‹ Historie De FranceChapitre 137 sur 168 · SIÈGE DE LILLE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE LILLE

Pondant ce temps, Eugène était allô chercher son corps d'armôp , qui arrivait par Louvain et Bnixellos. Le 21 juillet, il re|Kiriil iT iuprès de Bruxelles, escortant un grand convoi eoniposé tle farines et des !;;ros hafTa«]^es laissés en arrière par Marlborough. Vendôme, de vive voix, el Hcrwick , par lettre (il était arrivé à Douai avec ses troupes pressèrent le duc de Bourgogne de marcher pour intercepter le convoi : autour du prince, on trouvait des impossibilités à tout; on ne marcha pa$. Le convoi joignit Marlborough sans obstacle (28 juillet). Un second convoi, de grosse artillerie, cette fois, se prépar» immédiatement après à BruxeDes, et Eugène alla de nouveau le chercher. Il était évident que les généraux ennemis projetaient un grand siège et qu'on devait tout risquer pour l'empédier. Berwick se mit en mouv/ement; mais il ne se trouva pas assez fort pour livrer bataille à Eugène, et, pour la seconde fois, la grande armée ne bougea pas. Berwick, dans ses Mémoires, accuse Vendùi ne; Saint-Siniun, tout ennemi qu'il soit de Vendùine, le justilie aux dé[)eris du duc de Bourgogne. Quoi qu'il en soit, le «onvoi arriva à Helchin le 1 1 août et y passa l'Escaut. Le 12, Lille lut investie. Eujj^ène fit le siège avec trente et quelques mille lionnues, cent vingt gros canons et quatre-vingts mortiers : Marlborough le couvrit avec soixante mille soldats, placés à cheval sur l'Ëscaut, vers Helchin.

L'entreprise était hardie : la place était défendue par dix mille soldats, à la vérité de nouvelles levées, et par une population courageuse , que quarante ans de réunion à la France avaient entièrement franûi$è» Un homme d*une brillante valeur et d*un ferme caractère dirigeait la défense; c'était le vieux BoufÙers, gouverneur de la Flandre française. Les ennemis étaient engagés entre deux armées el entre deux places françaises, Ypres et Tournai, n'ayant derrière eux de points d'appui que Menin et Oudenarde, et ne pouvant tirer leurs vivres (jue de fort loin. Eugène et Marlborough, inébranlablement unis par l'analogie de leurs vues et la solidité de leur jugement, coHq)tèrent sur les défauts et «-nr la désunion de leurs adversaires. L'événement ne justiiia que li up

1. Deux mille Jeune* geoe et ^nie cents boorgeoia e'enrôlère&t.

leur conliance. Les généraux français ne s'entendirent sur rien. Berwick proposa une diversion contre Bruxelles; les autres généraux, ainsi que le roi, voulureiit qu'on secourût directement Lille.. Berwick alors offrit d'attaquer les lignes d'Eugène, laodis que Bourgogné et Vendôme feraient face à Marlborough. Vendôme préféra la jonction des deux années. La Jonction, gr&ce aux lenteurs de Bourgogne et de Vendôme , s*opëra seulement du Î9 au 30 août, sur la Dender, et Berwick, ne voulant pas subir la suprématie accordée à Vendôme sur les maréchaux, déposa son commandeiuent, pour rester comme particulier auprès du duc de Bourgogne. Le 2 septembre, on repassa l'Escaut à Tournai, alin de marcher sur Lille, après des prières publj(iues et une procession, auxquelles le duc de Bourgogne employa un temps bieu précieux dans une telle crise. Marlborouj^h se replia de l'Escaut sur la Marque et se réunit à Eugène entre la Marque et la Deule, les deux petites rivières qui se joignent à Lille. Le 4 septembre, au soir, les armées furent en présence, les Français occupant Mons en Pueile et Pont-À-Marque, les ennemis se déployant k rautre bord de la Marqae. On ne crut pas pouvoir aller à eux sans ouvrir des chemins à nos colonnes à travers le pays boisé et coupé de baies qui 9*étend entre les sources de la Marque et la haute Deule : à partir du 6, si l'on en croit une ïcttre de Vendôme au roi, on fut toutefois en mesure de déboudicr dans tme plaine de près d*une lieue et demie sur le front des ennemis ; mais Berwick et tout l'entourage du duc de Bourgogne déconseillèrent l'attaque, que le roi wuilaU comme Vendôme. On en référa de nouveau au roi. Les ennemis eurent ainsi le lemps de barrer par de fortes lignes toute la plaine dont parlait Vendôme et qui sépare la Marque et la Deule, de Frétin à Noyelles. Le 9, le ministre Chamillarl arriva au camp, avec l'ordre du roi de presser i'allaquc. Il était trop tard : on franciiit la Marque sans difliculté; mais, après quatre jours d'une canonnade qui ne fit pas même ébouler les parapets des lignes ennemies, on reconnut le succès impossible : on repassa la Marque, puis Tfiscaut (14-16 septembre), sans chercher à secourir Lille du côté de la Basse-Marque, et Ton se contenta d*aller se placer entre les ennemis et Bruxelles, aHn de gêner le ravitaillement des assiégeants.

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