‹ Historie De FranceChapitre 158 sur 168 · ÉTAT DE L'EUROPE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L'EUROPE

née : deux positions de premier ordre lui livraient le bassin occî* dental de cette mer où la nature ne lui a point assigné de place : Gibraltar annulait Garlhagène; Port-Mahon tenait Toulon en échec. La Hollande, elle, avait obtenu les positions continentales, la ligne de défense, si longtemps convoitées; mais ces acquisitions, n'accroissant ni sa population ni ses ressources maritimes et ne lui doniiaiit qu'un liroil d'uciuiiatidn nùiitaire, ne lui donnaient qu'une force factice : elle n'av iiL rien gagné sur mer, rien pour son commerce; la politique de ileînsius, politique de vengeance et non de prévoyance, avait préparé sa décadence prochaine au profit de TAngleterre.

L'Autriche impériale semblait dédommagée de la perte de sa sœur, TAutriche espagnole, par Tacquisition de ces domaines italiens auxquels elle s'attachait avec la passion du vautour pour sa proie, et par la domination qu'elle avait recouvrée sur l'Ailemagne, grâce aux rancunes germaniques contre la France. Mais cette domination, relevée par la guerre, allait se n lùchcr par la paix, et il s'élevait en face de l'Autriche une jeune puissance tout allemande sous un nom slave ', la Prusse, qu'une forte organisation militaire devait rendre très- redoutable dans un temps peu éloigné. La domination sur Tltalie n'avait pas non plus une entière solidité. L'avenir devait montrer que le vrai succès de l'Autriche était moins d'avoir acquis Naples ou Milan que d'avoir recouvré la Hongrie.

Quand l'occident, cessant d'être absorbé par sa proj)re querelle, put reporter ses regards hors de lui- môme, sur l'autre moitié de l'Europe, il vit qu'il s'y était oi)éré une révolution non moins considérable que les siennes et de nature à réagir puissamment sur ses propres destinées. Des deux guerres, en quelque sorte parallèles, qui avaient bouleversé le continent, quand celle de roccident et du sud était finie, celle du nord et de l'orient n'était pas terminée encore; mais le sort en était décidé depuis 1709, au profit d'un nouvel acteur qui apparaissait avec éclat sur le théâtre européen. L*acces8ion de la Russie à la société européenne était prévue depuis longtemps [)ar les politiques :

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