BaoMet, VU dt Botiuel, t. II, p
S. Letim du cttdinml d'Eftiéfs M tqI, ap. CBmra de Lonto XIV. t. VI, p. 497,
naces da roi contre la religion protestante. Jacques, devant Topposition des tories mêmes, en majorité dans les deux chambres , avait suspendu le parlement. Le clergé anglican avait cessé de prêcher l'obéissance passive et tonnait contre le papisme, (jm commençait d'envahir illégalement les chaires et les btiiLiK (»s. Jacques voulut interdire la controverse et ne fut point obéi. Il n'en jK)ursuivil que plus npiniàti énieiit s( s desseins. Le parlement d*Écosse, à l'exemple du parlement anglais, ayant refusé d'abroger le test (juin lt)86) , en consentant seulement à tolérer le culte privé pour les catholiques, Jacques, de sa pleine autorité comme chef de Téglise écossaise, enjoignit aux juges de considérer comme nulles toutes les lois contre les popisfet, et remplit tous les postes de catholiques ou d'hommes sans foi et sans mœurs qui se taisaient passer pour catholiques. En même temps, il s'efforça de relever en Irlande le parti national et catholique contre le parti protestant des colons de GromweU. Le fameux Tàlbot de Tyrconnel ftit chargé d'organiser le parti national d'Irlande assez fortement pour que le roi piit chercher un refuge et un point d'ajipui dans cette île, s'il venait à être cbassé .d'.Uigiclcrre. Tyrconnel porta plus loin ses vues et songea à préparer l'indépendance de l'Irlande , pour le cas où la princesse d'Orange sticcéderait à Jacques II par droit d'hérédité. Il se mit en correspondance avec Seignelai, qui lui promit de préparer à Brest les moyens de secouril* l'Irlande. Jacques II connut et approuva ce dessein *.
Jacques, bien qu'il eût déjà destitué maints fonctionnaires publics, pour n'avoir pas voulu se faire catholiques, et qu'il eût débuté par redoubler la violence des persécutions contre les'purltains, prétendait maintenant n*avoir d'autre but que la liberté de conscience pour tous. U avait compris un peu tard l'impossibilité d'abattre à la fois l'angficanisme et les sectes dissidentes, et visait h. mettre les protsstants aux prises les ims avec les autres. Au printemps de 1687, il fit en Angleterre ce qu'il avait fait en Ecosse; il suspendit les lois pénales contre tous les dissidents et dispensa du LcsL quiconque parvenaiL aux emplois. Quelques-uns
1. Bfao-Aolay, JIM. d^Ànghkm dipuli ftninment di Jœ^nw II, Lonqm U«c- Aulay et Lingard tut Mnt pai d'Mcord ntr lei ftiti, o*eat génénlemeDt Blac^Aulay qa'U fani suivre*
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(1687) ENTREPRISES DE lACQUES II. 85
(Ifs dissitlenb , p.ii in uheti juenl les quakers et leur illustre chef W illiam Penn , fuictil reconnaissants du bienfait qu'ils partaaoaicntavec les caUjolniues ; mais ce partage déconsidéi-a la liberté mciiie aux yeux des iiresbytériens, la plus piiissantL* des sectes dissidentes; cette liberté n'cMnit à leurs yeux qu'une transition à me nouvelle tyrannie, et ils restèrent, avec raison, dans une attitude de défiance, pendant que la masse anglicane s'irritaU de plus en plus. L'attribution d*un caractère public au nonce du pape, sa réception solennelle à la cour, l'entrée du jésuite Pétre au conseil prifé, la dissolution du parlement, déjà prorogé depuis deux ans, exaspérèrent le peuple et Jetèrent Teffiroi parmi les catboliquea édairês, qui sentaient qu'on perdait leur cause (juillet-noTembre 1687). Pétce était le conseiller de tontes les téméijités et Tallié de Tambassadeur de France. Le nonce, au contraire, d*acrord avec 1 uiiihassadeur d Lspagne, avait mission de modérer Jacques à l'intérieur ol de le j)()usser au dehors contre la France. Aussi le pape n'avait- il \ iiiu faire Pétre ni évéque ni cardinal.
Jacques, cepcndaîit, essaya un dernier cllort pour se rapprocher de sa tiiie aînée et de son redoutable gendre. Il envoya sir William Penn au prince et à la princesse d'Orange, pour tAcher de leur laire approuver l'abrogation du tesL U essuya un refus formel. Le prince et la princesse approuvèrent seulement qu'on acoordAt aux catholiques, comme en Hollande, liberté de conscience , avec exclusion des emplois. L'babile Guillaume trouva ainsi moyen de satisfaire féglise anglicane, tout en se déclarant ennemi des per^ sécutions et en rassurant par là ses alliés catholiques, et le pape même, sur ce qu'avaient à attendre de lui les catholiques anglais. Guillaume n'en était plus à de vagues espérances : un parti puissant le pressait d'intervenir ;i niain armée pour la défense di; la religion et de la liberlr briiaaiiifjues.
Il fallait pour cela que les Provinces-l'ni<^s fonna^x nt à (luillaunio des nioyrns d'action. T.c f^ouvernonieiit li tiirnis les y décida par une querelle comaierciaie qui acheva d'anéantir en Hollande le prtrti de l'alliance française. Après avoir défendu l'importation des harengs salés d'autre sel que du sel de Brouage, le cabinet de Versailles rétablit le tarif de i667 sur les marchandises hollandaises {novembre 1687). C'était réaliser un des derniers vœux de
U LOUIS XIV. [lefs]
Colbert, mais dans un moment trùs-peu opportun. Cette violation des conventions de Niinègiic, on portant un coup très -rude au commerce hollandais leva l'obstacle que les passions relicriouses rencontraient encore dans les intérêts matériels et mit toute la Hollande à ia disposition de Guillaume, personne n'ayant plus à ménager la France. Guillaume, sans autorisation, mais sans contradiction de la part des États -Généraux, ordonna Tarmement d'une vingtaine de vaisseaux et la levée de neuf mille matelots, sous prétexte de protéger le commerce contre les Algériens , qui avaient osé pirater aux dépens des HoUaiulais jusque dans la Blanche. U s'assura secrètement que plusieurs primt^ allemands enverraient, au besoin, leurs troupes remplacer en Hollande les troupes hollandaises qu'il emmènerait en Angleterre. Jacques U, sur ces entrefaites, rappela six régiments anglais qui étaient à la solde des Provinces-Ùnîes. Guillaume contesta à Jacques le droit de retirer ces corps de volontaires, et les régiments anglais ne partirent pas ( mars 1 688 ] .
En A[iLih'!erre, l'ora^^c ^grossissait. Jacques, ayant renouvelé sa déclaration t^ui l'-ihulition dn (rst, onjoijïnil aux éM^jurs de la faire lire au prône. L'arclie\('(iuc de Gauterlmry, l'évèque de Londres et six autres évôques refusèrent. Le roi les fil traduire en justice; le jury les acquitta (Juin -juillet 1688). Pendant ce temps, arriva un événement qui semblait devoir consolider Jacques II sur son trône el qui contribua plus que toutes choses à Ten précipiter. La reine d'Angleterre était enceinte et le bruit courait partout que cette grossesse tardive était supposée. Le 20 juin, avant l'époque attendue, la reine accoucha d'un garçon. Guillaume en paint d'abord déconcerté et fit même complimenter Jacques II; mais l'attitude de ses partisans ranima son audace : il s'abshnt de tout autre acte qui pût faire croire qu'il admettait la légitimité du nouveau prince de Galles et il pressa ses préparatifs. Il doubla son escadre et forma un camp de vingt mille hommes entre Grave et Nimègue, camp qui pouvait à la fois donner le change sur son but principal 1 1 y coopérer indirectement par un coup de main sur Cologne. Sept à huit millions détournés de divers services
1. D'Avant prétend que le conimcrce hull.iniî.ijs en fut réduit de plus d'an qaait» il veat parler son» dout© du commerce d turope. T. VI, p. 9a, 115, lUB,
(imi APPAÊTS DE GUILLAUME. 87
publics, et quatre millions envoyés par les mécontents d'Angleterre, avaient pourvu à VinsuflRsance des ressources ré^lièrcs.
Dès le printemps, Louis XIV avait offert à Jacques H de joindre quinze ou seize vaisseaux à la llotle que le monarque aivjlais se proposait d'armer. Jacques, beaucoup moins préoccupé de ses dangers réels que de maintenir sa neutralité entre Louis et I.i Ligue d*Àusgbourg, avait éludé la proposition, de même qu'il repoussa les instances que lui fit une dernière fois TambassAdeur d*Ëspagne, pour qu'il entrât dans la Ligué*. C'était une espèce d'ultimatum, après le rejet duquel les puissances catholiques de la Ligue ne se firent plus aucun scrupule de seconder les projets de Guillaume. Rien ne put éclairer l'obstiné Stuart. Il se flattait tantôt que l'attaque n'aurait pas lieu avant l'année prochaine, tantôt même que le prince d'Orange ne voulait attaquer ' que la Franco. Son principal conseiller, lord Sunderland, le trahissait et s'efforçait d'abuser Louis en même temps que Jacques» par l'intermédiaire de Tambassadeur français Barillon, homme d'esprit, mais léger et tout à fait dupe de l'artificieux Anglais. Louis était mieux servi par un autre agent, par d'Avaux, son ambassadeur en Hollande. D'Avaux avertit le roi, presque jour par jour, fie tous les moin » mcnts, de tous les desseins de Guillaume. Louis rcn(»uvela au roi d'Angleterre ses uUres et de vaisseaux et de soldats; Jacques refusa : l'inconséquent monarque prétendait opérer, sans les armes étrangères et avec des forces nationales \ une contre- révolution en horreur à sa nation!
L'heure de la crise européenne était arrivée; la guerre n'était plus en question : la question n'était plus que de savoir qui commencerait et où commencerait la guerre. La France avait un intérêt évident à préVenîr ses adversaires; mais où porterait- elle ses premiers coups ï Elle avait à craindre un double péril, à savoir : 1* que l'empereur dictât la paiv aux Turcs, puis raïuenàt sur le Rhin toutes les forces de l'Allemagne ; 2"^ que l'Angleterre et la Hollande s'unissent sous l'épée du prince d'Orange. Le i)lus grand et le plus imminent des deux périls était le second : c'était là ce qu'il
1. Mém. du maréchal tîe Berwick Ifils naturel ie Jncqucn ÎT^ t I*', p. 2n.
2. Tout au moins arec des forces britanniques, sinon anglaises; U avait appelé eu Augk terre uns petite armée de catholiques irlandais.
86 LOUIS XIV. imsi
fallait détourner à tout prix. Louis parut le comprendre : le î 8e|i-
t(Mii!)re, il écrivit à d'Avaux de signifier aux États-Généraux qu'il rousidérerait couimc une décl n iiuin de guerre conlre lui-nicuio \c i)iCiiHer act»' (l'hostilité que cuniint liraient les Proviiu rs- l iiies coiitrc son allii le roi fl'Au^^lcterre. Jacques 11 s'empressa de désavouer la (léelaralion du roi de France, prolesla aux Ktals-Génélaux qu'il n'y avait point d'alliance entre Louis et lui, rap'jMîia Skelton, son ambassadeur en France, qui avait sollicité cette démarche de la part de Louis, et renvoya à la Tour de Londres.
Quelle que fût l'extravagance de Jacques II, il fallait le sauver malgré lui. Il fallait mettre la flotte française en mer, comme Seignelal en pressait ardemment le roi, marcher sur Berg-op-Zoom ou sur Maéstricht, et faire occuper Liège et Cologne par un autre « corps d'armée. La Hollande, assaillie chez elle comme en 1G72, eût à rinstant même rappelé toutes ses forces pour sa défense, et peut-être rÂUema^e eût -elle hésité à prendre directement Toffensive. U'Avaux, avee une iiilelliuence parfaite de la situatioii, avait indiqué au roi, de|iuis quelques semaines, tout ce qu'il y avait h faire : Louis ii'a;:it |);is. i.e 23 septembre, d'Avaux manda au roi qu'on était prévenu à liolo^^iie; que celle g^raiulc elle asail ouvert ses portes à tiois mille soldats de l'électeur de IJrandebourg. L'auteur de ce coup hardi était l'ex-maréciial de Schomberg, qui, en ce moment môme, passait du service de Brandebourg au ser\ loe du prince d'Orange et devenait le guide et le général de Guillaume. Les représailles de la Révocation commençaient ' 1 Louis avait arrêté un autre plan de campagne que celui conseillé par d*Avaux. Dès la fin d'août, comme Tatteste la correspondance de Louvois*, le roi avait résolu d'attaquer, non la Hollande , mais l'empereur et l'électeur palatin. Louvois avait représenté vÎTement au roi que les Turcs, al>attus par leurs défaites et leurs discordes, près de perdre non-seulemenl leurs conquêtes hongroises, mais encore Belj,'rade, le boulevard de leurs propres élats, s'ijumiliaienl enlin, j in la première fois, devant la maisnii d'Autriche; (|u'ils allaient subir toutes les eumliti iis (ju'il jdairait à T empereur de leur imposer et lui rendre auisi lu libre
L Mém. dn oomte d'AvMX, t. VI, iMsim. — LeUrra d« Barilloo. 8. Luim miKtoim, t. Y, p. 1 «imit.
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dispositioD des Torces de TEmpire, si Ton ne so hAtait de ranimer le courage du divan par uiie attaque directe au cœur de rAllemagne. Ces Intérêts, graves sans doute, mais bien moins pressants, bien moins décisifs que ceux qui 6*agitaient aux bords de la Tamise, remportèrent dans l'esprit de Louis XIV. Dans les [iiviniers join*s de septembre, les troupes françaises coinnieiicéreiil à liler vers In Lorraine et l'Alsrtro. ho camp de Maintcnon avait été levé le lO août, elles ré;^ini(Mils (jui le coiuposaient, après quelque repos nécessité par les maladies qui les avaient cniellement tourmentés, furent dirigés vers la frontière de Test. Les travaux de Maintenon ne devaient jamais être repris; Taqueduc resta inadievé, pareil & une gigantesque ruine romaine*, et la rivière d*Eure n'apporta point à Versailles le tribut de ses eaux. C'était la première fois que Louis le Grand reculait dans Texécution d'une de ses entreprises.
Le 24 stpleiiibrc, Louis XIV lança un manift sle contre 1" luper<nir et l'électeur palatin. Les raisons (jii'il alléguait pour m; tier de reprendre les armes, par exemple le refus fait-par l'empereur de convertir la [rù\e de Uatisbonne en une paix délinitive, étaient peu solides, et il eût mieux fait de déclarer tout simplement qu'il attaquait pour n'être point attaqué. Les prétentions qu'il énonçait n'étaient pas, du reste, exorbitantes. Il allait, disait-il,' faire assiéger Philipsbourg, comme la place la plus capable de faciliter à l'ennemi i'enlrée dans ses états, et occuper Kaiserslau- Iri [j , ct.iiiiiic nanlisseiiieiit des droits de la duchesse d'Orléans. Il offrait de rendre Pliilipsliourg quand 11 l'aurait pris et rasé, à condition qu'on n'en pùl rétablir les forlilicalions. Il rendrait Freybourg à la même condition, pour faire voir qu'il n'avait pensé qu'à fermer son royaume et non pas à se conserver les moyens de l'agrandir ; seulement il conserverait le nouveau fort bâti vis-à-vis de Huningue et un autre fort appelé Fort-Louis, élevé depuis la trêve dans une Ile du Rhin, entre Strasbourg et Lauterbourg^. Il retirerait ses troupes del'électorat de Cologne, dès que le pape aucdit confirmé le choix du cardmai deFurstenberg, et s'eniploie-
1. Sons Loow XV, plusienn des arcades firent démolies pour servir à Vagrandtisement du cb&teau de CrécI, domaine de madame de Ponipadour. Le* restes de l'squednc sabsisteot emson dans le parc de M. le duc de Noattles.
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rail il procurer la coadjuloicrie au prince Clément de liaoère.- Enfin, Madame se désisterait, à piix d'arjjicnt, de ses droits sur les terres de la succession palatine. Ces i»iop(»sitions devaient ùln; acceptées et la paix conclue avant le mois de janvier, siaon le roi ne serait plus tenu à ses olTres
Le lendemain, le dauphin partit de Versailles pour aller prendre le comniandenient de Tarmée qui devait assié^r Philii)sbourg. Louis avait voulu donner à son fils Tlionneur d'ouvrir les hostilités. Ce fut le signal d*une guerre qui devait ôtre plus longue et pltts terrible que celle de Hollande , et qui débutait par une faute immense *.