‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germainsChapitre 9 sur 35 · ÉTABLISSEMENT DES VISIGOTHS · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DES VISIGOTHS

dans le voisinage de Lyon ou de Vienne , avec ses alliés alains ou germains , lorsque Ataulfe et lui se rencontrèrent.

A s'en tenir à ce qu'en dit l'histoire, cette rencontre était imprévue pour Jovinus, et lui fut très désagréable *^. fl craignait avec raison un auxiliaire plus puissant que lui, et qui ne venait en Gii-uleque pour y chercher un établissement et des terres. Toutefois il dissimula, ou, s'il laissa percer son mécontentement, ce ne fut qu'en termes indirects et timides et seulement avec Attale; car Ataulfe avait amené avec lui ce vil personnage, cet empereur postiche dont il pressentait qu'il aurait encore besoin.

Le fief Visigolh ne tarda pas à justifier les appréhensions de Jovinus; il se tint d'abord pour offensé de voir Sébastien élevé au rang de César. Peut-être avait-il des prétentions à ce rang. 11 eut bientôt une autre occasion de choquer et d'effrayer le nouvel empereur. Sarus, le fameux chef de bande que l'usurpateur attendait d'Italie, n'avait point encore paru , mais il avait déjà passé les Alpes; on le savait, et son arrivée était annoncée comme prochaine.

J'ai parlé ailleurs de la vieille haine qu'il y avait entre Sarus et la race d'Alaric. Ataulfe ne fut pas plutôt informé de l'approche de son ennemi qu'il envoya au-devant de lui un détachement de huit

(i) Olympiodor. ioc. cit.

OU dix mille Visigoths , avec la consigne de se jeter sur lui et de le tuer. Le détachement partit et rencontra effectivement Sarus, n'ayant autour de lui qu'une vingtaine d'hommes de sa bande. Un combat s'engagea entre les deux troupes ; la plus faible fut bientôt anéantie, et Sarus resta seul contre les vainqueurs. Mais telles étaient la force et l'intrépidité du Barbare que huit ou dix mille hommes eulent quelque peine à venir à bout de lui , et ne le tuèrent qu'après l'avoir enveloppé de filets comme une bête fauve *.

Une alliance qui débutait de la sorte aurait bientôt cessé d'elle-même, et les intrigues de Dardane en hâtèrent encore la fm. Ce Dardane, qu'Honorius , comme nous l'avons vu , avait élu préfet du prétoire des Gaules, aussitôt après la chute de Constantin , avait refusé de reconnaître Jovinus; et à peine sut-il Âtaulfe en-deçà des Alpes qu'il entra en communication avec lui , et lui fit faire toutes les insinualions dont il put s'aviser pour le ramener au parti de l'Empire, ou du moins pour le brouiller avec l'usurpateur 2.

Il eut , selon toute apparence , pour le seconder dans cette tentative , un puissantauxiliaire. Placidie, cette jeune sœur d'Honorius qu'Alaric avait emmenée de Rome, était restée au pouvoir d'Ataulfe, qui s'était pris d'amour pour elle, mais sans cesser

(i) Olympiodor. loc. cit.

(2) Id. loc. cil.

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