‹ Historie De FranceChapitre 52 sur 168 · MADEMOISELLE DE LA TOUR-DU-PIN · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE LA TOUR-DU-PIN

milices, s'étaient jetés dans cette petite c'iié montaijiNiKliM't la défendirent avec une grande énergie. La place, quuitiue doiiuin i inune montag^ne voisine, ne se rendit, le 19 août, que faute de munitions. L'avant -carde des ailirs entra le lendeinair» dans Gap, qu'elle trouva évacué par les liabitants et qu'elle brûla. Tous les environs avaient été abandonnés par ordre du roi et furent rava^î^és et incendiés en représailles de la dévastation du Piémont et du Palatioat. Là s'arrètèrenl les progrès des alliés. Le duc de Savoie fat retenu à Embrun par la petite Yérole : Gatinat, qui s*était porté à Grenoble, vint prendre à Pallons, sur la Duranoe, au-dessos d'Smbron, un poste excellent d*où U couvrait à la fois Briançon et Grenoble et menaçait les derrières de l'ennemi. Les nouveaux «mverUs, contenus par les milices, ne remuèrent pas, quoique le duc de Leinster (Scfaomberg) eût accompagné te duc de Savoie avec quatre mille réfugiés et Vaudois, et qu'il eût répandu, au nom de ijiulhiiiiiK III, une proclamation où il appelait les populations à la révoUe. Il assurait que Guillaume et ses alliés ne voulaient iiue rendre à la noblesse française sou aneienne splendeur; aux pai lements leur première auionlé, au peuj>lc ses justes dicils Les populations dauphinoises se levèrent, au contraire, pour repousser l'invasion, et harcelèrent les agresseurs par une guerre de partisans que dirigea une jeune héroïne, dont le nom mérite d'être conservé par Tbistoire, mademoiselle de La Tour-du-Pin ^. Le duc de Savoie se sentit perdu s'il attendait Tbiver de ce côté des Alpes : il repartit d*Embnm, trèssouffrant encore, le 16 septembre,

1. Hume, Guillaume ill et J/nm, l. lit. C'était le langage fameux pamplilets faititidés I éhupirt dê fa Franc» meJtM aipfn 0pri* m t^trti, «ttribn^ à Levaiwr, aiaii n oratoricti qui sitait fkit «nntttieil et «OgUcUl, «t publiés ou IloUaudd, de ISSS à XdH^, par Juricn, qui tronvait tonte arme bonne ponrvn qu'elle {un t:\t ronp eo; tre Louis XIV. Ces pamphlets, moiange singulier d'aspirations libérales et de tendances rétrogrades ven un pâmé vuA coimoi lonl eurtont cmnictériaés par cette baJne de la moderne unité politique et edministrativc qu'allaicut exprimer bUmt&t evec tant d'éiieriîie les Bouluiiivillierf» et Ipîs Saint-Simon. Il sutlit de le-; lire nu peu nttcntivement pour reconnaître qu'ils ne peuvcot^^ de Juricu, excepté peut-être tei^i trois on <|aetre dernitt* des quinze. Jaouds Jnriea tie se At exprimé sur Tégliae romeina comme on le fait dans ces pages presque calheliqttSS encore, et l'esprit politique et rationali'^te de ces ê<TÎts n'a rien do son audace mystiqui- ot npocnlyptiqae. V» SQV

. cette questiou, le UicUonnatre des Anonyinet^ de Barbier, art. J l ui EU.

2, Le roi lui donna mie pension comme 4 un clief militaire, et, & «a mort, en 1703, fltptaoeraon portmit et ses armoiries à côté de ceux de Jeanne Darc, à Saint-Denis. Mjons, sa patrie, loi a élevé récemment no monument (en itt44).

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après avoir démantelé cette ville» et rentra en Piémont par le col de TAiig^entière , moins difficile qae ceux de la vallée de Queiras. Il laissa seulement quelques troupes dans la vallée de Barcelonnette pour se maintenir en possession du col de TArgentière *.

L*incursion des alliés en deçà des Alpes n'eut donc d'autre ré< sultat matériel que la dévastation d'une partie du liant -Dauphi né; mais ce fut pour eux un succès d'opinion que d'avoir pu p*. lu trer en France; la position (iéfensive où les Français s'étiiient trouvés réduits avait achevé de nieltre l'Italie à la discrétion des alliés. L'enipereur exigeait que les princes et él.its de la Haute -Italie, Venise cxccjjtée, fournissent des contributions et des quartiers d'hiver aux troupes qu'il entretenait dans l'armée du duc de Savoie : ces états eussent bien voulu s'en exempter, et Gènes, malgré ses récents et terribles griefs contre Louis XIV, avait promis aux diplomates français de montrer l'exemple du refus. Une escadre espagnole qui entra brusquement dans le port de Gènes obligea les Génois de révoquer leur résolution. Le vice -amiral d*Estrées revint trop tard de Brest» avec l'escadre de Toulon, pour s'opposer aux Espagnols.

En Hongrie, les Impériaux avaient pris le Grand-Waradin; niais, malgré les efforts de la diploujalie anglaise, l'empereur n'avait pas \uulu proposer des conditions de [Kiix raison tiables, ui les Turcs accepter les e\i,i;vnrcs de Léopold.

Les résultats iniporl ants de la campagne de 1692 peuvent se résumer en peu de mots : Louis XIV avait fait h la B( l;.nque une nouvelle et profonde entame, mais il avait reperdu l'ascendant maritime récenunent conquis, avec l'espoir d'arraciier à son rival le trône d'Angleterre.

La France se mit en mesure de réparer ses pertes navales, de pousser ses avantages aux Pays-Bas et de prendre rolTensive en Allemagne et en Catalogne : les alliés se préparèrent à défendre le reste de la Belgique, à insulter Ifis côtes de la France et à lAcher de fermer l'Italie aux Français. Louis, dès l'automne de 1693, créa treize nouveaux régiments d'infanterie, plusieurs régiments de niiliccs alsaciennes, des conipa^^nies francbes, un régiment de

1. Uém. d« CftUiMt, t, U, p. 406. — SftInt-UilAin, t. II, p. 72. — Quimi, t. H,

p. di>7ô76.

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hussards, nrmo imporléc do Hongrie, et leva dp nouvrllcs troupes , auxiliaires en Suisse. Il fil construire ou réparer assez de vaisseaux pour rendre sa flotte plus puissante qu\tvant La Hougue et fit bùtir, entre antres, quatre vaisseaux dont le moindre valait le Soleil-Royal \ Les Danois, malgré leur accession à la ligue d*Augsbourg, lui fournirent des matériaux et même lui constniîiBirent des b&Umenls. La détresse des finances poussant le gouvernement au triste expédient de vendre les régiments et les compagnies, le roi voulut compenser en quelque sorte cette injustice envers les officiers capables et pauvres par un système de récompenses honoriliqucs, et instilua l'ordre militaire de Saiiit-Louis, |)ar édit du 10 mai 1693. L'ordre fut («jmposé du roi, grand-mailre, de l'héritier du ti ùne, des niaré<ljaux , do l'ainiral , du général des galères, de Juiil grand s-eroix , de vingt -quatie commandeurs et d'un nomljre illimité de chevaliers elioisis parmi les officiers ayant servi dix ans au moins sur terre ou sur mer, ces derniers devant être dnns la proportion d'un sur huit au moins. Une dota* tion de oOCOOO livres fut affectée à l'ordre. Le mérite et les services étaient les seules conditions exigées. Il n'était pas question de la naissance. L'ordre de Saint- Louis était donc une création démocratique relativement à celui du Saint-Esprit*.

Le parlement anglais, malgré ses discordes, accorda au roi Guillaume les plus forts subsides qui eussent jamais été votés en Angleterre. Le chiffre total atteignît 5 millions sterling, dont plus de deux pour Tannée de terre et rartillerie, et [)rès de deux pour la marine. On devait entretenir cinquante -quatre mille soldats, dont trente- quatre mille pour la guerre extérieure, et Ireiile- trois nulle matelots; de plus, le parlement c(JMS(>ii(il à proroger la convention suivant laquelle l'Angleterre jiayait ileux tiers et la Hollande seulement un tiers de la solde des trou|>es allemandes dans les Pays-Bas et des réfugiés français. Cette année marque une date

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