‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 129 sur 165 · LIVRE 1. en. vu. l'art et la civilisation romaine. [N · texte numérisé non relu

LIVRE 1. en. vu. l'art et la civilisation romaine. [N

266. Les nombreuses discussions auxquelles a donné lieu la rotonde de Saint- Etienne le Rond à Rome l'ont fait nommer le sphinx du Cœlius. Elle ne semble point se prêter à la théorie qui ne connaît à Rome d'églises rondes que des baptistères ou des mausolées ; ce qu'on sait de son origine ne laisse pas voir qu'elle ait été l'un ou l'autre de ces monuments. La notice trop courte du Liber

potttificalU^ à\t simplement que cette église a été " consacrée " par le pape Sïmplice.

Cependant de récentes recherches ont établi que cette église de forme exceptionnelle, avec sa double colonnade concentrique, n'est point originairement une création chrétienne, mais, comme on le soupçonnait déjà, un bâtiment profane de l'époque classique, le Macellum magituin de la 2* région *.

Aux temps païens ce grand bÂtîment était le marché du Ccelius. Au premier coup d'œil on voit combien cette rotonde,aveG SCS grandes ouvertures primitives, était bien adaptée à cet usage(fig, 1 1 5)3. L'entrée se trouvait du côté de la ville et non pas comme aujourd'hui à l'arrière du monument. On y accédait de la rue antique qui passait devant l'^IÎse afluelle de Sainte-Marie in Domnica. Vers la fin du 1 V« siècle, peut-être sous Gratien, la rotonde subît une réparation, qui seule peut rendre compte de disparités surprenantes dans les colonnes.

Fig. 115. Skiut-ÉtienDe au Cnlius, autrefois Afatelluin magnum. Plaii jiriinuir.

* T. I , p. 349, g 73 : Hic dtdUavit éiuilieam sanili Suphaiii in Ctiio monte.

' Plan lians Leliio, |it. 1, tig. \; HoUiinger, p. 97; Kraus, t. I, p. 353; et mieux dans Lanciani, Vlliiterario ili Einsiedtln {dfanumenli aniichi dilV aiiiuUmia reali dii Lincti, L I ), pi. a Voii le commentaire de Lanciani, p. 71 et suiv. Nutre 6j,'- ' >5 est emprunlée à Lanciani, avec lequel nous avons examiné lemoniunent; on a ajouté l'indication de la voie antique.

3 L'entrée afluelle avec sa colonnade ajoutée après coup est en E, en haut à gauche, l'ancienne en C, en bas. Elle fut encore «aseï longtemps en usage après la translation dans ceue ëglise des S.S. Prime et Félicien et la construrtion, au bout opposé de l'axe, de U petite nielle, où est aujourd'hui le maître auiel. Il ne semble pas qu'il y ait eu jadis un autel au milieu. L'église actuelle ne coniprenit, indépendaminent de la niche de l'autel et de ses accessoires ^u« les deux cerdes

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les bases et les chapiteaux. Nous avons pour l'époque de Graticn des exemples de réparations analogues exécutées à la hSte, sans goût et sans soin. La muraille et plusieurs détails de la décoration se rapportent aussi au temps où dut avoir lieu cette réparation. Cependant le bâtiment dut servir encore de marché par la suite, jusqu'au siècle suivant, oii la destru^ion s'abattit sur lui. Il fut alors restauré, mais non plus dans un usage profane; cédé par l'autorité civile au pape Simplice, il devint une église entre ses mains. Dans le quartier de plus en plus dépeuplé du Cœlius, un marché devenait désormais inutile.

I^ catastrophe qui dans l'époque antérieure à Simplice a provoqué la ruine du bâtiment était sans doute la même qui a détruit aussi, d'après le témoignage de l'histoire, le palais voisin des Valerîi, à savoir l'incendie du Cœlius au temps du sac de Rome par Alaric '.

Simplice restaura le monument et le consacra en l'honneur du premier martyr, le diacre Etienne de Jérusalem (fig. 1 16). Sans doute avait-il reçu de l'alestine des reliques de ce saint vénéré de la primitive église.

Les croix que l'on remarque sur certains chapiteaux, celles que les briques forment au-dessus de quelques fenêtres à l'extérieur (fig. ii 5 en F et en B), peuvent être attribuées au pape Simplice (fig. 117').

Fig. 117. Fenttre de Suut-Étiefiiie ^ Entre autres hypothèses sur l'on-

le Rondavec croix de briques. gine de SaJnt-Étienne le Rond, avant

que la question eût été éclaircie par les récents travaux archéolc^iques, on en a émis une assez tentante : l'église devrait son origine à une imitation de la chapelle funéraire de Saint-Etienne aux portes de Jérusalem, précisément en forme de rotonde. La découverte en 11883 de cette église de Jérusalem a montré que ce n'était pas un édifice circulàfre, mais une basilique à trots nefs; maïs l'on peut dire que la raison de dédier la rotonde précisément à S. Etienne fut de reproduire dans une certaine mesure à Rome par un autre monument la fameuse chapelle funéraire du saint en Palestine. Cette somptueuse église avait été construite par l'impératrice Eudocic qui voulait y avoir sa sépulture. Au temps de Simplice sa petite fille Placidic

concentriques; le cercle extérieur avec ses ' séparation antiques.

cmrecolonnements miirës serl de mur d'en- 1 ' Ci-dessus p. 52; Lancîani, guo m-

ceinte. En dehors de ce mur d'enceinte se fira.

trouvaient autrefois les trois espaces ou- ' Le dessin de cette fenêtre, avec la croi>

verts CCC (quatre mcme en y comptant celui découverte par l'auteur, est de l'archiiefle

u niatlre autel), et les 4 espaces D E, sépa- 1 Mazzanti. — Les balustrades à l'inténeur de

rés par des murs antiques. On reconnaît en- l'église sont de date moderne. On a corc en A et B les piliers primitifs, marqués sur notre inter«ention, le baroque tabernacle en noir sur notie plan, comme les muts de I de bois qui se trouvait au milieu.

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