appartemit à tin» fiunEla partomentefre de Paria
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itm} ALLEMAGNE ET UOMGRiC. m
Sur le Rhin , les Français furent prêts avant les Allemands ; mais ils n'en profiU'rcnl pas et n'essayèi'cnl point d'empùdicr la jonction des électeurs de Bavière et de Saxe. Le duc Charles V de Lorraine étau luort le 17 avril 1690, emporLiuU les vifs resrrets (le ses alliés et resliiiic de ses ennemis, et laissant ses prélenlions à SCS enfants. L'électeur de Bavière lui avait succédé dans le commandement en chef. La campagne fut très-peu active. Les deux armées laissèrent le Ah in entre elles jusqu'au milieu d'août* Le daufkhin et Lorges se décidèrent enfln à traverser le fleave; quarante mille Français et cinquante mille Allemands se troo- Tèrent en présence» du 10 au 12 septembre, aux environs d'Of* fenbouc]^, sur le théâtre de la dernière campagne de Turenne» On hésita de part et d'autre à s'attaquer, et les Français prirent leurs quartiers d*hiver dès le commencement d'octobre» en gardant quelques postes avancés dans TOrtnau et le firisgau. Les Impériaux, délivrés dMnquiétude sur le Rhin par cette retraite in(jppûrtune, purent envoyer du rexiCurt dans les pays du Danube, où la forluue awaL ehan{^^é de face. Les Turcs, exaltés par le danger que courait leur empire, avaient fait de vigoureux efforts, tandis que l'empereur, les croyant épuisés, ne s'était pas mis en mesure de soutenir ses avantages. Tekeli avait reparu sur la scène avec éclat: Michel Apafli étant mort, Tekeli s'était fait nommer prince de Transylvanie par le Sultan, puis avait envahi cette province à la tète des réfugiés hongrois, soutenus par les Turcs. Les Impériaux avaient été chassés de presque tonte la . Transylvanie, et Tarmée turque avait repris Nissa, Widdin et Belgrade (septembre-octobre). Les renforts expédiés des bords du Rhin ne purent qu'arrêter les progrès des Turcs.
La guerre sur les Pjrénées avait eu à peu près le même caractère que sur le Rhin : les Français y avaient eu l'avantage de vivre une [)artie de la saison sur les terres de l'ennemi, sans qu'il se fil aucune actiuu de marque.
Il n'en lut pas de même en Belgique ; mais là c'était Luxembourg qui commandait !
Luxembourg ua\ait que trente et quelques mille hommes réunis en Flandre sous son commandement direct ; mais un corps de quinze ou seize mille soldats , posté entre la Moselle et
4f8 LOUIS XIV. [im]
la Moiise, étnit h portée iit3 le spo^nrir. T^ps ennemis devnienl être fort supérieurs, lorsque le général des Hollandais, lo prince de WaUleck , aurait été joint par le gouverneur de Belgique et par rélecteur de Brandebourg ; leur projet était d'attaquer par la vallée de la Meuse : ils n'en eurent pas le temps et Luxembourg ne leur permit pas d'opérer leur Jonction. Luxembourg avait commencé de ravager ou de mettre h contribution la Flandre espagnole dès le milieu de mai. L'armée hollandaise, qui avait hiverné en Belgique, ne se réunit près de Nivelle que dans la première quinzaine de juin. Dès que Luxembourg la sut en mouvement , il laissa une douzaine de mille hommes au maréchal d'Huniières pour tenir en échec le gouverneur des Pays-Bas Espagnols vers Bniges et Gand ; puis il porta rapidement entre Sainbre et Meuse, et y fut renforcé, à l'insu de reiiiienji , par la meilleure partie du coriis de la .Moselle (?8 juinl, ce qui roiiipensa le gros détarlieraent laissé à d'Humicrcs. VValdeck cependant se rapprochait de la Sanibrc. Luxembourg, par un mouvement de flanc exécuté avec une extrême célérité , se rabattit sur la Sambre , près de Froidmonf , et en força le passage (29 juin). Le 30 juin , sur la fm du jour, les deux avantgardes se rencontrèrent dans la plaine de fleurus , nom destiné à une double glôlre, et Luxembourg en personne ciiUmta la cavalerie ennemie.
Le lendemain matin, Luxembourg, hdssant ses équipages sur l'autre bord de la Sambre, marcha droit à Tennemi. Waldeck avait pris position en arrière de Fleums, dérobant sa gauche appuyée au bois d'Eppcnies et couvrant sa droite du château de Saint-Amand ; son front était protégé par un i ui^seau aux bords escarpés qui descend du bonr^r de Fleurus. On ne jn>u\ ait songer à une attaque de front: Luxeniboui-g prit une résolulion d'une incroyable audace ; il résolut d'envelopper une année au moins égale à la sienne, en embrassant dans ses manœuvres un terrain d'une étendue énorme relativement à ses forces. Il déploya l'infanterie de sa gauche d( vaut le ruisseau de Fleurus et en Ht son centre ; il poussa la cavalerie de sa gauche en potence sur le flanc droit de rennemi jusqu'à Eppenies , à la faveur d'un rideau qui déroba la mardie des escadrons. Pendant ce temps, avec l'autre
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[*m LUXEMBOURO Ff<«URUS.
moitié de l'année, il alla passer le ruisseau do Fleurus huia de la portée de renncmi , à Ligni , antre nom bien counu dans nos fastes militaires, (it un gran l détour sur la droite, en se cou\Tant de haies et de plis de terrain , et déboucha enOn dans la plaine sur le flanc gauche et rar.les derrières de reanemi. Si Waldeck eftt deviné àlempe cette manœuvre et jeté le gros de ses forces sur le eoade qp» formait la gauche Irancaise, il eAt percé cette ligne étendue et lubie, coupé en doux Tannés francaifle et rendu à Luxemboiu^ la retraite impossible en le sépaiant de ses pontons et de ses bagagesl maia il ne eomprlt l'opénsfiim que lors- <pi'eUe.6^t accomplie et & l'instant où les deux moitiés de Tarmée française se resserraientvur lui comme des tenailles. Il était trop tard alors. La gauche française souffrit cepeii(];ui{ beaucoup au premier choc : le lieutenant-général Goumai, qui la cominandait, ftit tué, et la cavalerie fut rejetée sur i ialanterie; niais, au inèaie moment^ LuxeoiLour^ cliariroait en masses serrées sur la franc fie ennemie, l'écrasiiit d'un seul coii|) et rétablissait ses conminnications avec son centre, qui franchit le ruisseau de Fleurus. Waldeck voulut se reformer en arrière, mais il lui fut impossible de rallier sa cavalerie. L'infanterie hollandaise et allemande se dé* * fendit avec tme fureur héroïque : plusieurs bataiUotnSt cernés, milraiUéR», sabrés, par rinfanterie, par la cavalerie,, par FartU- • lerle françaises, se firent passer au fil de Tépée plutét que de se rendre. WaMeck, avec une dojtuaine de bataillons et quelques escadrons qui ne se laissèrent pas rompre, parvlntj sous un feu et sous des charges terribles, à gagner les bois d'Bppenies, où^on cessa de le poursuivre. C'était tout ce qui restait ensemble de ranucc ennemie. Cinq a six mille morts, sans les blessés, huit à neuf mille prisonniers', cinquaiitc-cinq pièces de campagne et plus de cent drapeaux, qui, envoyés à Paris, valurent à Luxembourp" le surnom de Tapissier de Notre-Ddm^. furent les U ophées du vaniqueur. Les Français avaient eu trois mille hommes tués ou hors de combat ^
I. Parmi lu prtManiwB to UowéWDl n gnuid nombre de réfog^iés fîTan^ali* Lt roi les SI «fsftr ai'giHfn. UMlqr» ÀtUolm fi»miê ifap IU9etm.4t OaniWi
P- fit.
S. UUru mUitaim, t. YI. — Quinci, t. II, p. S41>^. — Sdni-Hilaire, t. S*,
p. 4^. * .iu . ' ' t ■ .''•■'-''}■'"■
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Cette victoire, la plus coruplètc qu'on eùl encore remportée dans les guerres de Louis XIV, demeura stérile. Luxembourg voulait assiéger Namur ou Charleroi : Louvois ne le permit pas, liOuvois persuada au roi <m'ii était nécessaire de renvoyer une partie de rjEurmée yi^ctoheuse sur la Moselle, pour être 4 porf^èe de soutenir rarmée de M<mi»içimw (le dau^i»), .un peu phis lubie que les Allemands, Mont»igMiif, comme OA l'a m plualiaut, ne fit rien et fai un préteite pour empêcher de,faire. Imenbourg se vit ainsi paralyser ; Tennemi se reforma par des renforts tirés de tous cotés et par le rachat de ses prisonniers, qu'on ne put refuser de lui rendre movonnant rançon, aux tonnes d'une convention antérieure ; Télectcur de Brandebourg rejoignit Waideck ' , et Ton manœuvra jusqu'à la fin de. ia saison, .sans autre résultat pour les Français que d*aToir vécu sur le pays isnnemi et rétabli l'égalité numérique en détruisant, par un grand coup de iqain» Texcédant de nombre qu'avaient l»» csoalisés* n n'y eut qu'une bataille, il n'y eut point de campagne.
Du côté des Alpes, les événements furent plus complexes et les résultats plus positifs. Le duc de Savoie, Victor-Amédée, était. • • depuis quelque temps sus)u'ct à Louis XIV, nun sans sujet, bien qu il fût en apparence fidèle à ses engagements et qu'il eût en ce moment plusieurs ré^ments au service du roi en Flandre. Dés 1687, le duc Victor-Amédée et Téledeur de fiaviére s'étaient donné rendez^Yous à Venise,. sdUs prétexte du carnaval, et Victor-Àmé<* dée avait promis secrètement son concours k la Ligue d'Augsboorg. Ce jeune prince, remuant et courageux, se voyait avec inquiétude serré entre Pignerol et Casai comme dans un étau, et craignait que Louis ne voulût faire du Piémont une autre Lorraine. Les alliés n'eurent pas grand'peine à le gagner en lui prometlau! de le délivrer de celte sujétion que l'insolence de Louvois lui rendait encore plus pénible. Le duc se plaignait que le ministre français le traitât c comme un page ». .Durant Tiiiver ^ 1689 à iQ90, Louvois eut avis que les alliés projetaient de prendre l'effensive contre le Dauphiné, en réunissant les troupes espagnoles du Milanais aux
1. Par im ti^ié du 6 septembre, Pélccteiir de Bratidebouiv prit l'engagcmcDt ^ tenir lotiionrs vin'^n iiiitlc soldaU à la gflache de la Moselle et^ mptstraiier atee
la France sans ses alliés.
tlWOl LES BAnBETS. CATINAT. 431
forces du duc de Savoie et aux protestants français et piémontais réfugiés en Suisse et en Souabe. H sut que l'empereur promeltatt db duc de traiter ses ambassadeurs sur le même pied que ceux des tètes couronnées, grand objet d'ambition pour la maison de Savoie, à condition que le dnc payât la solde d'un corps allemand qa*on enverrait à son aide. La véracité de ces informations fat confirmée par la conduite du dtie envers les barbets on insurgés vaudots des Alpes. Les Vaudoîs n'avaient pas tons péri ou émigré au loin. Dès que les troupes françaises eui^nt évacué les hautes vallées, après les massacres de 1686, ces pauvres gens avaient commencé à reparaître dans les lieux 1 b mieux abrités do leurs montagnes, et le duc, une fois en relations avec les ennemis du roi persécuteur, avait fermé les yeux sur le retour des exilés. La grande guerre commencée, une bande nonibreiise de Vaudois était revenue de Snisse et de Genève en forçant le passage du petit Mont-Cenis; ils ' occupaient la vallée de Saint-Mai tin et faisaient une guerre de partisans contre les garnisons de Pignerol et des forts voisins. Les officiers du duc ne secondaient les Français que trèMoUemcnt. Sur la fin d'avril, Gatinat vint prendre le commandement d'un petit corps d'armée qui se rassemblait en Dauphiné. Le roi pré- * vint le due que ces ttoupes, destinées à opérer contre le Milanais, auraient h traverser son territoire; avant qu'elles fbssent entièrement réunies, Il lui demandait d'aider Gatinat à diasser les barbeit des montagnes : le dnc chargea un de ses généraux de concerter avec Câlinât Tassant des Quatre-Dents, poste presque inaccessible où les barbets s'étaient retrancliés, au fond de la vallée de Saint- Martin. Au jour convenu, les Français ail njutTent : les Piémontais ne parurent pas; la neige et les difllcuiles du terrain obligèrent d'abaniloiHier l'attaque (3 mai).
En rentrant à Pignerol, Catinat reçut coup sur coup deux courriers du roi pour le duc. Louis exigeait que Victor-Amédée réunit toutes ses troupes à* l'armée de Catinat et qu'il reçût garnison française à Verceil, à Verrue et dans la citadelle de Turin, jusqu'à la paix générale. L'armée de Gatinat soutint ces impérieuses dépèches en descendant des montagnes sur Garignan, dans la vallée du P6 (9 mai). Le duc, effrayé, s'efforça de gagner du temps^ pressant, d'une part, les secoiu^ promis par la Ligue et, de l'autre,
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43S , LOUIS XIV. (UMl
tAchant de fléchir )e roi. Il n'était pas encore définitivNnent engagé avec la Ligue et, si le roi, comme il le demandait, eût consenti i le traiter eu prince souvciaia et cul i tiioiitc du moins à occuper sa capitale, il cùf jirobablement reculé devant les chances de la lutte contre la France. Loiivois empêcha toute concession et n'épargna, ni dans le fond ni dans la forme, rien de ce qui pouvait pousser le duc aux dernières extrémités. On a voulu voir un odieux calcul dans cette conduite du ministret qui ne trouvait pas« a-t-on dit » que la France eût jamais assez d'ennemis et qui n'es* pérait se maintenir qu'en multipliant les périls autour de «m mattre. U était bien capable dHine téUe oombinaisoii ; néennoiiis, son arrogance et sa brutalité satureliea suffisent à expliquei^ sea procédés. Le duc, sommé de céder avant le 24 mai, écrivit, le 20, au roi qu'il se soumettait, mais qu'il le suppliait de se contenter d'une autre place en échange de Turin. P^ant ces pourparlers, un corps de réserve laisse par Catinat dans les inoiiti^uts et composé en majeure partie de milices emportait, par une seconde attaque, le poste des Qualre-Dents : la plupart des barbets s échappèrent à la Caveur d'un épais brouillard (23 mai) *.
Quelques jours après, Câlinât reçut du roi l'ordre d'occuper Turin, Verceil et Verrue, conformément à la promesse de VictoP- Amédée. Le général français sij^nifia ses instructions au dut*. Celui-ci répondit de telle sorte que Catinat jugea la rupture inévitable. Sur ces entrefaites, le vent avait changé à Versailles : le roi s'était r^enti de sa dureté et avait résolu de se contenter que Carmagnole, Suse et Montméllan fussent remis en dépôt à une puissance neutre, à la république de Venise, qui les garderait comme caution de la conduite de Victor-Amédée, à condition que l'empereur et l'Espagne souscrivissent à la complète neutralité de ritaUe^
Il était trop tard : un double traité avait été signé, les 3 et 4 juin, par le duc de Savoie avec l'Espagne et l'empereur, qui lui promettaient des secours considérables, Pignerol, 'piand on l'aurait pris, et une part dans les conquêtes qu oii pourrait taire de
1. Sur l«s proeédéa de Loovow «oVtn te doc, voyez Qourville, p. — La Fare, p. 207.