‹ Historie De FranceChapitre 126 sur 168 · BATAILLE DE V E L EZ-M A L AG A · texte numérisé non relu

BATAILLE DE V E L EZ-M A L AG A

des Français I La reprise de Gibraltar eût été probablement la coDséqaence de la victoire !

On ne retrouva pas plus Toceasion de reprendre Gibraltar, qu'on

n'avait rotrouvé Torrasion de inarclier sur Vienne. La bataille de - Vêlez- >i .il au a fut la (1< inièr(^ prrande journée de cette marine qu'a^ vail créée Golbert et qui expira entre les mains de Ponlcbartrain. Louis XIV, moins clairvoyant et plus obstiné dans ses choix à mesure qu*il vieillissait, garda Pontcbartrain , malgré les justes plaintes du comte de Toulouse» et le ministre ne tarda pas à per-« suader au roi que les grandes flottes étaient inutiles et que des esc adres séparées suffisaient pour protéger le commerce français et iinjuieter celui de l'ennemi. L'état désastreux des linauccsne venait que trop en nide aux arguments de Ponlcbartrain. 11 eût fallu, du moins, entretenir cette marine à laquelle on. enlevait les chances des grandes cboses ; mais on laissa tout dépérir, le matériel, les cadres, les ports, même. Pontcbartrain, dans un mémoire justificatif, en rejeta plus tard la faute sur Gbamillart.

On essaya cependant de reconquérir Gibraltar par un siège en règle. La flotte, en relonrnimt à Toulon, a\ait laissé devant Gibraltar, déjà ravitaillé et renforcé, ime escadre cbarj^a'e de seconder un petit corps d'année franco -espagnol qui attaquait par terre. Mais le général espagnol, Yilladarias, ne sut ni conduire les attaques, ni profiter des travaux dirigés par Petit-Renau, notre illustre ingénieur maritime ; les Anglais, après avoir réussi , à la fin de novembre, dans une première tentative de secours, en préparèrent une autre siii uiu plus iijrande éclielle, vers la fin de riiiver. Le clief de Teseailre de Llfiriis, i'uintis, le vainqu^Mir de Cartiiagène, sachant que le vice-aïaual anglais Leake avait sur lui une énorme supériorité , s'était retiré à Cadix pour attendre un renfort de Toulon; le conseil de Gastille lui enjoignit de retourner devant Gibraltar. Il obéit ; il avait treize vaisseaux français et quatre galions contre trente -cinq vaisseaux anglo-hataves; un Coup de vent dispersa son escadre, et il fut attaqué, avec cinq vaisseaux, par tonte la (lotte emicniie : il se battit, quatre heures dorant, un contre sept ; trois vaisseaux français furent pris après

L But. de la pitimma nawUt de VAnuMtm, par Sainte-Croix, t. II, p. 104410. — Vittette, p. IM-m — Saint-Simon, t. IV, p. 232-238.

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avoir repoussé trois fois l*abordage ; Pointis et un autre se firent jour, «'échouèrent et se brûlèrent k la côte. H en avail coûté aux

Anglais deux vaisseaux coulés et plusieurs démâtés (21 mars 1705). Le siège fut levé (juclipies semaines après ( fm avril)

L'Italie seule i)réseiit;>it à Louis XIV ôos sujets de conbulaUon.

Les alliés n avaient pu faire leur grand effort en Allemo^ne, qu*en négligeant l'Italie et en sacrifiant leur nouvel auxiliaire, le duc de Savoie, au succès de leur plan général. A la vérité, le • secours amené par le général Stahremberg, en janvier, avait momentanément sauvé le duc, en empêchant le siège de Turin ; mais ce secours fut le seul de toute l'année, et le petit corps laissé par Stahrcnil)erg sur le Bas-Pô et réduit à cinq ou six mille hommes ne reçut aucun renfort au printemps. Dès le commencement d'avril, ce corp^, pressé par les troupes françaises de la Secchia, aux ordres du grand-prieur, fVère de Vendôme, fut contraint d'évacuer les positions qui lui restaient au ipidi du Pô , excepté la Mirandole. Tandis que les Impériaux étalent abandonnés à euxmêmes, l'armée française était remontée par douze mille rernics et par une aninisiii ( tTorteatix déserteurs qui rejoindrait iit leurs drapeaux. Le Piémout, au mois de mai, fut attaqué de deux côtés à la fois. Le corps qui avait occupé, presque sans résistance, toute la Savoie, sauf IMontmélian, passa les Alpes et prit Suse (l*'*i2 juin), pendant que Vendôme investissait Verceil. Le roi , par une circonspection exagérée, avait empécbé Vendôme d'entreprendre une opération [)lus déeisive, c'est-à-dire d'assiéger Verrue, (jui couvrait Turin, à la vue de l'armée auslro-piémontaise retr.inchée à Crescentino. Durant le siège de Verceil, le grand-prieur, avec le corps de la Secchia, se porta au nord du Pô et chassa les Autrichiens à Test de l'Adige; de là, ils regagnèrent le Trentin, d*où ils étaient paitis en 1701. La Lombardie était complètement débarrassée, sauf la petite place de la Mirandole, et toute la guerre

1. Sur les allUret d'Espagne ci de mer, ▼. Qninci, t. IV, p. 400-454^ — Mim, de Lonvitle, i, U, p. 137-154, et 1. 1*', paisim. LonviUe attribue les revers d'EspagM à

ce que Louis XIV, par un trop ^rund ménagement pour les pr< jugi's et pour les ombrapes dcn EspajÇnoIs, n'avait pas entrepn-i n-^-^o? résolument la rO forme df» leurs COD&cib et de tout leur gouverncuieat. 11 eût vuulu qu'on envoyât, de France, des 1701, trois hommes capables, énergiques, pour réorganiser les 6tuLnc<», l'anoée ei Ia imriiie e^agnoles. B est douteux 411e l'Espagne se fùi laissé ikire.

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