‹ Historie De FranceChapitre 29 sur 168 · LIVRE LXXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE LXXXVII

LOUIS XIT. 80/».

Otterre db tA LiGL'E d'Augsrovro. — Cooquète de la rive gauche du Hhiiu. — RéroLcnoir d'Axolbtbkbb. L'Angleterre ei la Hollande'féaiklettow Guiltemiié d'Oranfe. — DéolanftUm de gMvre à Ia Bolkude et à l'Ei^egM. looeodie da

Palitiriat. La France reperd une partie des jiroN inces rhénanes. — L'Angleterre d(H:lare la guerre à la France. Guerre d'Irlande. — Retraite de Le Pelletier. Poutchartntin , contrôleur général. Désordre des fluanoee «i aggravathm dee diargea pnbUquea. — Vk-^re de LiuenilMmi!ir A Fleurai. ^ Le dao de Savoie

se déclare contre la France, Vlitoiro <io Cntiiiat h Staffnrde. — Talents et activité de Seignelai. Victoire de Touuville à iScachy-Uead sur la Hutte ;uij»'lobatave. Gloire de la niaiue française. Mort de Seiguelai. La marine coutîéc à PoDtchartraln. — Bataille de la Boyne, Jacquce II abaodoDiie ririande. Défeaie de Limcrick. — Prise de Mous. Combat de Leuse. — Coniju^tc de Nice et de la Savoie. — BatailU* d'Aî^hrim. Fin «if< la îrticrre d'Irlande. Fnrrrratïon !rlnnd«i>o en France. — Mort de ixmvois. bon tils Barbrzieux iui succétle. — Immcn&e dé|«loieiiient de forcée militaires. — Projet de descente eo Angleterre* Rerera de la UoQgue, exagéré par la tradition. — Prise de Nanaar. Tictolre de Steenkcrkc. — Invasion du duc de Savoie en Danphiné. — Pcrt<>s imn»en«e« du coTniTiprcp an jl.ii-5 et hollandais. La Hougue vengée. — Les corsaires françaia, Jean bart. Duguai- Troain. ^ Louis XIV roanii«e l'occasion de défidre GnitlaitiBe 111. Victoire de Neerwitiden. Prise de • harleroi. — Victoire de la Mnrsaillc. — Mndame de MaintenoTi, Beanvîlliers et FÉnelon. Mîsérc en Fr.im c. Disiiositions pacifiques inspirées à Louis XIV. — La Suéde et le Danemark offrent leur médiation. Ûfl'res modérées de LoiUs reponisées. — Transaction entre la France et la conr de Borne. Loois XIV recule*— Vaines attaques dee Anglo-ltataTes oontre nos ports. Vie» loire du Tor et conquMes en Catalogne. — Situntinn financière de la Franco Pt de l'Angleterre. Grandes fondations éconumiques et tenancières en Angleterre. La France réduite aux expédients et à l'empirisme. — Perte de Namur et de Casai. Le due de Savoie traite aveo la F^raaw. On Ivl rend la Savoie et Nice, et on lut cède Pignerol. Neutralité do l'Italie. — Négociations. Congrès de Ilyswick. îînpprochemcnt entre Louis XIV et (juni-iume 111. — Prise d'Ath. Prise de Barcelone. Sac de Cariliagèiic. — Paix de Rjrswick. La France restitue toutes ses réceutcs Moqnétes et tontes les r£nntons postérieures à la pais de Nimèfoe, sauf Stras» bourg et Ica domaines d'Alsaos.

La joie que témoigna le grand adversaire de Louis XIV, Guillaume d'Orange, à la nouvelle du siège de Philipsbourg, donna la mesure de la fouie où Louvois avait entraîné son maître. GuiU

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lanme tit tombei^ le dernier obstacle qui pût arrêter sa grande entreprise et ne douta plus que les Hollandais, rassurés contre

révcnlualité d'une seconde invasion, ne le soutinssent jus(|u'au bout. Los actions montèrent de 10 pour 100 ou Hollande, quand on sut que les Français marcliaicnl sur l'Allemagne conlrale cl non sur les Pays-Bas. Louis XIV, à défaut de dénionstiation? niilitnires capables d'intimider h Hfiîlandr, arait cru la réduire en attaquant ses intérêts par un embargo sur ses vaisseaux dans nos ports. Cet arto, contraire à la foi publique, irrita 1rs TToîl.indais au lieu de les abattre ; ils firent honte au Grand'Koi de cette déloyale violation du droit des gens en ne l'imitant pas; mais ils s'afTei^ mirent d'autant plus énergiqnement dans la résolution d'aller frapper en Angleterre le système de Louis XIV. L'insensé Jac* ques II, continuant de renier ses amis et de faire à ses ennemis d'Inutiles avances, signifia aux titats- Généraux, sur ces entrefaites, qu*il regardait le siège de Piiillpsbourg comme une viola* lion de la Irève dont il était garant et qu'il était tout disposé à s'allier avec eux et l'E^spa^ine contre Louis XIV pour f.iirc rétablir la trêve. Les mécontents anglais réfugiés en Ifnllaudc, puis le prince il'Orange, puis les l*!tats- Généraux eux - mêmes , répondirent à Jai ques ]jar des niaïuiesles menaçants, où ils dénonçaient la nécessité de i)révenir les projets des rois de France cl d'Angle* terre contre les libertés civiles et religieuses des nations protestantes. Guillaume attaquait ouvertement la naissance du prince de Galles, de l'enfant supposé, comme rappelaient les réfugiés anglais; il déclarait qu'il allait en Angleterre pour faire assembler « un parlement libre, qui déciderait de toutes choses (10-24 octobre). » Les États-Généraux, plus modérés dans la forme, exposaient les motifs qui les décidaient & secourir Guillaume t de quelques vaisseaux et de troupes auxiliaires, dans son louable dessein *. » Le prinqe leur avait, disaient- ils, déclaré qu'il ne prétendait millcment détrôner le roi d'Angleterre, se rendre maître du roy.iuiiie, ni persécuter les caliiolKpies romains, mais seulement aider la nation anglaise à rétablir ses lois violées et à conserver sa religion et sa liberté [28 octobre). Guillaume avait donné

1. Ils Tenaient de Ini prêter qnntre milliont en ene dn toui les fonds d^à eipployis . par lui.

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les mèraes assurances à Tempereiir et au roi d*E8pagiie, pour les

aider à sauver les apparences

Les tourmentes d'auiuiniie cependant retardaient depuis quelques semaines le départ du prince d'Orange, et les Français, au cuiilraiie, taisaient de rapides progrès sur le Rhin. Le succès immédiat paraissait juslilier la résolution de Louis XIV. L'Allemagne surprise, étourdie, se trouvait hors d*état de défendre les provinces rhénanes. Tandis que le daupliin assiégeait Pjiilipsbourg avec vingt-cinq à trente mille hommes, dont le chef réel était le maréchal de Duras , un autre petit corps d'année, commandé par le lieutenant-général BoulÛers, occupait, à peu près sans résistance, Kaiserslautem, Neustadt, Kreutznadi, Worms, Oppenheîm, Bingen, Baccarach, c'est-à-dire presque toutes les possessions cis^rbénanes de Télecteur palatin et de Télecteur de Mayence. L'électeur de Mayence traita avec BoufHers, reçut garnison française dans sa capitale et demanda la neutralité pour SCS domaines d Oulie-Ilhin ^17 octobre). L'Allemagne transrhénane était dejH liii.iîjiée à son tour. Vu lit tu liement de l'ai-uiée qui assiégeait Philipsbom^^ alla oceuper Iluidelberg, d'où s'enfuit réleeteiir palatin, puis eiiViUiit le Wurlemijerg, pénétra en Frailconic et étendit ses contributions jusqu'au delà du Danube

Yauban cependant conduisait, avec son habileté ordinaire, les opérations du siège de Philipsbourg, que défendaient deux mille soldats d'élite, avec une artillerie nombreuse et bien servie. Le mauvais temps et les difficiles abords de la place, protégée par * des marais et par le Rhin , retardèrent les travaux et irritèrent singulièrement Fimpatience de Louvois, qui ne comptait que les jours et non les hommes que coûtait une ville assiégée, Yauban, hardi jusi^u'àla témérité pour lui-même, mais toi^ours ménager du sang des autres , tint tète à l'arrogant ministre et n'abandonna point sa méthode. Philipsbourg capitula le 29 octobre : on trouva dans la place cent vingt-quatre canons et de grands appro-

1. Duniont, t. VII, 2* paitle, p. 179^7. JKrm. du oointe d'Araiu, t. VI, p. 296-315. — Miic-Auliy, t II. ch. ï.\.

2. Ivouvuis recotniuanda aux chefs de o« curps de cbcrcber des gem du (ta^ tt, propres à «lier nettre le feo 1» mût âtam Im mMMiit «An q«6 let Ueux trop éloU goét pour qu'on envojAt de» troupes se sottmiseeot néaiuiioiw par peur à la oontribntioD ! Utlra mOUatru, t. V, p. 169.

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94 " LOUiS XIV. litiSSJ •

TjsionnemeQU. Phitipsbouiig rendu, le dauphin mardia sur Manbeim, qui ne tint guère plus d'une semaine (4-12 novembre] ; puis il revînt deçà le Riiin prendre Frankenthal (1^19 novem.).

Tout le Palatinat, des deux côtés du Rhin , fut ainsi sous le

joii^. Le dauphin repartit, le 22 iiuveiuhre , pour Versailles, laissant Tannée au maréchal de Duras; il avait montré, durant celte courte campagne, du bon sens, du snnp:-froid et une certaine activité, niéritoirc chez une nalure lourde d'esprit et de corps. Le Grand Roi put applaudir en toute sécurité à la bonne conduite de son ûls ; U n'avait pas à craindre de rencontrer jamais chez lui un rival.

JLe corps de Boufflers avait poursuivi ses opérations, en môme temps que la principale armée ; un détachement avait occupé Sphre, d'où les archives et le trésor de la chambre impériale furent enlevés et envoyés en Alsace, offense jetée au corps germanique sans but et sans raison. BoufQers avait continué de descendre le Rhin; mais il n'avait pas été si heureux à Goblentz qu'à Mayence, L'électeur de Trêves ne s'était pas décidé à suivre rcxeniplo d'^ son collègue et avait reçu dans Coblcuti des troupes de la ligne au lieu des troupes françaises. Boufflers n'était jmsen mesure d'assiéger Goblentz ; il se vengea i)ar un acte d'iimlile barbarie , en écrasant de bombes la ville et le palais de l'électear (conunencenient de noveuibre) ; il remonta ensuite la MoscUe et se saisit de Trêves.

Une troisième colonne française, conduite par le maréchal d'flumières, était entrée, vers le môme temps, sur le territoire liégeois et s'était emparée de Binant. Les Hollandais crurent qu'on allait attaquer Liège et lear inquiétude donna la mesure de ce qu'on aurait dû faire ; mais les Français n'avancèrent pas sur la Meuse au delà de Binant

Dans le courant de novembre, les Français se virent ainsi maîtres de toute la rive gauche du Rhin , moins Coblentz et Cologne ; leurs partis, au delà du fleuve, couraient jusqu'à Augsbourg. Le manifeste de Louis XIV était bien dépassé et l'on s'était attaqué, non pas seiueinenl à la garnison impériale de Philipsbourg et aux terres de l'électeur palatin, mois à tout le corps germanique.

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LUSaj DÊPAAT D£ GUILLAUME. 9&

Guiilaurae allait répondre sur la Tamise aux coups portés par Louis sur le Rhin et la réponse devait être foudroyante. Le vent, qui avait soufflé longtemps de l'ouest» ayant enfin tourné à Test, te prince d*Orange, après avoir fait de solennels adieux aux États- Généraux, mit à la voile de Helvoet-Sluys le 30 octobre. Plus de cinq cents bdtiincuts de transport, escortés par cimjuanle vaisseaux de guerre, portaient quatre mille cinq cents cavaliers et onze mille f.mlassins , avec une énorme quantité d'armes et de liai nais [>oar équiper les Anglais qui se joindraient au prince. Les cadres des troupes embarquées étaient formés en grande partie d'officiers français réfugiés, que conduisait l'ex-député général des églises réformées , Huvignl : ils étaient près de huit cents. L*ex-n)arécbal de Schomberg commandait l'armée sous Guillaume. Tous les navires avaient arboré pavillon anglais. Sur le pavillon du prince étaient Inscrits ces mots : Pro Religùmpro'' testant»; pro libero ParUmento, et, au-dessous, la devise des Nassau : Je maintiendrai. On lisait sur d'autres pavillons : Pro re^ ligUme et libertate. Cette flotte portait, en effet, les destinées du protestantisme européen et de la liberté anglaise. L'ambassadeur d'Espagne ù La Haie, le rcpréseiUaiil du successeur de Pliili()pe II, lit chanter une grand'messe pour le succès de l'expédition (jui allait arracher au catholicisme la couronne de la Grande- Bretagne '.

Le ciel parut d'abord se prononcer contre l'enlreprise. La nuit même après qu'on eut levé l'ancre, un grain violent dispersa la flotte et l'obligea de venir se rallier au point de départ. On ne put remettre à la voile que le 10 novembre. Le vent alors devint ' aussi (àvorable qu*il avait ^té d'abord contraire ; il retint dans la Tamise la flotte de Jacques II , et les vaisseaux de Guillaume liranchirent sans obstacle le Pas de Calais. Trente ou quarante vaisseaux français, sortis des ports de Dunkerque et du Havre à la faveur du vent d*est, eussent suffi pour jeter le désordre dans cette masse navale encombrée d'hommes et de bagages et jiiobalilenienl pour faire échouer l'expédition. Scignclai, d'Avaux, avaient assiégé Louis XIV de leuiT) instances i niais ii semblait

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