères Leau ou Leewe, in lite place qui comniaiule le conlUient des deux Gheetes(3-5 septembre) ; puis il passa le Dcmcr, se porta vers les deux Nèthes et détacba un corps contre Sanvliet. Les généraux français opérèrent une diversion en reprenant Diest, ville du Demer que Tenncmi fortitiait (25 octobre). Sandvliet se rendit quelques jours après. Ce fut, aux Pays-Bas, la fin d'une campagne qui avait suggéré tant d'espérances et donné si peu de résultats aux alliés.

Du cAté du Rhin, les alliés, par la supériorité du nombre, obtinrent un léger avantage vers rautomne. Villars, par le départ de Blarsin pour les Pays-Bas et de quelques autres troupes pour ritalie, se trouvait réduit à trente-cinq mille hommes, ^de, renforcé par des conlingenls allenjands, en avait au moins cinquante mille; il parvint, au mois de septembre, à franchir I f I une de la Moder ; Villai s, craignant d'être coiija d avec Slrasbom.i et voyant l'ennemi grossir encore, se replia sur Strasbourg et sur le canal de Molsheim, laissant dans Drusenlieim et dans Hagnenau quelques troupes, qui occupèrent l'ennemi trois semaines. La garnison de Haguenau, quand elle ne se trouva plus en état de défendre cette mauvaise place, en sortit pendant la nuit, avec tant d'audace et de bonheur, qu'elle gagna Saveme saine et sauve (6 octobre). L'épizootie, qui sévissait sur les deux armées, lâ désertion qui affaiblissait spécialement les alliés, et le peu d'accord de leurs généraux, empêchèrent Bade de chercher à pousser plus avant en Alsace.

Durant Tautomne, il s'était élevé en Bavière des mouvements qui causèrent de graves inquiétudes & rAutriche. Le gouveme-

[1705] PAYS-BAS. ALLEMAGNE. 44'î

ment aulridiien, avec sa perlidie accoulumcc, avait violé toutes les conditions du traité de Landau, pilh', rançonné, violenté communautés et particuliers, dévalisé jusqu'au palais de rélccteur, obligé rélectrice à quitter Je pays et prétendu contraindre la population à lui fournir douze mille recrues. Les paysans s'enfuirent dans les bois : on saccagea leurs ?iU;iges; on traîna en prison leurs mères et leurs femmes. Ils s'armèrent, guidés i)ar d'anciens soldats, s'emparèrent de Braiiiiaii, de Sehardiiig <'t voiilinviit surprendre Munich '26 déeend)re) : par maliieur, le guiilli iiieiit suudain des rivières les einpèelia de réunir leurs bandes ei de jeter vingt mille hommes sur Munich : ils furent battus en détail et la promesse d'une amnistie leur fit déposer les armes. L'Aulricbe tint parole comme h l'uixlinaire, et toutes les places des villes bavaroises furent le tbédtre d*égorgemcnts auxquels on eut Timpudcnce de donner une forme judiciaire. Les Hon{>rois se tinrent pour avertis*.

La guerre d'Italie , où Eugène et Vendôme se retrouvaient en présence, offrit un spectacle straté^'ique de haut iiilérèt, surtout depuis (pie la grande opération de Mailborough eut été manquée. La disposition des forces françaises était bonne, cette fois : le corps des Alpes ou de La Feuillade était absorbé dans l'armée de Piémont, et Vendôme avait pleine autorité sur les deux armées de Piémont et de Lombardie, cbargées, Tune de prendre Turin , Taulre de repousser Eugène. Les ennemis, de leur côté, opéraient aussi bien que possible. Le duc de Savoie, chassé de Verrue, s*était retranché à Chivasso, pour retarder encore les approches de Turin. Le prince RugèDe ai riNa , le 23 avril, à Uoveredo, dans io Trenlin : Maribormijili , a(in de soiiImi:»'!- l'('iii[)ereur, avait été, au mois de novendjre précédent, demander au roi de Prusse huit mille soldats pour l'armée d'Italie mais Eugène ii*atl( ndit pas d'être au complet pour agir. Dés le 18 mai, il passa l'Adige au-dessous de Vérone avec six mille chevaux et sept mille fantassins et marcha vers le Mincio, afin de r^oindre un autre corps de six à sept mille bommes descendus par le val de Cbiese à Tenti-ée du Bressan.

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