‹ Historie De FranceChapitre 54 sur 168 · Saint-Simon, 1. p. 111. ' ■ ' ' .■ ' • *• «• «i · texte numérisé non relu

Saint-Simon, 1. p. 111. ' ■ ' ' .■ ' • *• «• «i

{bttgntl*] qu*on enfonçait dans le canon du fusil après avoir tiré : Vanban D*m<riit

pas encore In vent»^ d'adapu r celte lame au canon sans empêt^Mflc tir , c'est-à-dîre de réunir l'arm» blanche à l'armo de tir < t <li> confondre en un seul combattant le piquier et lejiiuuâquetaire. M. Mac-Aula^ rapporte que le général écoasaû Mao>K»jr avait ou pnémê id^ dis 16^9. • . - • •

\imi BATAILLE DE K1&£RW1NDEN. 477

droite ennemie fut saliffée» mite en ftiite ou précipitée dans la Gheete. Les débris de cette aile gagnèrent Tillemont et Louvain. L'aile gaiiciie, évacuant Neerlanden, se retira en assez Iwn ordre, mais non sens des pertes cruelles, sur Loewe et Diest. Les rela-' ttons les plus modérées évaluent la perte des ennemis de dix à douze mille hommes restés sur le champ de bataille, sans compter tous ceux qui se noyèrent dans la Gheete : deux mille pi isuiniiers, soixante -seize canons, huit mortiers u obusiers, plus de quatrevingts drajicanx on étendards dotui urèrent an pouvoir du vainqueur. Le chef des réfugiés, Huvi;,Mii, s'était tiouvé un moment parmi les prisonniers : il fut relàehé dans l'instant et on ne fit pas semblant de le savoir. » Ceux qui l'avaient pris épargnèrent aux destructeurs de i'Ëdii de Nantes un grand embarras ou un acte odieux de plus

Les Ftançais avaient probablement perdu presque autant de monde que l'ennemi; si cher qu'eût coûté la victoire de Neerwinden, elle était si grande, que le général victorieux semblait pouvoir tout entreprendre* Bruxelles terrifiée attendait les Français. Guillaume, en réunissant les débris mutilés de son armée, ne devait pas avoir trente mille hommes. D semblait que Luxembouiig n'eût qu'à marcher sur la capitale de la Belgique. Il ne le fit pas. Il laissa à Guillaume le temps de se réorganiser dans Bruxelles, d'y recevoir des secours de Hollande et de rappeler le corps envoyé contre la t landre IraoLaisc;. l^a conduite de Luxembourg n'est pas sulfisanniient expliquée. L'année, dit-on, ma ïquail de vivres; mais, dans ce ^j-as pavs de Brabant, l'obstacle n'ertt pas été sans doute insurmontable. Uueiques mémoires contemporains aet us<;nt Luxembourg d'avoir voulu prolonger la guerre : on hésite à s'arrêter devant cette iuiijutation banale, répétée successivement contre tant de généraux célèbres : la gloire qu'eût value à Luxembourg la paix dictée dans Bruxelles à la coalition européenne eût certes bien compensé pour lui la prolongation de son commandement. Quoi qu'il en soit, pendant tout le mois qui suivie la bataille, l'armée victorieuse ne fit pas autre chose que de mettre k contribution les campagnes et les petites villes du Liégeois el«

l. Saint-Simon, t, I*', p. 101. — >aint-Hilairc, t. II, p. 96. — Ik-rwick, t. I", .p. lis. — Qoinci, t. H, p. 616-644. — Uae-Aulay, GwlldiMW IH, 1. 111, eb. 2.

478 LOUIS XiV am]

du firabant espagnol et hollandais; ce fat seulement le 9 septembre que les Français investirent, iion pas Liège ou Bruxelles (il n*était plus temps), mais Gharleroi. Cette ville, fortifiée par Vauban tandis qu'elle était en la possession de Louis XIY, fiât mieux défendue que ne Tavait été aucune autre place des alliés; la garnison ne se rendit que le 11 octobre, quand clic se vit réduite (le quatre mille cinq cents hommes à doii/e cents.

Ce n'était pas \h un ivsultat suffisant de la vietoirc de Nccrwindcn, ni surtout du vaste déploiement de forces étalé i)ar Lnuis "XIV au commcnceinenl de la campa«jrne. 11 sem])le que les résultats s'amoindrissaient à mesure que les armées au^^mentaiont. Ou était déjà loin du temps où Turenne obtenait de si prodigieux succès avec vingt ou trente mille honuncs! Gharleroi n'était pas néanmoins une conquête à mépriser; elle assurait les autres conquêtes, en débarrassant complètement le pays de Sambre et Meuse et en reliant Mons et Namur. Toute la partie vrallonne des Pays* Bas espagnols, excepté la seule ville d*Ath, était entre les mains des Français.

C'était, comme on l'a dit, dans Tespoir de faire foire à son fils une campagne décisive en Atlema^e, que Louis XtV avait laissé

échapper de ses mains l'enliére conquête de la Belgique, La camjuiyac d'Allemagne fut aussi mille cpi u 1 oidinaire. Le maréchal de Lorjres avait ouvei t les opérations sur la rive droite du Rliin avec une belle armée de quaruule-cinq mille hommes, dont moitié cavalerie. Il avait pris d'assaut lleidelherg, le 22 mai : la mallieurcusc ville, toute noircie encore des tlammes de l(j80, avait été livrée au pillage et incendiée pour la seconde fois. Toute la popuiulion fut expulsée sans vivres et presque sans vêtements. Le château, ou plutôt les débris du < lultoau, se rendirent à peu près sans coup férir, et les FranjQais y ijoutèrcnt ruine sur ruine, en détruisant tout ce que les alliés avaient rétabli de fortifications. La rapacité du soldai ajouta de nouv^dles horreurs à ces scènes de destruction ; les tombeaux des électeurs palatins furent fouîûés pour y chercher des trésors^ èt leurs restes furent jeiés m vent Lorges évaciu ensuite ces monceaux de décombres. Le toi ^mptaltqtt^ profiterait de sa supériorité pour prendre Ilcilbron et battre ou rejeter au loin Ic prince Louis de Bade, sans laisser le temps au

iimi ciiarleiioi/heidelberg. 479

prince Louis de recevoir les renforts nombreux qui étaient en marche *. Lor<;es lioiiva des tlitlicultés à tout et ne Ht rii-n, jiis- ,(]U'à la jonction avec le (l.uij)liiii, (pii aFiiena de Flandre une vingtaine de mille iiomuies. On n agit pas plus vivement après la jonc* lion : oû passa le Neckcr ; on menaça le camp où le prince de fiade avait réuni près de Heilbron toutes ses forces, très -inférieures à celles des Français; la position étant inattaquable de Iront, on n'essaya {las de la tourner, et Ton se contenta de ravager le Wiïrlciiiljcrg pour tout exploit. Dès le commencement de sep- Itiubro, quelques troupes rctouruci-enl aux Pays-Bas; d'autres furent expédiées eu Piémont, et le dauphiu retourna joindre le roi à Versailles : la campagne n'avait pas été plus brillante pour le fils que pour le père ^.

Si Tannée 1693 fut désavantageuse à la gloire personnelle de Louis XIV et le vit perdre la chance qu*il avait eue de terminer la guerre par un grand triomphe, cette année fut loin toutefois d'affaiblir rasceudaiit des armes ri'aiu,aiscs : la France eût pu tout ^a^ner; elle p:ngna quehjue eliose et lit quelques pas eu avant.

Comme Tannée précédente, les ennemis avaient pris TolTensive du côté des Alpes. Dans le courant de juin, un corps espagnol, venu du Milanais, avait commencé le blocus de Casai; dans la seconde quinzaine de juillet, le gros de Tarmée alliée, sous les ordres du duc de Savoie, marcha sur Pignerol. Le duc avait eu d*abord le projet de rentrer en Dauphiné par la vallée de Barcelonettc, mais les Français l'avaient prévenu; un corps détaché par Caliïiat venait de chasser les Piémontais de cette vallée et de fermer ainsi aux étrangers la frontière française. Câlinât, récemment nommé maréchal de France V protégeait Pignerol avec une armée très-inférieure aux ennemis et harcelée par les barbets. Le duc essaya ^e le toomcr afin de pénétrer en Dauphiné ou. en Savoie.

1. L'électeur de Saxe, ébraoK^ ia Uiplomaiie frauraUe, avait re^^né par rempereur r^t avait promis douxc- luille »oldaU , moyetiuant 400^(>UO reichthalerH pftj4'Â)iMttilë pàr l'An^ete^'èt TaiHbttÉtidtf.

\ t, U, fi. ^M6^. — Larrd, % fi, p. 185.

i. I.e roi avait f:\it, lé 2t liian. Une proniotiun <li' sop't maréchaux, nntro lesqucl» ' CaiLnai et TourviUe. L^è vi(té*fcttlAi4ux étant supédeurf» aux licntoiiai^Vi-^pnéraux,

^uiTttmt •« nwféeliilat.

m Lôifi« xrv. 11699)

Catinat se replia sur FenesftreHos et couvrit la frontière, mais en découvrant Piguerol. Le duc init le siège devant Pignerol, Catinat s'était tié à la bonté de la place et au courage de la garnison : révénenient le justifia. Deux ijrands mois s'écoulèrent : Pignerol ne se rendait pas; Catinat, immobile dans son camp de Fenestrelles, s'y était renforcé peu à peu. Le 27 septembre, il fit passer à son armée les cols abropts qui Séparent la vallée du Gluson de celle de la petite Doire et se porta de fenestrelles à Bossolliio, au -dessous de Suze. Le 29» il entra fc ÂTigliana. La gendarmerie (grosse cavalerie d*élite), détachée de Tannée d*A!« lemagne, le Joignit le 1*' octobre, et SI descendit dans la plaine du Piémont avec prés de quarante mille hommes, dont au moins quinze mille cavaliers. Les partis françds allèrent saccager le fina'ie (banlieue) de Turin et, sur Tordre exprès du roi, brûler la belle vilJa du duc de Savoie, la Vénerie, pour venger la dévastation du Ha it D luphiné, qui n'avait été elle-même qu'une vengeance de la dévastation du Piémont.

Le duc de Savoir leva trop tard le siège de Piirnerol pour pouvoir regagner Turin. Les Français étaient déjà entre son armée et sa capitale. Il ne put ni é\xler le combat ni choisir son champ de ha faille. Le 3 octobre, les deux armées furent en présence, près de la Marsaille {MarsajUn) , entre les deux petites rivières de la Glsola et du Sangone. Le duc de Savoie eût pu établir fortement sa gauche en se saisilssant deshautetu^ de Piosasco ; il ne le fit pas, ne sut pas davantage appuyer sa droite au Sangone, et se contentât ' de 8*épauler contre de petits bois qui n'étaient pas même impénè-' trahies à la cavalerie. Catinat profita dé cette double feute et te mit en mesttt« de MMtéat è la fon Tenhemi sur les deux flancs. Le lendentaîn matin, 4 octobre, 1e»*Praiiçaîi attaquèrent sur toute la ligne. Le centre des ennemis était proté;ré par une longue haie fossoyée : cet obstacle fut fnincht par i armât en personne, tandis que l'aile droite des Français tournait l a gauche des ennemis, formée des troupes ospa^Tioles. L'infanterie culbuta escadrons et bataillons à la h.iforiri« Ue et sans tirer. C'était la prcnnèrf* fois qu'on voyait rinianteric charger la cavalerie au lieu d'en attendre le choc. La gloire de la baïonnette française, commencée à Neer* windeo, fut consommée à La Marsaille, avant môme que labaion*

BATAILLJ^ 9% LA MiARSAlLLE. 491

ucttc eût reçu le dernier i>crrcciioiincva)Qnt qui devait faire du l usil raï aie |)ar excellence.

Sur Ja gauche, la victoire fut iilirs diaiuUee. Le duc de Savoie, à la U^te de ses Pit'iuoiUais et d'une partie des Impériaux, lit d'abord plier la première ligne française; mais la pcndarinf i ie, qui faisait k seconde ligne, rompit la cavalerie alliée juir des càacget ten:il)le9<fit prit en flanc l'infanterie de la droite et du çentre enncoii, que rinfantenefruiçaise attaquait de front* Aile* mands, Vaiulois, sébi^ié» hugafnolfi» furent enfoncés et taillés en pièoes apri» im coiiKi^eiise résistance. Schonibesg, dac de Leîn- $ter« resta lilessd à mort sur la ehainp de hataiUe, qae coumîeiit Wt ou neuf mille enoenus et deux miJle Français^ Deux mille inrisoimiers, une trentaîne de canons et plus de cent drapeaux ou étendards toml^èrentao pouvoir des Français.

Cette grande victoire, comme celle de J^eervinden, eut peu de conséquences; niais on ne saurait en faire un reproche àCatinat : il n'avait ni argent, ni équipa^j^cs de sit^t;, et nv put attaquer ni Turin joi Coni; il dnl se contenter de mettre le Piémont à contribution, A la nouvLlle de la Uataille, les ennemis avaient levé le bIo( Li^ de Casai, en abandonnant leur matériel et leurs munitions. Au mois de dctunibre, la plus grande partie de Tannée victorieuse retourna hiverner en Dauphiné et en Provence *.

; £u CiUaiogne, le maréciud. de ^{ioailles avait obtenu un succès de quelque importance parlaconguôte de Roses [Rosas) (27 mai-9 Juin), tordre .d'^voyer du renibrt 4 fiatinat empécfaa Moailleade pousser, ses avantages*

,ù viiice-amiral Victor-Marie 4*fistréai^,qui, am Tescadre de la H^ditcRrané^, atVai|.coopéi^ à la.pr|jie,de|iefii«» appareilla ensuite pour rcjoin4re Tourvilleet4a fletle deiBrest sur les cAlaade Portugal : Unerey^i^iût p(^ TourviUeA temps pour prendre part aux important$ événements maritimes qui s'aiccomplissaieut en ce moment même.

Petit-Renan, k Vaulttui de nos armées de mer, avait supr^rén» au conseil du roi un plan excclienl j»uur frajiper l'ennemi daiis son :en(|rpU ie. plus '«en^ihJ^, dw soii^copuaero^ navat. La flotte

ut 14OUI8 XIV* ami

anglo-bataTe 8*éCait «ssemblée de bonne heure à Spithead, afin de prot^'gcr le départ d*une grande flotte marchande, composée de tous les navires anglais, hollandais, bambourgeois, flamands, à destination de la Méditerranée et du Levant. La grande flotte française, de son côté, sV tail as-somblée à IJrcst; elle rompiail soixante- (Hizc vaisseaux de li^e, ce (jui faisait iiiiatre-vin^t-lroize vaisseaux à la mer, y rompris les vingl-di'iiv de l'oscadre de Toulon, qui avait de plus h ente [rnlèrcs. C'était ià celte marine que certains historiens nous dépeignent comme anéantie après La Iloufrue! Jamais la France n'avait déployé de telles forces navales. Tourville appareilla de Brest le 26 mai h l'insu des ennemis et fit voile pour la côte des Algarres, où d'Ëstrées devait le rallier et 011 tous deux devaient attendre- la flotte marchande ennemie. Trois semaines après, la flotte de Smyme, comme on rappelait, escortée par vingt-trois vaisseaux que commandait le vice^imiral Rooke, un des chefs d^escadre anglais de La Ilougue, partit des côtes d*Angleterrc pour le détroit de GibralUur. A peine s*était-e1le séparée de la grande flotte anglo batave qui Tavait convoyée jusque vers le golfe de Gasco^e, que celle-ci fut informée du départ de Tourville. Des corvettes d'avis lurtnl expédiées en toute Ixàie pour rappeler l'amiral Hooke; mais la flotte umcliande, poussée par un bon vent, avait déjà livip d'avance; on ne put la rejoindre; elle alla se jeter tout droit dans les oiains redoutables nui l'attendaient. Tourville, depuis les premiers jours de juin, était en panne dans la rade de Lagos, derrière le cap Saint- Vincent, barrant le pas» sag^e du détroit.

Le 26 juin, ToorvUlc, averti de l'approche d'une flotte nombreuse, prit le large» alin de ne combattre qu*à son gré et à son avantage. Ge mouvement lui fit perdre le dessus du vent et, le lendemain, quand il fut essoré de n'avohr affaire qu*à la flotte de Smyme, il fut obligé de louvoyer pour regagner le vent. Les ennemis profitèrent de ce délai pour avancer vers le détroit. Néanmoins, sur le soir du 27 juin, les meilleurs voiliers de la flotte française atteip^nirent l'arrière-gardc ennemie. Deux vaisseauv de guerre hollandais lurent pris après une courageuse défense; un vaisseau de cruerre anjïlais fui brûlé. Pendant la nuit, ravantf-gaixle française tourua l'arrière -garde cn/i^e ut

(1CM] hK FLOTTE DE SMYRNE. 189

renferma entre elle et la terre. L'amiral Rooke, sentant ta résistance impossible, prit la Tuite au large avec la meilleure partie

de Tescorte et un pelit nombre de navires marchands, abandonnant à son sort le reste de ( clU^ malheureuse floUc. Les bâtiments de commerco i|tii avaiont gagné les devants se réfugièrent dans U s [lorls (1p la cùli? ('si)n;:nr)l(\ La journée du ?8 juin offrit un elTiayanl spectacle : les nonihrcux bAtimenls de l'arrière-garde ennemie, enfermés dans un (ieini-ci'r( le do Hm qui se rossrrrait toujours, sautaient ou amenaient leurs pavillons ies uns après les autres. Toute la mer semblait en feu ! Le lendemain, Tourville se porta sur Cadix, où s'étaient réfugiés une trentaine do vaisseaux ennemis; deux vaisseaux, qui n'avaient pas eu le temps de gagner le port, furent brûlés sons le canon de la ville. La flotte française, ralliée devant Cadix, y fit le compte de ses terribles exécutions : elle avait détruit quarante-cinq navires et en avait pris vingt-sept. Jean Bart, le roi des corsaires, en avait pris ou brûlé six pour sa part. Beaucoup de ces vaisseaux marchanda étaient armés de trente, quarante et jusqu'à cinquant&canons et au-delà. Tourvillc ne s'estima point encore satisfait. Il passa le détroit, lit pif mire ou Lrùler sous Gibraltar iiumiic une rpiin/aine de vaisseaux fugitifs, et alla en personne forcer le poi l de Malaga et y détruire encore quohjiK^s débris de la flotte alliée. La perte totale (les alliés fut de près de cent navires Cl de plus de 30 millions. La llougue était vengée?

Un an après La Hougue, le gouvernement de Louis XIV put, sans forfanterie, consacrer une médaille à la splendeur maritime de la France [splendor reinavalis) et y montrer Ut France, le trident à la main, assise sur le char de Neptune.

Rien ne pourrait exprimer la colère des Anglais, frappés à la (bis dans leurs deux passions tes plus âpres, Tintérftt et Torgueil. La c|iambre des communes vouli^t mettre en accusation tous les amiraux! L*amtraulé anglaise essaya de donner satisftiction à Poplnion publique par une éolslante vengeance. Saint-Malo ft Dunkerque, ces deux formidables nids de corsaires, étaient, parmi les commerçants et les marins de l'Angleterre, le double objet d une haine qui allait jusqu'au délire : les Malouins, à eux seuls, avaient peut-être, depuis le comniencemeut do la guerre, enlevé

m LOUIS XTV. (tSMI

aux alliés doux mille \uil» s! L'nnuiauté fil sea'ètement construire, un funne de vaisseau, une etïroyahle machine inlornal»;, destinée à ranéantisscmcnt 4ie Saint-Malo. Le 26 oevenibre, uue escadre de vingt-cinq vaitteaux anglais fiarut en vie de Saint* Halo. Le gouvemeor de Srolagiie , la noblesse, les marins, les milices des environs, aecourarent pour repousser h descente attendue. Les Anglais se saisirent de quelques petits postes, jetèrent qoel fines l)()inlM»s, puis, tout à eoup, le 30 novembre an soir, ils lancèrent ienr machine. Pertionnc no siuiiiçonnait le danger dont on ^'tait menacé. Déjà ie> vaisseau mlernal n'était plus qu'à portée de pistolet des murailles, quand, par bonheur, il échoua- sur nne roche et s'ouvrit : ringénieur qui l'avait construit y mit le fen an hasard, et hi machine lança, non sur la ville, mais sur la campagne, Téponvantablo mam de fer et de feu cachée dans ses fliincs. L;i commotion brisa toutes les vitres de (a ville et fit croul<M* une partie des toitures et des murailles ; mal^ il n'y eut d'autres victimes que l'auteur même de la macliine et ses matelots, qui avaient été mis en pièces. Cet ingénieur était un réfugié huguenot. Le lendemain^ l'escadre anglaise «'éloigna, sans tenter d*aatre entrepriso.^ : t, .

Rien n*avait réusâ aux Anglais cette année-Uu Dans la eam^ pagne précédente, tls«vaient fi^t une tentative malheutense contre la Gimdc'loiiiie. Au mois d'avril, une esradrc anglaise jeta quatre mille soldats dans l'île d»' la Mar(iiii(in»\ nu lond de Cananville, près de Sûint-Pi(MTe : le ^^ouverneur-gcnéral des Antilles fi'aoçaises, Blenac, battit l'enBcmi et4'oliiigea de se rembarquer. La même escadre n*etit pas plus de succès, au -mois d*août, contre Plaisance de Terre-Neuve ' .

Les IloUandaîs avaient été pkis heureux dans Tinde : ils étaient lîarvenus à nous enlever Pondichéri, possession lointaine qu'en raison de \vuv puissance coloniale, il leur était plus ladie d'attaquer qu'à nous de dL'r< iidi e (5 octobre). - «

L'année 1693, pris»- dans son ensemble, était donc encore pour la France une année de victoire; mais Louis XIY «eût voulu en profiter que pour (Mtger ses ennemis à la paix. Les Avances qu'il

1. L. Guênn, t. Il, p. 7.< ^1. — <;»nitt-( "n.i\, t. II, p. Cû-70. — Quinci, i. U, p. 705-721. — Ilume, Gutilaume ill tl Mane, hv. IV» ' -, '

(I60lj MA1NT£N0^ t'I AMIS. 4j85

axait fiiilcB infruifitueuseinenLaa.duc de Savoie avaient déjà indiqué la modification profonde, qui s'opéraiit dans ses dispositions. Déverses omiscs exençaieni siiônltanément kur action sur son esprit et suF s» conadenoe, Louvois n^était plus 1& poor exciter

perpétueilement se^y passions et lui prèdier rinflexibilité au nom , de sa glcjire : 1 uiiluLiicc opposée, celle de iiudaïue de Maintcnou, jiesaiL dorénavant sans contre -poids el sans relâche. Seule, madame de Mainlerion eûl agi un jxni luollemenl; sa Jijélicuieuse prudeiiee eraignail trop de lV<jissi r le roi ; mais maduuie de Main* tenon élait poussée, presser pur ses amis, dont quelques-uns agissaient d'ailleurs personnellement sur le roi : le duc de Beauvilliers surtout \ était en grande eslime auprès de Lpuia, qui, Tavait iiit, jeune encose, chef du conseil des iinauces et gouvemear du duc de fiouii^ogne, Tainé des fils du daupiiin» On a déjà parlé de cette espèce de Ufiie du Wsn puMta qui s'était formée autour de -madame de liaintMion ; ce' parti de la modération et des gens d» tkn, animé des sentiments ks plus bmnains et les plus chrétiens, forlaît jusqu'à Texcès les> tendances contraires à la guerre et aux oonquôies; c était, jusqu'à tm certain. point» la tradition de Colbert, soutenue par ses deux gendres, BeauviUiers et Chevreuse, contre la politique de i^uiivois, mais la tradition de Colbert modifiée, altérée par l'esprit duvot, [lar la timidité des vues, pai une intelligence iii^utlisantc des intérêts d'Etal et du rôle de la France en Europe. La conununaulé de s\iiipa(lup pour les souffrances populaires rattaeliait à c(*s homiucs d'une vcitu un peu étroite «deux grands citoyens, deu^ guerriers philosophes, aussi hicn intentionnés qu'eux et fort supérieurs en luxnières, Catinat et Yauban ; mais ce n'était pas de Vauhan»e(.de Catinat que Beauvilliers, Oievrcuse et madame de iMaintenoB elle-mén^e recevaient l'inviuJaioni.' c'était ^'uQj gjânie .lieaivomp p^s éclatant et.pliis uM\ mm ^meiios ;aûtr.> qui awançaîi par esfurit do système les maximes qu'adoptaient se5,amîe par le scrupuleid'une conscience 4imor4o. Séoelon, |iréce|kleur du duc do Bourgogne depuis 1699» < élaitt J'àme . de 'Yiette i société,! > qui dovimail un jiarti politique . et qui , comme le.diirf«micliement Fénelon dans sa correspondance avec madame de Maintenon, assiégeait le roi pour le g9itverner,

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