‹ Historie De FranceChapitre 32 sur 168 · DamoDt, t. VII, S* partie, p · texte numérisé non relu

DamoDt, t. VII, S* partie, p

2. Le Grud fileclear éleil mort en mai 1609 et avait en pour Bnecemear ion âl» FiédérielU. •

gique, une armée hispano-batave composée en grande partie ^^auxiliaires allemands, appelés en Hollande pour remplacer la petite armée* qai était allée détrôner Jacques IL Les Français, à peu près égaux à leurs adviipwires sur la frontière belge , étaient très- inférieurs sur le Rhin et la capacité de leurs généraux ne compensait pas ce désavantage. La France n'avait plus qu'un seul général de grand renom, Luxembourg; mais, brouillé avec le ministre, dont sa fierté ne pouvait supporter le despotisme, il était en disgrâce depuis une dizaine d'années' et Louvois avait détourné le roi de l'employer. L'armée du Uhin deineuia entre les mains de Duras ; i'arjnée des Pays-Bas fut confiée au maréchal d'Humières.

Ces choix ne furent point heureux. Duras ne sut pas mettre

1. La caos« de la disgrâce de Luxembourg M rattachait à une (^tranj^e affniTT, qnt avait longtemps et violemment a^té Paria et la oonr, Yaffaire de$ poisQns. Le prucès la ikmmitt manidia de Brinvîlliera, biAlée en IffïS po«r afoir empoîflainiié aos fèn. Ma deux firirea et «a eerar, tenit lainé ona vive Imprenton dam les etpttta.

Dos )iw i<!eML<» mysti^rioux fin-iit penser qoe les crime* de la Brinvilliors et <1f' son atnant Sainte- Croix n'étaient pas des crimes isolés; qu'il existait à Pari» une espèce d'école d'empoiâonncnieut fondée par un Italien appelé Exili : on disait que des révc» latioiis siniatres arrivaient atix magiateata par riotemédiaira dea ooaftssears; qoe 1.1 poudre dr sucrt'.iriuv ('liiit dans les mains de bcaucovip d'iirriticrs îiiipationl-i : la terreur éUiit pf^n< rale. ICu KiMO.Io conseil du ruijug'ea nécessaire d'établir à l'Arsonat une comiutMiiou extraordinaire, que le peuple qualifia de rhmbre ardentt, parce qnelea crimes quelle avait à povrsidvre étaient pasdbles du feu. Piorienra ftmmea, la Voisin, la Vigoureux, un prêtre nommé Lesage, etc., furent mis en juK^enipnt pour avoir fait t'oiurn^rce de poison. Une foule de grands ppr^onnajes se trouvèrent compromis comme ayant eu des relations avec ces misérables. Deux dea nièces de Haxarin, la duchesse de BoniUon et la comtesse de Soissons, làrent i^onmées devant la chambre de TArsenal. Madame de bouillon fut interrogée, traita l'affaire assez cavalièrement et s'en tira sans diffieuUé; mais sa sonir, la eomtewe de S<^i<s<nns, l'amie de jeunesse du nti, aima mieux quitter la France que de pnraitre en justice, lie duo de VendAme, rarriére-pet]t'>fib de Henri IV, fat interrogé. Le maréchal da Luxembourg, chargé, par les dépositions des accusés, de crimes invraisemblablesi alla de lui-même se rendre à la Bîisttlle, sans réclamer les privilèges de sa pairie. Il y resta quatonui mois, tout le temps que dura le procès de la Voisin et de hcs eoinpliees, qnt eurent enfin te sort de la BrinvilUers. La malveillance de Lonvois avait beaucoup contribué, dit<-on, à prolonger la captivité du maréchal, qui n*aTait eu d'autres torts que des liaisons iiidignes de lu! et qu'une curiosité peu oi tlioJore. La Voisin et ses complices n'étaient pas seulement dea empoiaonueurs, mais encore dea entremetteurs, des iiorcien, des devlmi, des Urenn d'heroscopea, qui faisaient voir le diable et disaient la bonne aventure aux curieux. Il y eut dans cette va»ie procédure, à côté de quelque» crimes secrets, beaucoup de lé^rèreté fi fohe. (V. les Letlrea de madame de Scvigué, 16U0, janvier-mars. — Aiém. de La Fare, p. 291.;

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'16t9) AFFAIRE DES POISONS. 409

uhitacle aux opéialiuas du duc de Lorraine et de l'électeur de liaviêre, qui, après avoir projeté d'attaquer Strasbourg , fureijt décidés par les cris des populations allemandes à entreprendre le siège de Mayence. duc de Loi rgine déboucha sur la nve gauche par Gobleatz et fut rejoint devant Mayence par réiecteur, sans que Duras fit d'autre diversion que de dévaster la Souabe et de brûler Bade et d'autres petites villes sans importance militaire. Mayence, bloquée depuis le commencement de juin et assiégée en roruie dans le courant de juillut, avait pour ç;aiiii><)ii tine petite armée, dix mille houiines conunandés par le li'culonant- ^(•nural d'iluxeilcs. (À'sUix uiilie lionimes se défendirent vaillamment et habilement contre près de soixante mille ennemis. Au commencement de septembre, après six ou sept semâmes de tranchée ouverte , ils repoussèrent, avec un affreux carnage , plusieurs assauts donnés aux nouveaux ouvràges qui protégeaient la place , dont le corps était mal fortifié. On prétend que l'assaut du 6 septembre coûta cinq mille hommes aux ennemis. Les assiéfr«'anfs counnençaient à craindre de ne pouvoir surmonter cette liriuiqiie défense, et le duc de Lorraine tut très-surpris et trèsheureux de rerevoir, le surlendemain, une uiïre de capitulation: il accorda toutes les conditions que voulut le gouverneur. C'était l'épuisement des munitions qui avait forcé d'Huxelles à rendre Mayence; la même cause nous avait déjà fait perdre Piiilipsbourg, pendant la Guerre de Hollande. La prévoyance deLouvois s'était trouvée en défaut'.

Pendant ce temps, l'électeur de Brandebourg, à la tête de phis de vingt-cinq mille hommes, avait travaillé à chasser les 1 idin;ais de l'électoicti de Cologne. Les lettres évocatoires de l'empereur et la déclaration de la diète avaient fait effet dans l'électorat: le cardinal de FQrstenberg avait été abandonné de ses troupes allemandes et leur désertion avait fait perdre plusieurs places. Un échec essuyé , dès le mois de mars , par- le corn-

1. Saint- Hilaire (t. I, p. 416 accuse Ix)uvois et d'Huxclle« dri s'ôtro enteiHlim p»>ur rendre U place au luouient où Dura« allait la secourir. Louvois, dit-il, avait besoin dfm minvab mecèiipoar se rendra indtspeimble au roi, qui m dé|{oùtait de lui. II. ffUalA ooatre Luuvi>i^ a;i^s de griefl» certains «ui» le charnier encore d'une trahison si pea vnuMmblabLef de eompte à demi avec un des plva braves officiers de l'anaée. '

mandant français SourdU, avait encore obligé d*évacaer Neass; .Rheinberg et Keyserswert tombèrent ensuite au pouvoir de l'en* nemi (mai-juin) ; puis l'électeur de Brandebourg marcha contre Bonn, principale place de Vélectorat et résidence des arcbeféques-

élec leurs. Bonn, accablée de bombes et de boulets rouges, s'écroula dans les flaiiiiui s. KU cUi^c jiianière de délivrer les villes rhénanes que de les traiter ahsoluincnl cuinme faisaient leurs oppresseurs! Les Français, avant le bombardement, avaient fait sortir toutes les bouches inutiles. La irarnison s'obstina h défen<îre les débris de la ville, et l'électour du Brandebourg, affaibli par les secours que lui demandèrent le duc de Lorraine et le prince de Waldeck, fut obligé de convertir le siège en blocus. Mayence prise, le duc de Lorraine vint à son toar renforcer Brandebourg avec le gros de son armée; la place tint encore un mois entier et ne se rendit que le 12 octobre t après que tous les dehors eurent été emportés dans un assaut où le brave gouverneur d*Asfeld Ait blessé à mort.

La saison était trop avancée et les troupes allemandes avaient trop sottifert aux sièges de Mayence et de Bonn , pour quêteurs généraux pussent songer à rien entreprendre du reste de l'année ; • ils prirent lcul•^ qiiai liers d'hiver dans le Palaiiii>it, tout ruiné qu'il fût. Ainsi le but qu'on s'était proposé par (h s expédients si barbares n'avait pas inénic été alleinf : on n'était puiul parvenu à rendre le Palalinat inliabi(a])le ; riionnue avait bien pu détruire l'ouvrage de l'homme, mais non pas stériliser, en quelques jours, la riche nature de ces contrées. L'armée française hiverna en Al« sace et en Lorraine, gardant, par ses avant-postes, une partie du Palatinat et de i'électorat de Trêves.

Louvois n*élait pas encore rassasié de dévastations. Après la perte de Mayence , il eût voulu infliger le sort de Worms et de Spire à une cité bien plus grande et plus illustre, il proposa au roi de brûler Trêves. Louis, lorsqu'il s*était agi d'anéantir les villes du Rhin , avait été d'abord fasciné par l'espèce d'horrible grandeur que manifeste une telle puissance de destruction ; mais le remords n'avait pas tardé à s'éveillci' dans son âme : il recula devant ce nouvol attentat. Louvois, \ ivenienl rei)oussé , revint à la charge. Queh pies jouis après, il déelara audaeieuseuienl à Louis qu'il prenait la rcsiH>nsabilité sur lui et qu'il avait c\()cdiû

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(imi M at'bnce bt bonm perdus. Ht

l'urdrc. Le roi, liMiispurlc de colùre , leva la main sur le mini^U o. Madame de Maintenoii so jota entre eux deux; Louis enjoignit à Loiivois de se hâter d'envoyer un contre-ordre; sa tète répondrait d*une seule maison brûlée. L'ordre n'était point parti ; Louvois avait compté forcer la main au roi en lui donnant la chose comme faite. Cette scène, après bien d'autres, laissa un profond ressentiment dans le cœur du roi *«

La campagne des Pays-Bas nVait eu aucun résultat. On n'y avait déployé de ^landcs forces ni d'un côté ni de l'autre. Louis XIV avait déclaré la guerre à l'Kspagne le 15 a\ril et fai entrer ses truu[ics en lielgitiuc à la nii-niai. Deux légers échecs essuyés par le maréchal d'Huniièrcs, en assaillant les positions du prince de Waldeck, n'cmpCchèrent pas les Français de rester sur les terres d'Espagne jusqu'à l'automne; mais les ennemis, de leur c6(é, mirent à contribution la Flandre française.

En Catalogne, le duc de Noailles, qui avait reçu là un emploi plus honorable et plus digne de ses talents que la conduite des dragonnades, n'eut pas le moyen de rien teuter d'important. Seulement , il se maintint pendant toute la saison siu* le revers espagnol des Pn rénées.

La guerre maritime offrit bien autrement d'intérêt. Pour la première fois, la marine française se trouvait en face des deux grandes marines réunies. Terrible épreuve, quand on pense que tenir tète à Tune des deux seulement, à la marine hollandaise, avait été considéré, bien peu d'années auparavant, comme une haute ambition. Un traité fut signé le 9 mai, entre TAngleterre et la Hollande, pour la jonction des flottcfs, l'Aii-letcrre devant équiper cinquante vaisseaux et la Hollande trejile. Mais les (tpeiaiioris orfeusi\»*s des Français contre Guillauiue Ui avaient counnencé dès le mois de mars. Presque toute l'Irlande, avec son lord-député (gouverneur) Tyrconnel, s'était déclarée pour Jacques II et le vicomlc de Dundee avait soulevé en faveur de la même cause une partie de la Haute Ecosse. Jacques H résolut d'aller se mettre à la tète des catholiques irlandais ; il conclut avec Louis XIV un traité par leiquel il promettait à la France un secours de sept mille Irlandais

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