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cru lai-mème, à tort ou à raison, reconnaître que des unités simples, telles qu'il définit ses monades ' , ne peuvent naturellement a^r les unes sur les autres*. Pour expliquer les relations des êtres,
il s'est (lune trouvé obligé de remiil.icer riiyiiotliésc de Desearles sur le mouvement perpétuellemenl donné de Dien par une autre hypothèse transcendante : c'est la fameuse harmonie prèclablie de Dieu d'abord entre les êtres, puis, dans les ôlres, entre les pensées et les mouvements, entre les monades qui pensent et les monades qui agissent, entre les âmes et les corps, en sorte que toute volonté de l'Ame ait pour correspondance un mouvement du corps , bien qu'il n'y ait pas de cuaimiiiiicalion réelle entre eux.
Li théorie des forces, moins dans ses jirofondeurs métaphysiques, peu explicites et peu comprises, que dans ses applications pratiques aux phénomènes, a d'abord en France le sort de l'attraction newtonicnne : on la renvoie aux entéU(^ies d'Aristote, aux fmnes substantieUes des scolastiques Comme Tattraction , elle aura son jour; elle reviendra triomphante et dominera sur toutes les sciences de la nature.
En paiTouraiil d'un j apide regard la sphère des sciences, nous sommes arrivés de la physiijue à la philosophie générale, sur les pas des deux grands génies de l'Angleterre cl de l'Allemagne. £n métaphysique, la France avait encore, comme nous le verrons tout à Theure, un esprit de premier ordre à opposer aux nations rivales*. L'état de la philosophie offrait en France un singulier contraste: le cartésiasnisme, réprnaiil presque sans conteste sur les intelligences, jouait vis-à-vis du deiiors le rùle d'une puis-
1. Simples dans c e sens qu'ellof •oolMaiil pwtÎM, W là f dittingiM les deux principes J'attivit"' et de jm^>iv"t'^.
2. Gturdano Brano avait autrefois voulu résoudre cette difficulté eu joitmant des aWtnes malérieU aux monade* ou uuitiia immatérielles qu'il avait aussi coïK^ues.
8. V. àKOâ let Êtogt$ de Fonlenelke les articles LÊtBK^s et Newtosc. Leibnis avait marqué var t.i découverte de Newton Tempreinte de son {^énie; sur le seol bruit de la découverte, il en refit tuute la théorie par le calcul différentiel sans avoir lu le livre de Newton ^ur l utlraction Pt les forces, xmez Bordn<«-r>pmoulin; le
Carlésiofiitme ' — lieoouvicr, àlaumi de iihtluiophie moderne, et L m-y l 'p die nourelle,
«rt. FoBCS. Biot, Bio^rspMt «nlp,, ait. LstBsris et Ncimni. A. Jacques, FféfàM aux Œuvre* ât Lêitttit, F. Morin, PMottfpkk det «citarc«, sp. R$9ti$éê Parit
du 15 jtiill.'t
A. Kt enL'ore ne parlons-nous pas dos hoinines qui n avjiient p(jiiit la métaphysique pour principal objet bt qui furent grands mctaphjsicicus, à 1 occasion, quand ils tiwihimtrétre, tels que Bossuet et Fénelon.
«66 LOUIS Xi V. nm-im]
snncc établie qui défend son auiorité contre l'invasion étranprôre; • pendant ce temps, il était encoi o pei*s6cuté au dedans par les puuvoirs politiques et religieux. L'univert^ilé et les jésuite?, ces vieux adversaires, s'étaient coalisés contre lui; en IG71, Tunivcrsilé avait présenté requête au parlement pour faire défendre qu'on l'enseignât dans les collèges. Antoine Arnaud intervint par la di$* cussion raisonnée; Soileau, par la plaisanterie, et tout le monde connaît Varrét burUsqw qui contribua sî fort à prévenir un arrêt sérieux. Boileau, en prenant si vivement parti pour Descartes contre Aiîstote, prouva que son adoration des anciens n*étatt rien moins qu'un aveugle féticbisme. L'enseignement cartésien n*eut qu'un bien court répit. lies ennemis de Descartes, n'obtenant rien du parlement, s'adressèrent au rot; un arrêt du conseil défendit aux oratorlens d'enseigner la nouvelle philosophie (1G75). Les oratoriens réclamèrent. Le parleniint, par une exception trèsremarquaijle à son espi-it Iniditionnel et routinier, accueillit la réclamation. Le roi cassa l'anél du parlement. L'Oratoire dut se soumettre et s'engager à enseigner, conlorménient au vieux péripalctiMue seoIasli(iuc, que l'étendue n'est pas la pure essence du coi'ps, que la pensée n'est pas esseulicllc à l'ànie, qu'il existe du vide, etc. tiCS jésuites ne se contentèrent pas d'avoir fait proclamer, de parle roi, la réalité du vide : tandis que le fanatisme calviniste persécutait le cartésianisme en Hollande , un jésuite dénonça la philosophie cartésienne à l'assemblée du clergé de France, comme favorisant les erreurs de Caîoin sur la question de l'essence et des propriétés du corps. La doctrine qui nie que les accidents ou modes existent ta dehors de la matière qu'ils modifient, était incompatible, disait*on, avec le mystère de la transsubstantiation, qui veut que les accidents subsistent ai)rès que la matière a disparu. Bossuet étouffa ce redoutable déhat; mais les conférences de Régis, qui avait i)ro|)ai;é le cartésianisme par sa parole éloquente dans les doctes eil» s de Toulouse, d'Aix et de Montpellier, furent interdites à Paris par l'archevêque Ilarlai fU>80^ Quelques années après, la Sorbonne lança un décret contre la philosophie uouvcUe (1093)'. On put bien prohiber
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renseignement oral, niais la prohibition n'alla pas jusfju'à proscrire les livres. Le carlésiunisnie avait partout tic trop puissants appuis, et Louis XIY eût craint de faire tache à sa gloire. Les arrêts du conseil, les décrets de la Sorbonne, eurent aussi peu de résultat que la polémique des sceptiques par dévotion» tels que le savant évèque Huet et le Jésuite historien Daniel, qui trouvaient mauvais que la raison prétendit à quoique certitude en dehors de la foi. Ces attaques ne tirent qu'augmenter le succès de Ré^is, de ce vulgarisateur dévoué, devenu comme le chef d'une secte nombreuse et active qui répandait et commentait partout Descartes, sans rien ajouter, sans rien corriger, sans appliquer la méthode du maître A continuer Tœuvrc du maître, et parfois même en s*attachant de préférence à ses parties les plus défectueuses. L*histoire n'a point à s'occuper de ce qui n'a rien ajouté h la science'. Ce ne sont pas les esclaves de la lettre cartésiemie qui bout Icî? vrais héritiers de Drscai-tcs, uiais bien ses grands disciples indépendants qui développoid et Iranslunnent la création du mattre et lèguent à leur tour à la postérité des mondes de pensées ^
Trois grands métaphysiciens, Issus de Descartes, s'étaient levés presque simultanément en France, en Hollande, en Allemagne. L'un est Maîebranchc ; l'autre, Spinoza ; le troisième, nous l'avons déjà vu maintes fois appai-aitre, car il envahit avec une même puissance toutes les brouchcs de la connaissance iuiuiaiuc : c'est Leibniz.
Dans l'ordre des idées, sinon tout è fiiit dans l'ordre des temps, c'est Maidiranchc qui se présente la premier. Ce contemplateur
1. II lie faudrait pourtant pn<i Hro injuste en?en Ré^îs, qttî a montré aonventon
vrai mérite dous sea commentaire:». *
2. Avec la prohibition de l'enseigtieoieut cartéâicu coïncident des mesures trés- Qlibéralea tur r«nieigii«iiMai en général. En 1679, on édit défend ft tontes personnes
antres que les professeurs eu titre do taire le«;on publique du droit canunique et civil, il peine de 3,000 lîvtod d'uim-nde, d'Otn- lîrcliiios de ttnis le-, Ji'^n's qu'elles pourraient avoir obtenus, etc. Cette défeuse, ea ot ( tendue ;i tuute.s les Ka-
cullcs et appliquée aux Uucleurs agrégés comme a luua autres : ils ne puieut plus ni ensdgner pnbliiiaeinent, ai assembler des éeoUets iAm ena. Jusque-là, tons le» dooteora agrégés avaient eu droit d'enseigner librement dans le ressort de leur Faculté. Le monopole des professeurs tii daires, la destruction de ce qui ro-t;iit des libertés scolastiques du moyen Age, turent donc rouvrn<?e du guuverucmeut do l^misXIV. Le despotisme se complétait dans toutes les directions.
de ndéal divin, qui semble devoir être éclos au fond d*one Thébalde, est, le peintre du del, eomme Lesueur, un enfont de Psarîs,
de la cité bruyante et active entre toutes. La congrégation de l'Oratoire, celte savante et austère alliée de Porl-Ilujal et de Des- ( ai ic:?, a riionneur de produire le dernier grand penseur qui suit sorti des ortlies religieux. Malebranclie est pour TOratoire ce qu'avaient été saint Thomas pour les dominir uii^ et saint iknuiventurc pour les franciscains; mais il n'est pas niélé, comme ces deux pliilosopties monastiques, aux aiïaires de l'Église, aux clioses du dehors. Son histoire est tout entière dans ses livres , ou plutôt dans un seul livre, qu'il ne fait que développer toute sa vie, Ia Ruh&rche de la Vérité C'est moins un homme qu'une pensée. Bsprit exclusivement idéaliste* rempli d*un superi>e dédain pour les laits, pour les apparences» pour tout ce qui nous vient par les sens, par Timaginatlon ou par la tradition humaine, en même temps, âme pieuse et attadiée par un sentiment profond à sa foi, il imprime à son oeuvre ce double caractère : il entreprend de développer la théorie de l'entendement et des idiHîs, de démontrer que notre àme est bien plus unie à Dieu qu a notre corps et, en môme temps, de relier la i»hilosophie et la religion, que Uescarles avait séparées pour affranchir la philosopliie.
Il prend donc [).nir point de départ, dans la Ikchfnh: de la Fénïè, la distinction de l'âme et du corps telle que l'a posée Descartes et la méthode géométrique singulièrement associée au dogme du péché originel. Tout mal étant pour lui dans ia chair, il a dû nécessairement adopter la méUiode qui a balayé le sen* sualisme péripatéticien. Le motif de son mépris envers Texpé* rienee sensible et les notions phénoménales est métaphysique, en ce que les sens f ne nous apprennent pas ce que sont les choses en elles-mêmes, mais seulement le rapport qu'elles ont avec notre corps »; maïs il est aussi et surtout théologique, en ce que notre corps est ce qui nous détourne de Dieu : le péché originel, suivant lui , a oorronapa les sens , ou , plus exactement, a
1. Le premier vulume {>arut «n 1674 : les autres suivireut de préi». Malebraiietie, né en 163U, mourut en 1715. Ses nutres omngtê août Im ConmrntUonê cMWmtwii, le Traité d« ta Nature et de la Crtfce, le Traité de Jforub, let MfdiMiim «MfÏMM* et mitapkff$iq¥êit les Hcpomes attx objectionê, etc.
imn-Mn] m alsbranciik. m
coiTunipu l'esprit en irlàt haut .son uiiimh ui.t Dieu pour resserrer son union avec le e^rps : d'où i! suit (jue l'esprit est porté à croire les sens au lieu de juurr leur téniorgnago. (Test par cette donnée qu'il s'efTorce de rattacher la religion à la philosophie. Descartes n'avait pas donné lieu à une telle doctrine et croyait que riionime est res|é tel que l'a fait son créateur.
11 faut donc, d'après Malebranche, que l'esprit se garde de consulter les choses sensibles pour arrÎTcr au vrai. La plupart des hommes suivant cette feusse route, « les opinions ordinaires, que Ton voit approuvées génc^ralement de tous les hommes et de tous les siècles, » sont sans valeur quant à la certitude philosophique. < Si les hommes violent fort édairés , rapprobation universelle scroit «ne raison ; mais c'est tout le contraire » Jamais on n'a poussé plus loin le pui i aiionaiisaie ni le mépris du consentement universel.
Le consenienient des hommes écarté, la raison individuelle reste en face de Dieu. Klle ne doit interrojarer que lui seul. La vérité universelle, qui est Dieu, répondra en manifestant ùTesprit les idées claires et distinctes. Il faut attendre cette réponse, la solliciter par la prière et suspendre son jugement tant que Dieu n'a pas répondu.
En présence de cet audacieux et sublime rationalisme, que devient la religion traditionnelle, si chère à M alebranche ? La conséquence logique de sa doctrine, c'est que, si nous devons croire à la révébitlon , ce n*est point parce que la tradition nous Ta transmise, mais parce que Dieu nous la renouvelle quand nous rinterrogeons. Hais dors pins d'Église !
II essaie d'échapper par une distinction entre l'ordre de foi et l'oidrc de laibuu. « Dieu nous tiistniit de l.i iui d'une manière toute dillérente de ceUe dont il nous découvre les choses natu-
1. Btclufchede la Vérité; Préface, p. XLv; 8« édit. — C'est dans le Traité <f# la Natur$ ft !;i Urdte et dans les Convtrsationf ' 'uffiVnnfj qu'il développe son systomc d'aikauce culrc la religion et la philosophie par une Uiéurie trèn-exiraordiuaire cl trèt'IiBidie aiDrl» canetire «tla »ki$»Ué da riDoanalion dn Verba ei da ta médiation; niceuiti qui evt eiisté mime uxn» U péché ori'jhul. Au fond il lutte c ontre de» doutes sur lu nécessité d'une .satiâfbctitm infinie k Dieu puur ie poché, et par conséquent des peiuoi etcmeiles. L'esprit d'Ori({«ue revit en lui. Voyez une très-curieuse latua da MaktinuMdia poblMa par M. Paioal Ovpnt dam la Ibni* InA^ditiM» du 10 octobre 1S43.
relies. » Malebranche aftirine, mais il n'explique ni ne démontre, et n'aboutit qu'à interdire arbitrairement à la raison l'aooès d'une sphère où la plupart des ^nds théologiens l'ont eux-mêmes in-
trodiiiic, la splièrc des uiyslères chétiens Il a donc échoué dans Sun pi oj(»t (l'alliancn entre la relij^ion et la philosophie.
Maintenant, a-t-il réussi dans la théorie des idées ? Oùentend-ii que Dieu nous fait voir les idées Uak-es a distinciesf Quel est le lieu des idées ? — filles ne sont pas dans les objets extérieurSt d'où elles nous seraient transmises par émanation, comme le prétendent les [téripaféticiens ; elles ne sont pas créées par notre esprit ni par le Créateur dans notre esprit à mesure des occasions. Les idées générales, les vérités éternelles, sont innées d ms notre esprit , avait dit Descaries ; nous les voyons en nous , où Dieu les a déposées en nous créant, et nous les voyons aussi à leur source directe, en Dieu : l'idée de Dieu ou de la perfection infinie est notre ftme même. Descartes, du premier élan, avait saisi sous ses deux aspects la mystérieuse vérité K Malebranche laisse échapper une des deux faces du vr;u ; il me les idées innées et prétend que nous ne voyons les idées (ju'cn Dieu, qui est le monde intelligible ou le lieu des esprits. Tandis qu'il s'abiaic dans l'unite divine, la personne humaine tend à s'anéantir entre ses mains : la dualité de l'être fini et de l'être infini s'efface de plus en plus. Descartes avait posé la base de la vraie tbéorie,niais il n'avait pas construit l'édifice : s'étant arrêté, dans sa définition de l'âme , à la notion de pensée, et n'étant jias remonté jusqu'à la notion de lui cc, il n'avait point établi (|ue l'ànie développe ses idées par sa force propre et il avait seiiildé admettre que l'àme est passive quant aux idées et active seulement quant aux volontés. Malebranche va plus loin et tend à rendre passive la volonté comme l'entendement: c Les créatures, dit-il, n'ont point de force propre ; Dieu fait tout dans les esprits comme dans les corps. C'est de sa puis-
1. Il admet que la raison puisse expliquer le péché originel, mais il range la &aiut« Trinité parmi les mjstèrw qa*<m no doit point «Mayer do sondor, «t, qnelqiM temps apréi, Uosâuct lui-roL nu-, l'orthodoxie incaraée, donno do ce mjstèro ftmdameiital
HOC explication mctaphYâiquc admiraMo.
2. Nous avons déjà dit que, |i:ir hU'cj innées, Descnrtes entendait non j.as ôe» notions tout acquises, mais les pruiciiH;& des notions, la faculté de les acquérir et la tondanoe à user do oetto faculté.
(167i.l71ft| MALEBRAMCUB. • Ul
sanoe que les esprits reçoivent toutes leurs modifications; c*est dans sa sagesse qu'ils trouvent toutes leurs idées ; c^est par son amour qu'ils sont agités de tous leurs mouvements réglés. » Il ne reste à l'homme que la liberté de pécher, c'est-à-dire d'arrêter à des objets particaliers , à de faux biens, le mouvement rcglé qui le porte vers le bien en i^^éucial, qui est Dieu niôjne. 11 n'est pas facile (Je comprendre comment un ùtrequi n'a point de force propre peut avoir môme la force négative de résister à rinipuision divine. C'est encore là une réserve illogi<pie jiufiosée au philosophe par le theoloirien. Si les créatures n'ont point de force propre, qu'onl-cUcs ( Uue sont-elles ? — De là à leur nier la réalité de l'être et à ne voir en elles que des modes de l'être universel, il n'y a qu'un i)as.
Malebranche ne le franchit point ; mais il ne reste en deçà que faute de rigueur logique. Il ne fonde donc point une de ces théories pleines et serrées, dont oa ne peut plus rompre la chaîne dès qu'on a laissé attacher les premiers anneaux. Le lecteur lui échappe par plus d'une maille rompue. Il reste cependant un des grands noms de la philosophie. Il a développé un des côtés de I9 vérité, la théorie de la vision en Dieu, avec une magnificence digne de Platon et dans la forme k plus claire, la plus lumineuse, la plus digne du si^et. Quiconque est sensible aux grandes pensées admirera toujours la beauté, la sublimité de cet esprit qui plaih' Llans le ciel des idées cuiiiim dans sa vraie pairie, cl qui s'élève uaiureilemeat à Dieu comme l'aigle au soleil '.
1. Il ne faut pas oublier qoe 1a philMophle lui doit d'avoir reconnu en Diea VéUndue intelligible:» Kons voyous en Dieu, dit -il, rid^e de l'étendue, mai« non les choses mêmes étendues et divisées ; leur existence u'eet pas nécessaire à Dieu. Dieu B« peut être appdé «sprit t ton nom véritable eit Celui qui est, c'ett-à'dire rStre sans restriction, Tout Être, rÊtre Inflini ek naltetwl. » V. Ihehêrehê dê la YériUf t. II, I». 158.
Sur la question de la certitude, il a fait un pas en avant de Descartes : il a reconnu qv'on ne ponTait prouver par la raison rexistenee des êtres eztérieura à noos. Sans la loi, il faudrait pcuser que Dieu est le seul être extérieur à nous. >> Kt ici il dislingue de la foi surnaturelle la foi natutellc (le sentiment;, qui rtinl proliable l'existence des autres créatures, mais uc U démoutre pasi il ne lui manque que d admettre cette fol nalKfd/s comme second principe de certitude vl«<4-vis de la raison pure.
lUippelons enfin sa démonstration, toute cartésienne, de Dieu par les idées. Les idëOT cUirca et iîi:5tinctes sont vraies; elles sont iimnuabîcs, néce<î<«iires et divines. Tout ce qu un Toit clairement, directement, immédiatement, existe nécessairement. On ne peut paa voir Ditu comme simplement poaslbln : rien ne le otHnprend; rien
S7S LOUIS XiV. [16701
La philosophie, avec Malebrancbe, reste la tète dans la gloire, mais le pied suspendu au-Klessus d*un abime où la logique rentraîne : elle n*est retenue que par une force étrangère , par une
foi puisée ailleurs que dans la méthode.
Lu aulre esprit tire les constMjucuces devant lesquelles reculait Malebranche : un esprit (jue rien ne lie, que rien n'effraie, qui ne dissimule rien et qui n'admet pas (jiie rien se puisse soustraire à la souveraineté de la niélliode. Nous n'entreprendrons pas d'exposer ici dans luule ir>ii étendue le colossal système de Spinoza, de ce puissant et solitaire penseur qui semble évoquer dans l'Europe moderne l'antique génie de l'Inde et qui oppose à l'ascétisme chrétien , à l'ascétisme du sentiment mystique, Tascétisme de la raison pure. La rigueur abstruse, la sombre austérité de ses formules, <iui réduisent la métaphysique en une sorte d'algèbre, rendent sa théorie inabordable à ht foule : entre ses contemporains, il ne préoccupe sérieusement en France que quelques hautes intelligences, qui s'acharnent à le combattre plutôt qu'à l'entendre et à le juger ; objet d'effroi pour les gens pieux, auxquels son nom arrive par de vagues échos , objet de curiosité plutôt que d'étude approfondie pour les HbeHim et les esprits foru, qui le vantent, de môme que les dévots le détéstent, sans le comprendre, il n'apparail ^uère à l'opinion que connue un dt^blrueteur, un incrédule dont la critique formidable ébranle l'édilice entier de la tradilior). Comme tbéoricicn, il n'exerce qu'une faible et indirecte inlliience sur l'esprit français, jusqu'à ce (juil nous revienne, an bout d'un siècle et denn, porté en triomphe par l'Allemagne, qui , plus accessible à sa i)ensée dogmatique, a été toutefois elle - môme bien lente à lui donner accès. La chaîne des idées exige cependant que nous essayolls d'indiquer les principaux traits de cette grande figure.
Né en dehors du cbristianisme, enfant d'une religion et d'une race proscrites, mais affranchi des préjugés et des croyances particulières à cette race, le juif Banidi Spmosa * ne commence pas,
ne peut le représenter : si donc on y peux-, il faut qu'il soit. " V. Bordas- Demoul in et son lumineux développement dei diverses tendances de Descarte* par ses dis*