‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germainsChapitre 11 sur 35 · I-ÎO ÉTABLISSEMENT DES VISIGOTIIS · texte numérisé non relu

I-ÎO ÉTABLISSEMENT DES VISIGOTIIS

la même fortune qu'eux. Le roi des Burgondes^ Gundicaire, conçut dès lors le projet, qu'il exécuta presque aussitôlen(4i3), de s'établir, avec tout son peuple, sur la rive gauche du Haut Rhin, dans la première Germanie *. Ce peuple , se trouvant gêné sur le territoire des Allemanes, où l'avait poussé le flot de la grande invasion, était pressé de s'étendre au large dans la Gaule. Des historiens lui donnent quatre-vingt mille hommes de guerre ; mais ce nombre doit être fort exagéré 2.

Le gouvernement d'Honorius avait à peine le loisir de s'inquiéter des violations de l'extrême frontière de l'Empire, préoccupé, comme il l'était, du voisinage et des projets d'Ataulfe. Aussitôt après avoir pris et livré Jovinus Ataulfe, avec son peuple et avec les x\lains , ses nouveaux alliés, descendit au midi de la province viennoise, dans le voisinage de la Durance , et y campa, en attendant le moment de prendre une résolution définitive. Il n'avait tenu qu'en partie ses engagements; il n'avait point encore rendu Placidie. Constance, qui occupait toujours Arles, fut chargé par Honorius de réclamer l'illustre captive ^.

Personne au monde ne pouvait mettre à cette commission plus de zèle que Constance ; il aimait

(i) Prosperi Aquitan. Chronic. Consulaie, ad an. /414. — Cassiodori Chronic.

(2) Orosius. Hislor.

("î) Olympiodor. loc. (il

Placidie; il aspirait à sa main, et se flattait, l'ayant obtenue , de se faire aisément adopter pour collègue par l'Empereur. Requis de délivrer Placidie, Ataulfe répondit qu'il n'y était pi us obligé , Honorius n 'ayan t point tenu son engagement de fournir aux Visigotlis la quantité de subsistances stipulée *.

Dans la forme comme dans la rigueur du droit, ce refus était motivé; mais le fait pur et simple, c'est qu'Ataulfe n'avait jamais eu l'intention de se séparer de Placidie qu'il aimait, sur laquelle il fondait de brillantes espérances, etàlaquelleil savait sansdoule bien qu'il ne faisait point violence en la retenant près de lui. S'il s'était déclaré pour Honorius contre Jovinus, c'était plus par défiance et par mécontentement de celui-ci que par zèle pour les intérêts de l'autre. L'expérience l'avait convaincu qu'il n'obtiendrait que par la force ce qu'il désirait et cliercbait dans l'Empire , des terres pour son peuple, des honneurs et du pouvoir pour lui. Il rompit donc de nouveau avec Honorius, résolu de poursuivre par les armes l'accomplissement de ses desseins.

Il se déclara par un coup de main sur Marseille, qui pourrait être regardé de sa part comme une tentative pour s'établir sur les côtes de la Méditerranée , entre le Rhône et les Alpes; mais la tentative échoua. Marseille était défendue par le comte Boniface, si renommé depuis comme l'émule et l'ennemi d'Aétius. Le corps visigoth qui essaya de surprendre la place

(i) Olympiodor, loc. rit.

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