‹ Historie De FranceChapitre 33 sur 168 · Saiut-Slmon, t. XIII · texte numérisé non relu

Saiut-Slmon, t. XIII

41S , LOUrS XIV. (tttW)

en ôchniijrc; de sept mille soldats IVaiigajs, qui iraient porter ù l'Irlande 1 exemple de leur diseipline et de lew (actijiiie. I.e 28 février, il partit de Saint-Genuaiu pour Brest, où l'allendait une escadre française. « Je souhaite de ne vous revoir jamais! » lui dit Louis en le quittant. Jacques» en attendant les 7,000 soldats, emmenait quatre cents oCQcicrs et canonniers français^ avec une • très^ande quantité d*annes, de harnais et de munitions. Louis lui avait donné sa propre cuirasse, en signe de royale fraternité. Jacques débarqua sans obstacle à Kinsaîe le 22 mars. La flotte anglaise n*avait pas ét6 prête à temps pour lui disputer le passage. Tous les Irlandaii^ de race celtique et les anciens colons angloirlandais, demeurés catholiques, raccueillirent avec enlhousiasMie. Les proleslaats n'étaient en elat de rcsibler sérieusement que ddus la proxince du nord, dans l'Ulslcr, où les colons, tant anjrlais que prebbytériens éeossus, étaient nuinbreux et IrèiHMjergiques. Les protestants de l'I'lster lurent rcfuulés sur deu.v points, à Loudouderry et Eimis-Killeen, où ils coneentrèrent h»ur défense.

Guillaume III, ({ui rencontrait d'assez grandes diftioultés dans le gouveniernent de l'Angleterre, n'était point encore en mesure de porter des forces considérables en Irlande; il commença par envoyer une escadre sur les eûtes irlandaises pour tâcher d'intercepter les communications avec la France; puis, sur rinltialive prise papla chambre des communes, il langa, le ! 7 mai, une déclaration de guerre contre t lejroi des François ». Farmi lesgrleli qui motivent la guerre, outre les efforts fîilts depuis quelques années par Louis XIV pour renverser le gouvernement (laeonsCi* tution] d'Anjilelene, outre l invasion de l'iilandc, Guillaume énonce les pr(.'tdilu»n> rec<'ntes des Kraneais contre la souveraineté de la couronne d'Angleterre sur l'ile de Terre-Neuve, l'invasion des terres anglaise» de .New-York et de la baie d'Hudson, les couh missions données aux armateurs rran(,'ais pour saisir les na\ires anglais la prohibition de la plupart des marchandises anglaises, les persécutions exercées en France sur des sujets anglais, contraints à changer de religion ou envoyés aux galère, sous prétexte d'avoir donné asile sur leurs vaisseaux à des protestants

I. Le;» vaiii!>vaux des partùaM luivrimteur, comiue «UiUUAnl Im Itttrw de Uub XIY.

Digitizeo lj vjOOgle

(Ue91 COMBAT DE BANTRT. 113

Irançai? ; enfin la contestation du « droit de pavillon » attaché à la couronne d'Anj:l<'ttM n', « rc qui violo, dit-il, la souveraineté que nous avons sur h-s incrs brUiuinitiius ' »>.

Au monioiit où Giiillntime revendiquait la prétenduo siiprcrnati»^ du pavillon an^^lais, cetto supiérnatie venait d'être contestée par de victorieux arguments. Dans les premiers jours de mai, le lieutenant-général Gti&teau-Renaud était parti de Brest avec vingtquatre vaisseaux de guerre, escortant un convoi qui portait en Ûande des munitions et de l'argent. Le 10 mai, comme le débarquement commençait k s*opérer dans la baie de Bantry, sur la côte sud*oue8t du Munster, ramiral anglais Herbert parut avec vingt-deux vaisseaux plus forts d'échantillon el meilleurs voiliers que les navires français. Ghàteau-Renaud alla aurdevant de l'ennemi et déjoua les manoeuvres de Herbert, qui voulait gagner le vent et couper la lig^ne française. Après plusieurs heures de canonnade, l iitii! (1 iii;^! lis, voy ijil la moitié de ses vaisseaux mis hors de comi»al par !e feu supérieur des Français, çairna le large et laissa le déharquement s'achever sans plus d'opposiiion. Château- Renaud rentra à Brest le 18 mai, après avoir capturé, chemin faisant, un riche convoi liollandais ^.

Brest avait été indiqué comme rendez-vous général à nos forces maritimes. Château-Renaud y fut joint par seize ou dix-huit vaisseaux sortis de Roehefort, du Havre, de Dunkerque. On attendait encore Tescadre de Toulon. L'amiral Herbert, de son côté, s'était renforcé et la jonction des flottes anglo-bataves s'était effectuée. Plus de soixante-dix vaisseaux ennemis vinrent croiser devant Brest, afin d*emp6cher la jonction de l'escadre de Toulon. Heureusement, cette escadre, forte de vingt vaisseaux, avait pour chef un homme qui était le premier marin de la France, depuis que Duquesne n'existait plus. Tourville profita d*un coup de vent qui écarta la flotte combinée et entra sain et sauf dans la rade do lîrest (30 juillet). Il en ressortit bientôt à la téte de toutes les forces françaises, avec Seignelai à son bord. L'impétueux minisfre de la mariue ne rêvait qu'tmc grande bataille navale. Les deux anii-

Page 1