‹ Historie De FranceChapitre 135 sur 168 · Lëmontei, Addil. à Danjrau, p · texte numérisé non relu

Lëmontei, Addil. à Danjrau, p

8. Lémontci, p. 182-181. — Saint-Simon, t. V, p. 281. — L'établissement d'un droit de mutatioD d'un pour cent sar tous led transferts de propriétés, sauf les sooecMloBs Ml ligM dlMcto êfc Im doosUoiis matriinoiilalee, appartienl mnl à cette époqiMb

t17«9] DISGRACE ET MOBT DE VAUBAN, AM

sirs fastueux suivissent leur cercle accoutumé cl que la jeune et vive tluchesse de liuiirgognc jct;\t parmi les pompes obliui-es de Tétiquette un mouvement, une gaieté superficielle qui du^lrayail le vieux roi, 1 anxiété était au fond de Ion tes les âmes et les sombres préoccupations qui allaient croissant transpiraient partout sous ces dehors convenus. Si les plus frivoles et les plus indifférents à la chose publique se sentaient forcés <|e devenir sérieux, quelle devait être l'aDgoisse des boinmes qui avaient prévu de loin la ruine et qui croyaient avoir en main les moyens de la conjurer? FéneloB i Cambrai, Yauban à Paris, Bois-Guillebert à Rouen, 96 consumaient du désir d*agir et du re^t de leur impuissance. Féneloo avait envoyé à ses amis BeauviUiers et Ghevreuse des mémoires sur les moyens d'éviter, puis de conduire la Guerre de la Succession (1701-1702). BoifrGuillebert avait pénétré auprès de Chamillart et avait ébranlé ce ministre, trop inca[Kibie . pour faire le bien, mais trop liomiète pour ne pas le souliaiter. Vaiiban assirtreait inressamnimt les hommes qni (liri;:caieut les allai ics. (<lia<jiit' lanle, tliaqne. niisèrr non\('lle h' eonlirmait danç son système sur le ciiangenient l adieal des impôts, li éclata enfin; il tenta de faire appuyer, imposer, par Topinion du dehors, ce qu'il n\ivait pu insinuer aux hommes d'éiai dans le secret du cabinet. Il publia, au commencement de 1707, le livre de la Dhru Toyak et le présenta au roi. Cne cabale formidable avait circonvenu ïiouis ; intendants, officiers d& finances, partisans et fermiers, courtisans intéressés dans les aflkires des traitants, tout ce qui devait sa richesse et sa puissance aui abus de la percep* tion, s*était li^é contre un plan qui ne sauvait le pi n[»l<' qu'en ruinant leur caste parasite. Chamillart Ini-iitèine, tout probe qu'il fût, s'était laissé enUainer dans la coaliliun. Heauvilliers et Chcvrcusc s'y mêlaient par un n spci [ mal entendu [u>ur le système de leur beau-père, le grand Culbert, et faute de comprendre qu'à des maux plus profonds il fallait des remèdes plus radicaux. Bref, le roi, circonvenu, irrité qu'on prétendit l'éclairer de vive force, accueillit très-mal le projet et Fauteur, et traita Vauban comme un rêveur qui ébranlait son état pour des chimères. Cinquante ans d'immortels services furent oubliés en un Jour. Un arrêt du conseil, du 14 février 1707, ordonna que le livre fAt saisi et mis

Dlgrtizeij Ly <jOOgle

âu pilori. Vauban moui'ut, six semaines après (30 mars), à l'Ajre de soixante-quatorze ans. Nul doute que le ehatrrin n'ait accéléré sa fin. La France ne fiil pas coniplic<^ ^le l'ingrat itude de son roi*; elle pleura le grand homme dont la vi(> et la rnorl lui avaient été consacrées ; les ennemis méaics s'inclinèrent devant la tombe de Vauban, comme ils avaient fait jadis devant celle de Turenne, et le nom inscrit sor cette tombe resta, pour toti}o«rs, asaocié dans rhistoire à ces grands types da fiierrier^Hojen qiie nous a légués Vantiquîté.

Bois-Gttillebert, de son côté, avait lancé, an moment même où paraissait la IKme Hjyàht on petit livre intitiAé le Faenm <fe ia France, où il modifiait les vues de mn iMlalll ée la Froncé par un «mprant fait à Vauban. Il proposait de substituer à la capitatîon, impôt mal assis, qui frappait d'une taxe égale tous les pons de môme profession, quelle que fût l'inégalité de leur forlun(% une dîme sur tous les revenus, l<u]uelle produirait, disait-il, de 80 à 100 millions au roi, au lieu des ?5 ou 30 qu'on tirait de la capitjition. Les aides et les douanes seraient supprimées en raison de cette plus-value, et la Uiille serait conservée avec réforme do. ses abus. La dîme serait reçue en argent, et non en nature, comme l'admettait Vauban, ce qui éiait le côté le moins pratique de ia théorie. La proposition de Bois-Guillebert péchait par la conservation de la taille, qui Caisait double emploi avec la dime. Il eût bien mieux valu, sdon les plans de Vauban^ garder on établir des impôts indirects ne portant pas siir les objets de première nécessité. Cbamillart eut quelques conférences avec Bois-Guillebert, ne parut pas repousser ses principes, mais Técarta sous prétexte qu'on ne pouvait entreprendre une pareille réforme en temps de guerre. Bois-Guillebert réfuta cette fin de non-recevoir pai' une brochure si virulente^, que le minibire, irntc, fit

1. 1.0018, cependant, quand il mit VaubaVi nu rit de mort, laissa échaptier de* paroles de regret : •• Je perds un hommo fort affectionné k ma personne et à l'état! » D.iogeau, 1. 111, p. 2. — Sur la fin de Vauban, v. Satot-Sitnon, t. V, p. 284. — 11 c^t fivjpillw qae te têodù Saint^mon admlr» Tanban ai apintrava §«• ^aas, qui tapprimaient les privilèges pécuniaires de la noblesse. Cest que Saint Simon tenait ffttrtout aux privib^gres politiques et honorifiques. Saint-Simon prétend que l'église et la noblesse approuvaient, comme lui, le« plans de Vauban ; cela est de toute iuvrai« •enblaiioa. <— V. C. TMn, Ifoiiettwr Foiilbii, p. Si an tète de la Dtme roy lU,

S. Sui^'émtut «1 Détail rfr Là Ffomca,

[I7«f-17M1 BOIS-GUlLtl»BltT EXILÉ. 401

siiLir au faclmn de la France le sort de la Dune royale, par arrêt du conseil du 14 mars, et que Bois-Guillcbert fut quchjuc loiiij>s exilé en Auvergne. Chamillart, ccpeiidaet, par scrupule de conscience, voulut faire un es&ai partiel des projets de Bois-Guilîeberl, au moins quant à ia FéCurme de la taille, dans une élection de la généralité d'Orléans ; maïs il avait la main trop faible pour cela : des gens eo crédit ayant» comme à l'ardinaire, lail soulager leurs fermiers au détriment des Tdsins, ropération manqua par labase*.

Bien que GhamiUart» dans ses bouflttesde fanitéi Toulftt tran^ elierdu ministre dirigeant et empiéter sur ses collègues» notamment sur le ministre des affaires étrangères, il se simtait morale-

ment et physiquement écrasé par son double fardeau et, après les désastres de 17UG, il avail déjà supplié le roi de le décharger d'un de ses emplois, en déclarant (jiril y périssait. — « Eli bien, avait répondu Louis, U'mjs jH i iioh5 cnsciiiljle 1 » Mot touclmnl, s'il cùi été appliqué à un sujet plus digne ^. La c.aiîi[) igne de 1707, tout en relevant nos armes, ayant achevé d abiiuer nos linances, Clianiillart perdit tout h fait la téte. Il avait dévoré par anticipation Tannée qui allait s'ouvrir ' et voyait s'approcher une nouvelle campngne sans avoir de fonds pour les vivres, pour les remontes, pour les recrues. Malade, épuisé; il remit au roi sa démission de contr^leuivgénéral et proposa pour son successeur un des deux directeurs des finances, charges qu'il avait âitt créer en 1701 pour se donner des auxiliaires. Le nouveau contrôleur-général fut Desmaretz, neveu du grand Golbert (20 février 1708). Principiil commis sous son oncle, il avait été chassé, à la mort de Colhert, pour des malversations probablement exag^érées par les ennemis de sa famille. Il élait resté vinjrt ans en disgrâce. En I70I, Beauvilliers et Torci avaient essayé eu vain de le faire envoyer en Espagne, afiFi d'y rétablir l'ordre linancier. Son esprit fertile en ressources Pavait fait enfin rappeler au conseil des fmances. Les préventions du roi et de madame de Maintcnon contre lui cédèrent à la néces-

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