‹ Historie de Marie AntoinetteChapitre 7 sur 30 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

française qui étonnera et enchantera Versailles (I).

Dès le commencement de Tannée 1709, les correspondances diplomatiques, les dépêches de Tambassadeur de France parlent de Tarchiduchesse Antoinette, de ses charmes, de Tagrément de sa danse aux bals de la cour, et de Theureux succès des leçons du Français Noverre. Le peintre Ducreux est envoyé de France pour peindre Tarchiduchesse, et commence son portrait le !8 février. Le Roi fai presser Ducreux, qui avance lentement. Il demand qu’on se hâte, et il témoigne une telle impatience, qiTaussitôt le portrait fini, l’ambassadeur de France, M. de Durfort, le lui envoie par son fils. Un divertissement donné par l’Impératrice, à Laxembourg, à Tarchiduchesse Antoinette pour sa fête, révèle à tous combien Tarchiduchesse est digne de Tamourf d’un Dauphin de France; et le 1®" juillet, dans un long entretien avec M. de Kaunitz, le marquis de Durfort règle, sauf quelques réserves, le mariage du Dauphin, le contrât, l’entrée publique, le cérémonial à suivre pour Tambassadeur extraordinaire du Roi. Le 16 du même mois, Louis XV mande de Compiègne à M. de Durfort d’accélérer la convention du mariage du Dauphin. Le projet de contrat de mariage est soumis à l’Impératrice et présenté à l’acceptation du Roi à son i*etour de (’ompiègne. Le 13 janvier 1770. après quelques changements proposés au prince de Kaunitz pai* M. de Durfort, la dernière note de la cour île Vienne

(1) L’Esploîi anglais, vol. I.

sur le mariage est remise à la cour de France (1).

Au mois d’octobre 1769, la Gazette de an-

nonçait déjà que des ordres avaient été donnés à Vienne pour réparer le^ chemins par lesquels l’archiduchesse, future épouse de Monseigneur le Dauphin, devait passer pour se rendre en France. Cinq mo^is après, plus de cent ouvriers travaillent, dans le Belvédère, à cette salle de quatre cents pieds où doivent se donner le souper et le bal masqué du mariage (2).

Le 16 avril 1770, vers les six heures du soir, la cour étant en gala, l’ambassadeur de France était reçu parles grands offi'ciers de la maison d’Autriche, les gardes du palais bordant le grand escalier, les gardes du corps, les gardes noble et allemande formant dans les antichambres double haie. 11 se rendait àTaudience de l’Empereur, puis à l’audience de rimpératrice-Heine, à laquelle il faisait, au nom du Roi très-chrétien, la demande de Madame l’archiduchesse Antoinette. Sa Majesté Impériale et Royale donnait son consentement, et Son Altesse Royale l’archiduchesse, appelée dans la salle d’audience, recevait les marques de l’aveu de l’Irapératrice, et prenait des mains de l’ambassadeur de France une lettre de Monseigneur le Dauphin, et le portrait de ce prince, qu’attachait aussitôt sur sa poitrine la comtesse de Trautmansdorf , grande maîtresse de sa maison. La cour se rendait ensuite à la salle des spectacles, où étaient joués la Mère

(1) Archives du ministère des affaires étrangères.

(2) Gazette de France, 1770, n® 23.

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