Danont, Cary» diphmaHqiÊÊ, t. VU, put. 2, p. S
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ft«Ml GUERRE DE PifiMOMT. 133
Taulre cûlé des AIpos Victor-Ank-dt e inif aiissilAl m lil)crt6tout ce qui restait de Vaudois dans ses prisons, tit arrêter l'anil)assadeur de Louis XIV »'t tout ce qu'il y avait de Français à Turin, et oommeDça les hostilités. Louis avait donné envers Gènes Tezemplc lie ces violations du droit des gens.
Gatinat s'avança sur Turin ecne une douzaine de mille hoounes; mais il n*était point en mesure d'entreprendre le siège de cette grande ville et n# put empêcher YîetorKAmédée de réunir dnq on six: mille soldats qa*i] avait sons k main à dix mille Hispano- Lombards arrivés à marclies forcées dn Milanais (mi-juin). Les deux petites armées se tmreat longtemps en édiee auprès de Carignan et se renforcèwwt chacune de leur côté. Catinat fit ravager de fond on comble, derrière lui, les vallées de La Luzerne et d'Angrogmc, pour ôter aux barbets tout moyen de subsister et de s'établir sur sa ligne de communiration. La euerre se faisait, d'après les instructions de Tjouvois, t\\vr une ri;,'ii' iir qui rappelait, sur une moindre eciieiie, ies cruelles dévastiilions du Rhin et qui offrait un douloureux contraste avec le caractère privé du général français ^ Gatinat, menacé dans son camp par les dispositions de L'ennemi, se replia sur ks montagnes et prit poste à Gaours. L'ennemi tenta de oonper ses communications avec un corps de réserve qui occupait le val deLa Luserne, et fût repoussé avec perte. Quelques Jours après (17 août), Gatinat ressaisit roflènsive et se porta sur Saluées par une marche de flanc en présence de Tennemi, afin de l'attirer au comliat. Lès alliés ne parurent que sur le soir, le commandant des auxiliaires espagnols ayant longtemps discuté contre le duc pour qu'on attendit les renforts allemands qui étaienl en marche. Victor -Amédée voulut absoluuicut
1, Uumotit, ibid., p. 2r>5.
2. Les paysaos piéœoDtajs, race rude et ▼alefureoM, e'éltfani woSê h ftire la fietite gvem, 4 l'eiempte dea Vattdaia. Soivaot le vieux et barbare droit de la gaem
<fu*o:i pouvait croire toirib^ en désuétude, Catinnt fit i>ouJre les iletix symlica d'un villat^e, - pour avoir souffert que leur communauté prit les armes coatre uiic anure eatiére. " Tous les paysans qu'on trouvait avec dea armea, 4m balle» ou de la puuiii e fiaient arrétéa, Mmt» an prévit et pendua. Canine mi en pyemJt «ne Uop grande
quantité et que le pré^^t ne pouvait suffire nax exécutif ns, Catinat permît aux soldats -le les tuer. On hriilu iinpitnyali'.cineut tous les villages et les maisons de cam* pagne qui i-«fuaiuieut de pa^er la cuuttibutiuu do guerre. Yo^'. Méin. de Catinat, t. l'^t
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combattre. Les Français, qui avaient dommencé d'attaqa^r Salaces, firent volte-face. Le duc les attendait dams un poste avan^ tageux, mais dont il n'avait pas su tirer tout le partî possible : des marais couvraient ses deux ailes et, en avant des' marais', des ea$sine$ [casciw, maisons dé campagne) gainiea d'inlknterie présentaient un premier obstacle aux assaillants. Les Français attaquèrent le lendemain matin. Rien n'arrêta leur élan. Los cassincs furent emportées apiès une vive résistance; le marais de droite fut franchi par rinlaiiterie, qui, s'apiiuyanl à une vieille digue du PA que le duc de Savoie avait négligé d'occupcM', jint en flanc la ligne ennemie. Sur la gauclie, l'ennenii, protégé par sa situation, se défendait opiniâtrément ; mais la cavalerie française parvint entin à traverser le second marais. Mors Tarmée hispano-piémontaise, malgré la supériorité du nombre, se trouva débordée et prise entre deux feux ; elle se rompit et se précipita en désordre dans les bois et les fourrés qui s'étendaient en arrière de sa position. Un jeune oCQcier^néral parvint h empêcher cette retraite de se changer en déroute complète : c'était le prince Eugène de Savoie- Soissons, qui était venu apporter à son cousin Victor- Amédée le secours d'une épée déjà essayée en Hongrie et sur le Rhin. L'ennemi avait perdu quatre à cinq mille hommes et onze canons. Les Français avaient eu un millier d'hommes tués ou blessés. Plusieurs régiments de milices avaient pris part, auprès des troupes de ligne, à celle brillante journée, qu'on nomma la bataille de Staffarde, du nom d'une abbave voisine *.
L'armée ennemie, battue, mais non détruite, se rallia h Poncalieri et à Gai ignan, couvrant Turin. Le prix immédiat de la victoire ne fut que Toccupation de Saluces et de quelques autres petites villes, et la possession de la plaine qui s'étend des .\lpes au Tanaro. Dans le courant d'octobre, Gatinat renvoya ses malades, ses blessés, la plupart de ses équipages, en Dauphiné, comme s'il eût été sur le point d'aller y prendre ses quartiers d'hiver; puis, au lieu de repasser les Haules-Alpes, il se porta brusquement vers Suze, par les cols extrêmement difficiles qui joignent le val du Gluson à celui de la Petite-Doire. Le fameux pas de Suse fut éva-
1. Mim, de Catioat, t. I'% p. 8ô ëI suiv. — Uém, de Kcu^u ùrei.
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cué par l'ennemi, el la citadelle se rendit en présence de Tarmée hispiino-piéuiontaise, qui venait au secours, renforcée de ciuq ou six mille Alleiiiaiids el de trois ou quatre mille Espagnols (8-14 novembre). Les Français furent ainsi înallres des deux principaux débouciiéâ du Duuphiué en Piéuionl, Suzc et Pignerol.
Durant ces opérations m Piémont, dix mille hommes de milices et <l*arrière-ban avaient occupé, sans beaucoup de résistance, toute. k Savoie, excepté MontméUan. L'identité de langue et de i^cears, et les habitudes de bon voisinage, ne permettaient pas aux montagnards savoisiens de ressentir la même répugnance i]u*éprottvaient les Piémontais paur rinvaslon française.
Les premiers revers éprouvés par le duc de Savoie Tavalent obligé de resserrer plus étroitement ses liens avec les alliés : le 20 octobre, son agent à La Haie avait conclu avec l'Angleterre et la Hollande un traité par lequel ces deux puissances lui promettaient (quelques subsides, et lui, de son côté, s'engageait dans la Grande Alliance pour le rétablissement des traités dp Wct![ li lie et des Pyrénées. Par un articlo secret, il accordait l'abolition de ses édits contre les Vaudois et la liberté religieuse pour eux et pour les réfugiés français qui s'établiraient dans leurs vallées. Une partie du subside devait être employée à solder Vaudois et réfugiés*.
La guerre continentale, envisagée dans son ensemble, avait donc tourné jusqu'ici à Favantage de la France, quoique, par la Drate du gouvernement français, ses ennemis se fussent accrus en nombre et ses succès n'eussent pas produit tous leurs fruits. Les alliés, de leur côté, n'étaient pas encore suffisamment éclairés par les souvenirs de la guerre de Hollande, et les rivalilés, les tiraillements, les prétentions el les calculs perso mu la des princes .ilieuiundi» avaient mis dans leurs mouvements une lenteur et des embarras qui avaient fort contribué à paralyser la ligue sur le Rbin et à la faire battre en Bclpriqife.
Des événements plus éclatants encore et de plus grande (oiiséqucnce se passaient pendant ce temps sur les côtes d'Anukierre et d'Irlande. Au mois de mars, l'escadre de Brest, forte de trente-
V DwBOvt, t. Vn, s* put., p. 27-2.
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six vaisseaux de guerre , transporta de Brest en Irlande six à sept mille soldats français, avec une grande quantité d'armes et de munitions. Quelques semaines après, elle ramena en France les
troupes irlandaises que Jacques U avait promises à Louis XTV par
voie d'échaiii;L'. L'aliLL cl le retour de Tcscadre s'opérèrent sans difficulté. Les marines anglaise et iiul landaise avaient récomment soiifTerl d'une tcnifjôte qui avait valu pour elles une bataille perdue : les Anglais avaient eu huit vaisseaux de guerre et pius de cent cinquante vaisseaux de commerce naufragés , et ne s'étaient pas trouvés en mesure de disputer le passage aux Français.
L*expédition d'Irlande n'était que le début de la campagne. On avait de plus grands projets. Brest, après le retour de sa puissante escadre, vit succesâvement arriver dans son port l'escadre de Toulon, amenée par Château- Renaud, qui avait franchi le détroit de Gibraltar en présence d'une escadre alliée supérieure en forces, puis toub le» navires disjiofiiljles des ports du Ponant, et enfin quinze galères construites en trois mois à Rochetort par ordre de Seignelai , qui voulait essayer d'utiliser sur l'Océan cette sorte de navires que le calme n'arrête pas. Le ministre de la marine déployait une activité dont on cite des traits fabuleux *. Le 23 juin, la flotte française, au grand complet, sortit de la rade de ^est, sous les ordres de Tourville, nommé vice- amiral du Levant à la fin de 1689 : elle comptait soixante- dix -huit vaisseaux de guerre, dont soixante -trois au-dessus de cinquante canons^. Les c(jtes de France n'avaient jamais rien vu de si terrible ni de si magnifique : Seignelai, oublieux des maximes de son père, (jui voulait à bord de nos navires de guerre une mdlc simplicité, les avait surchargés d'un luxe ruineux : le vaisseau atniral k lioyal-SoUU était pavoisé d'enseignes de cinquante pieds et de flammes de cent trente et cent quarante pieds en damas brodé *. Heureusement que ce faste
1. Un prétend qu'il fit construire, cartner, grt-er, iiultcr et luolire ;i la voile, en neuf heurea de tcw|>i>, a Tuulou, une frégate de 40 canoné; qu à Maracilie, il tii meitiv wir ohaaUer, q^aaXf hmim wHiiiaiit, la qalll* d\me galAi*, et qn'avuit midi,
U sortit du port tut (Mtte galère gréée et année. Nous avong peitn à citer des fait4 aussi étmn^e^, qnoiqne nous le4 trouvions dans OU historieD sérieiui, M. L. Guctio, UiêtQire mariltmt de France ^ t. 11, p. 17.
2. Noua auivoBB Tëtai donné par Quioci, t. II, p. S19; oelni d« M. £. Sun ne mauttonne que 64 vaiMsaux.