‹ Historie De FranceChapitre 142 sur 168 · Mmoim $ecnt9 de lord Bcrtiogbroket p · texte numérisé non relu

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5'i8 LOUIS XIV. iHlul

au plus les alliés, ?oudront-ils bien permettre à leurs armées de Catalogne et de Portugal d*aider les Français à expulser Philippe V. 0 était Inutile de débattre plus longtemps ces monstruosités ; après avoir dévoré quatre mois et demi d'humiliations, les plénipotentiaires français repartirent le 25 juillet *.

La saison des combats s*était rouverte dans les conditions les plus déplorables pour la France. En vain le contrôleur- {général avait-il tiouvè, pour rendre des ressoui'ces au trésor"-*, l'heuieuse idée de faire régir gratuitoineiit les (iiJ'aircs extraordinaires par les receveurs-généraux, au lieu de les afl'eruier aux. traitants avec des remises de vingt-cin(j pour cent (novembre 1709). La caisse des receveurs-gènéima, qui remplaça la caisse des emprunts, tombée par défaut de paiement, semblait devoir ôtre d'un grand secours à l'État. Mais ce secours n'était point Immédiat : pour qu'on pût attirer Targent dans les caisses publique de préférence aux coffres des traitants, il fallait d'abord que Targent tùX remis en mouvement, et l'espèce de réaction qui se produit toujours dans la consommation, et par conséquent dans |es impôts indirects, après une année de disette, ne pouvait guère se faire sentir avant la récolte de 1710. Kii alteadant, on ne marcbail plus qu'à coups d'extorsions.

€ Le fonds de toutes les villes est épuisé, écrivait Fénelon ; l'on en a pris pour le roi les revenus de dix ans d'avance, et on n a point de hont»' de leur demander, avec menaces, d'autres avances nouvelles, qui vont au double de celles qui sont déjà faites. Tous les hôpitaux sont accablés... Les intendants enlèvent jusqu'aux dépôts publics : on ne peut plus faire le service qu'en escroquant de tous côtés ; il parait une lumqueroute universelle de la nation. Nonobstant la violence et la fraude, on est souvent contraint d*a- bandonner certains travaux très-nécessaires, dès qu^il faut une

1. Hém. de Turci, p. ^35^0. —Actes d» la paix d UtredU^ m-i2, 1. 1, p. 83*142.

2. Une des nmomee» bunalM Imagiiiéw «pfurta un» modUkation impoitaate à 1*

conflition de la magistrature : les offices de ju>ticc n'étaient héréditaires^ q«e moyeunaut la concession que le roi en renouvelait tous les neuf ans, au prix d'un droit annuel et en forçant de temps à autre les titulaires à acheter des augmentations de gagea. Le roi mppriiBa le dntt mmml ei promit de ne plue impoier rachat d'aug» mentations de Ka^^es, à condition que les tituliiires {Kiioraient une SODUne égale à «eue foia 4e droit «luiuel. Ancittuie* Iaù frangaiiUt t» XX, p. 545.

ItllO) DÉTAESSE DE L'ÉTAT. S99

avance de deux cenls pistoles. Les Français pi'isonniers en Hollande y meurent de faim, faute de paiement de la part d» roi... Les blessés nian(|uent de bouillon, de lin^e et de médicaments. Le pain est presque tout d'avoine. Le prêt manque aux soldats : les oIQciers subalternes soufrent à proportion encore plus'.!

Pour comble de malheur, Tillars, très^ufik'ant des suttes de sa blessure ^ ne fut point en klut de rejoindre Varmée de bonne heure : il avait demandé Benivîclt pour auxiliaire; oh eût dû envoyer Bcnvick au plus tôt à sa place; on n'en fit rien et on laissa provisoirement le commandemcnl de la frontière à nn général médiocre, au maréchal de Montesquiou. On n'avait point de fourrages, ce qui devait retarder ic rassemblement de l'armée jusque vers la mi-mai, et Ton se figurait que les alliés, de leur côté , ne marcheraient pas avant juin. Ils marchèrent dès la mi-avrii. Eugène et Marlborough rassemblèrent rapidement Boixante mille hommes et tombèrent sur ces lignes de TArtois qu'ils n'avaient osé attaquer lorsque Villars était derrière. Ifontesquiou, surpris, avec huit ou neuf miKe hommes, prés du eanaT de Douai à Lille, n'eut pas le temps de réunir ses forces et se retira sur Cambrai. Les ennemis franchirent les lignes et investirent Douai (22- 25 avril.) L'arméo franciise ne fut en état de s'approcher de la ville assiégée qu'au bout d'un mois. Sur la fin de mai, Villars et Berwick débouchèrent par Cambrai et vinrent présenter la Imtaille aux alliés dans les plaines entre Arras et Douai. Ils pouvaient avoir quatre-vingt-dix mille hommes: les ennemis» qui avaient fait des efforts prodigieux , en avaient au moins cent trente mille ; mais il leur fallait garder le canal de Douai à Lille contre les partis français et leurs lignes de siège contre la garnison de Douai forte de sept à huit mille hommes et très-bien coniiiiandée. Ils ti'acceptèrent pas la bataille en plaine et i»*sterent derrière les retranchements qu'ils avaient élevés de Vitri sur la Scarpe jusqu'à Hennin-Liétard , près du canal de Lille. Il était impossible de les y forcer, Villars se retira sous Arras et Berwick le quitta jwur aller se mettre à la tète de Tarmée des Alties. Le gouverneur de

1. Féneloii, t. V, p. 141. Ima u&urier» prenaient bo p. loi) d'e^uonipU: sur les biUtk éê Mttbsitiance délivrés aux officiel» aa lien d^aïf «ni l Yillan, p. 192,

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