‹ Historie De FranceChapitre 83 sur 168 · L-'pl · texte numérisé non relu

L-'pl

1. Né à Anstcidam, en 1632, d*im ftmilto Juive originaire du Portofl^aU

lieiO] SPINOZA. 173

eommê Descartes , par mettre en réserve la religion établie pour

s*y conformer dans la pratique : il se place , au contraire , en deliors de toute forme religieuse, ayant renoncé à celle de ses pères sans adopter aucun dos cultes chrétiens', et il débute par appliquer la nu-tliode géoim-trique à la théologie positive et à la politique, c'est-à-dire à ce que Descartes s'était abstenu d'examiner. Il entreprend un nouvel examen de l'Écriture sainte, en ayant soin, dit-il, de ne rien aflinuer, de ne rien reconnaître coinuie la doctrine sacrée, que ce que l'Écriture elle-même lui enseignera très-clairement. Un protestant eût pu admettre cette base; mais Spinoza ne tarda point à poser un principe supérieur à l'Écriture pour juger l'Écriture et la révélation spéciale; c'est la révélation permanente et universelle de Dieu dans l'esprit de l'homme, oilt est gravé le véritable original de la 16! de Dieu. Le seul moyen , dit*i], de constater la divinité de l'Écriture» c'est de prouver qu'elle enseigne la véritable vertu. Ce seul principe rend directement inutile pour lui toute la théologie positive, tout ce qui repose sur les faits traditionnels. Il arrive au même résultat et par cette affirmation dogmatique et par la critique des livres saints. Après examen méthodique, il veut que les douze premiers livres de l'Ancien TestaiiRiU ne soient pas l'ouvrage de Moise ni des autres auteurs auxquels on les attribue , et n'aient été rédigés sous leur forme actuelle que par Esdras; que les quatie livres d'Ksdras, de Néhémias, de Daniel et d'Esther soient juistéi i< urs à Judas Machabée'; que les livres saints aient été triés arbitrairement, entre beaucoup d'autres livres, par les Pharisiens du seeond Temjde. Il ne voit donc point de certitude dans les relations historiques de la Bible, au moins quant aux détails. Pour les miracles, entendus à la façon du vulgaire comme une suspension des lois de la nature par la puissance divine, il les juge impossibles; car < les lois universelles de la nature, par qui tout se fait et se détermine, ne sont pas autre chose que les éleniels décrets de Dieu, qui sont des vérités étemelles et impliquent toigours l'absolue nécessité. Si

1. La Hollande, loiu J«ika de Witi, était peut-ttre le aenl paya de TEiuope où

Spinoza pût vivre daus cette liberté.

2. 11 ne nie pas (ptc- ces livres n'aient ^té cnmposéa d'tpréa deaUvrct iDcien»^ dofti le itxte (ji igiiial 1»°^ trouve reproduit en partie.

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