L*ORDRE DU TABLEAU
spontanéité aux générauiL en chef, pour annihiler leur influence sur rarméc et pour assurer leur dépendance absolue du ministre,
éliùl excciisil tt diiu^^eroux : Louvois alla jusqu'à appliquer le principe de l'ordre du tableau aux ( oiiimniKhMiienls siibailernesen t<'mps (lo guerre ; le général en dwï n'eut plus la libel lé de clioisu' les ul'ficiers <rénéranx ou supérieurs .luxipiols il confiail les délachemcnts et lus exjjédilions : chaque ollicier eut droit de marcher à son tour '. C'était siippriuier rémulalion et décourager le talent: c'était méconoaitre Us supériorités naturelles ou acquises après avoir détruit les supériorités factices. Il y avait à prendre garde de réduire Torganisation militaire à un ordre purement mécanique : c*est là, en général, le grand, le redoutable écueil de Tunité moderne qui a remplacé la vie désordonnée et diffuse du moyen ftge.
Le roi remplaça Louvois par son second Als, le marquis de Barbezieux, Jeune homme de vingt-quatre ans, ou plut6t il se fit lui-
même ministre de la guerre, car il enjoignit aux généraux de lui adresser dorenavdul h in s dépêches en droite ligne, l'ar une singulière contradiiliun, Louis XIV rétablissait, au profit do ses secrétaires d'État, cctlc liéivdilé des cliai'^res qu'il avait prose ritr dans les i^ouvernt'iuenls niilitaii'es. Le sNstiinc avnit réussi deux fois, avec les lils de Le TeUier et de Coibert, avec Louvois et Seiguelai, et n'avait souffert d'excej)lion qu'envers le lils de Lionne, écarté pour son incapacité notoire. Le Ois aîné de Louvois Tut aussi écarté pour bi même raison, mais au protit de son cadet, jeune homme vif et actif, mais aussi présomptueux qu*insuflisant à une si grande chatge. Louis aimait les ministres jeunes, parce qu*îi croyait les former, U prétendait tout créer autour de lui, les hommes comme les choses. H croyait avoir fait Louvois et Seignelai, et regrettait, pour ainsi dire, d*avoîr trop bien réussi ! Depuis Louvois, il n*eut plus de ministre supérieur et ue lui plus gouverné par aucun
1. Ces ooounandements à tour de rôle andent th^à été eo imge, et c'était Tareona qni les avait fait remplacer par le libre cliuiz dn itérai «n chef. V. Eloge de M, iê Turenne, par Saiiit-Evretnont — Saint-Sinioii a raison sur ci* point et aussi rentre ,leB corps d'élite de la maiBun Uu rui, coutre les compaguies de soldats ufficiefs, pépinière d'olBciers fénéraox qui ne wvant pas leur métier, parce qnlb n'ont jamai» fuit que le service d'o01ater» iufi^rieura. — Rappelen», avant de quitter Loavois, qu'il loiMia ie dépil dt la gum9 eu HàVH.
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ministre; mais la double influeiice, d'abord alliée, puis rivale, de Maintenon et du confesseur, s'en accrut d'autant. •
Les peuples, qui regardaient Louvois comme le génie de la dévastation, conçurent quelque i-spoir de paix ;iu bruit de sa mort. On savait que la Suède avait, dès rauloinne de 1690, offert sa médiation à l eiiipereur et à la Uuilande. Le pape Alexandre Mil avait déjà terminé son éphômère pontilicat (i" fév. 1691), conformémeut aux espérances de ceux qui Tavaient élu à cause de son grand ftge, et il avait été remplacé, le 12 juillet, par le cardinal Pignatelli, qui prit le nom d'Innocent XII : quoique ce nom d'Innocent fût de mauvais augure pour la France, le nouveau pape témoigna désirer vivement la pacification générale et adressa, sur la lin de l'année, deux brefs dans ce sens à l'enipcreur et au roi d'Espagne. Les deux chefs de la maison d'Autriche répondirent en récriminant aigrement contre le roi de France et en revendiquant les traités de Westphalie et des Pyrénées. Une grande victoire remportée, le 19 août, à Salankemen , par le prince Louis de Bade sur les Turcs rendait Léopold plus obstiné que jamais, quoique cette victoire chèrement achetée n*eût pas eu beaucoup de résultats.
Pendant que le pa|)e faisait cette démarche inutile, Louis XTV,
de son cùlé, avait ollert secrèiement au duc de Savoie' de lui rendre le domaine utile de tout ce qu'il lui avait enlevé, eu renaettant, jusqu'à la paix ^^énérale, Nice et Villefranrhe à la garde des Suisses, Montin(''lian, Suse et môme Casai à la garde du pape ou de Venise, l'Italie rentrant dans la neutralité (déc. 1691). Cette modération surprenante annonçait un changement de système *. Si avantageuses néanmoins que fussent ces propositions, par lesquelles Louis réparait les offenses de Louvois et renonçait à de si utiles conquêtes, le duc de Savoie refusa d'abandonner la poli* tique ofïensive de ses alliés. La maison d'Autriche persistait à vouloir entamer la France par le siid-est et voyait de pjus dans la guerre des Alpes Toccasion de dominer et de rançonner les étals; italiens.
Louis, d'un côté, et ses ennemis, de l'autre, ne songèrent plus