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Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains

Je crois devoir aux lecteurs de cet ouvrage quelques explications qui pourront les aider à le juger. Il n'a point été conçu isolément ni pour former un ouvrage unique embrassant à lui seul, dans toute son étendue, le sujet auquel il se rapporte. 11 se rattache à une assez longue suite de recherches historiques sur le Midi de la France, recherches qui doivent embrasser, dans leur ensemble, tout ce qui concerne celte contrée, depuis l'antiquité la plus obscure et la plus reculée jusque vers la fin du treizième siècle.

Ces recherches, à peu près terminées, seront exposées dans trois différents ouvrages , se continuant et s^ complétant l'un l'autre , mais devant ctreJcbn^idérés chacun comme un ouvrage particulier et complet «n v ? lui-même relativement à une portion déterminée du sujet.

De ces trois ouvrages, le premier comprendra tout ce que j'ai pu trouver de plausible sur les origines j l'histoire et l'état de la Gaule , principalement de la Gaule méridionale , depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque de la domination romaine inclusivement. Ce I. a

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sujet, déjà si obscur en lui-même, a été encore fort obscurci par la plupart de ceux qui s'en sont occupés. Ai-je réussi à jeter un peu de jour sur ces ténèbres accumulées? suis-je parvenu à rattacher d'une manière directe et positive l'existence et l'histoire de la Gaule ancienne à l'histoire générale de l'antiquité? C'est ce que j'ai voulu faire. Ce que j'ai fait, les hommes capables d'en juger me l'apprendront.

Le second des ouvrages annoncés comprend le récit détaillé des événements de la Gaule , depuis la grande invasion des Barbares , au commencement du cinquième siècle , jusqu'au démembrement de l'enqoire frank sous les derniers descendants de Charlemagne.

Le troisième doit être un tableau aussi complet, aussi détaillé que j'ai pu le concevoir et le tracer, de l'état des provinces méridionales de la France depuis les commencements du dixième siècle jusqu'à la fin du treizième. Je me permettrai de déclarer ici d'avance que , des trois ouvrages annoncés comme se rattachant au même sujet , -ce dernief est celui dont je me suis occupé le plus longuement efavec le plus d'affection , auquel je suis tou- . jours revenu avec le plus d'attrait après de fréquentes interruptions, celui qui m'a semblé le plus neuf comme le plus intéressant par le sujet , celui enfin sur lequel je serais le plus flatté d'attirer un peu l'attention des esprits élevés et sérieux qui se sont appliqués à l'étude de l'histoire.

L'époque que j'ai voulu peindre dans les pays dont il s'agit m'a toujours paru l'une des plus importantes et les

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plus curieuses, non-seulement de l'hisloire de la France, mais de celle de l'Europe ; c'est une époque de création ou de rénovation qui succède peu à peu aux derniers bouleversements au milieu desquels achève de s'opérer le démembrement de la monarchie karlovingienne. C'est durant cette époque, et là, dans le^ parties les plus méridionales de la France, que se forme, pièce à pièce , tout un système de civilisation originale , système dans lequel on voit les misérables débris de l'ancienne culture romaine s'empreindre, s'animer inopinément d'un nouvel esprit , se relever, se recomposer sous des formes nouvelles. C'est là et alors que l'on voit s'organiser dans les villes, sur les ruines de la curie romaine, un gouvernement municipal sous les influences duquel ces villes deviennent rapidement de petits Etats libres , des puissances républicaines qui , généralement dirigées ou secondées par le clergé, luttent avec énergie et avec succck contre les violences et les abus du pouvoir féodal. C'est là et alors que l'on voit naître , avec de nouveaux idiomes, fusion lènle et pénible du lau'n avec les anciens idiomes nationaux , une nouvelle litiéralui e , littérature spontanée , expression délicate et mélodieuse de ces sentiments et de ces mœurs chevaleresques sous l'empire desquels s'étaient humanisés et civilisés les descendants tant des anciens chefs germains que de ceux même du pays.

L'ouvrage que je donne aujourd'hui au public est le second des trois dont je viens de parler, celui qui forme l'intermédiaire, comme le lien des deux autres; aussi y

MIJ AVERTISSEMENT.

trouvera-l-oii ça et là quelques renvois et quelques rappels , indices matériels de la connexion qu'il a avec eux à raison du sujet commun ; mais, lares et fugitifs comme ils sont, ces indices ne sauraient, je présume, empêcher cet ouvrage d'être lu, entendu, apprécié comme un ouvrage a part, complet relativement à une portion considérable et déterminée du sujet général.

Cet ouvrage, j'aurais pu, à la rigueur, l'intituler : Histoire de la Gaule, etc. Si je l'ai intitulé ; Hisloire de la Gaule méridionale, etc., c'est pour plus de précision et de vérité, c'est pour mieux marquer l'intention que j'ai eue de développer et détailler, autant que possible, les événements particuliers au Midi, me bornant d'ordinaire pour ceux du Nord au degré de développement convenable pour en démontrer la liaison et les rapports avec les premiers, et pour tâcher de donner au tableau des uns et des autres l'ensemble et l'harmonie compatibles avec mon dessein.

Quant aux vues que j'ai portées dans mon travail, je n'ai que peu de mots à en dire. Si cette histoire diffère en bien des choses de celles auxquelles on pourra la comparer, c'est un mérite ou un risque que j'aurai rencontrés plutôt que cherchés. Je n'ai visé à rien autre ni à rien de plus qu'à retracer fidèlement des faits étudiés consciencieusement et avec un vif intérêt, en m'abstenant de toute spéculation étrangère à l'objet direct et propre de l'histoire.

Entre les parties de cette histoire, sur lesquelles j'ai essayé d'être plus complet que n)es devanciers, je puis

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