‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 128 sur 165 · LIVRE 1. CH. VU. L'art et la civilisation romaine. [N · texte numérisé non relu

LIVRE 1. CH. VU. L'art et la civilisation romaine. [N

ration en mosaïque, avec les traces du monogramme constantinien du Christ sur le ciel étoile. Suivant la tendance de l'époque constantinienne on christianisa sans bruit une décoration profane '.

264. Il y avait à gauche de l'ancienne église de Saint-Pierre, près du cirque de Néron, deux autres mausolées chrétiens de forme ronde, aujourd'hui disparus, et qui, destinés primitivement à servir de chapelle funéraire à la famille impériale de Théodose, furent appliqués, comme on sait, depuis le moyen âge à d'autres usages du culte chrétien ".

L'on voit encore debout, au.t portes de Rome, sur la voie labicane, les ruines grandioses du mausolée de sainte Hélène, mère de Constantin ; le peuple lui donne le nom de Torre l'ignattara 3, C'est là qu'on aurait trouvé le magnifique sarcophage de porphyre, décoré de scènes chevaleresques, connu sous le nom de tombeau d'Hélène et aftuellcment au musée du Vatican *.

Si de Rome nous portons le regard sur d'autres cités italiennes, nous trouverons d'autres rotondes chrétiennes bien conservées, soit baptistères, soit monuments funéraires. A Naples c'est, près du dôme, le très ancien baptistère : les mosaïques de la coupole, récemment mises à jour sont du IV= siècle et d'une valeur égale à celles de Sainte-Constances. A Ravenne il y a des spécimens de l'une et de l'autre espèce de monuments ronds qui datent de l'époque gothique et byzantine. Dans la ville l'attention est particulièrement appelée sur les deux baptistères, celui des orthodoxes, Saint-jean in Fonte* 'et celui des ariens, Sainte-Marie in Cosmedin7 (dg. 1 1 1, a et c). Près de la ville est l'imposant mausolée à double ^tage du roi Théodoric dont la masse rappelle aux yeux la puissance de la nation gothique et dont l'ornementation extérieure nous révèle chez ce peuple

Fig. III. Plui d'ég;tises à forme centrale : a. ItaptUtcre niien de Ravenne. i. Torre de' schiavi, à Rome. .'. S. Jean in Fonle i lUvenne, d'après Beiold et Dehio, Die kirchliiht Bautunil dts jHeHiOaiida, pi. t el 7.

' Cf. F. Jubani, £^ Decoratione bacchica del mausolto cristiano Hi S. Coitaitxa, dans l'ArU, t.W\\ (1904), fasc. 11-12 el mon article Hiiditischi und chriitUcke Fornten in der konstantinischen Kunsl zu S. Costuma, dans la ZeiUckrift fiir kalh. Thtologie, L XXIX ('90S)tP- S66eisuiv.

' Cf. ci-dessus p. 3j6. Voir le plan d'Alforano cit< p, 2î8, n. 3. Cf. Rohaull de Fleury ; Saint André au Vatican (Nuovo

Bull, di archegl. crist., 1896, p. 41 et suiv.), avec pi.

^Plan dans Bosio, p. 323.

' Fig. dans Bottari, t. 111, p. 196 et dans Duruy, Hiit.des Romaiiti, t. Vil (1885X p. 153.

> Garrucci, pi. 269; Bertaux, t. 1, p. 40, 43 et suiv., fig. j-9.

' Plan dans Dehio, pi. 3, fig. 7; Koltiinger. p. 313; SchuUie, p. 93.

' Dehio, pi. I, fig. 7; Holtiinger, p. 213.

m. MONUMENTS RELIGIEUX A PLAN CENTRAL.

le sens de la Torme (fig. io8a)'. La belle chapelle funéraire de l'impératrice Galla Placidia est cruciforme (fig. ll3et 114)'.

Chapelle fnnéraire de G«Ua PUddk à RAvenne.

Arckitt^un lombarbi, p, 18.

Fig. iij. Chapelle funéraire de Galla Pladdk à Ra'vaonc:, Coupe, d'>pri« Euenweiii,

AtugÔHgf dtr i/assiicier Baukuiul (HanMiuk dir AnhUettur, II, III, 1).

' LiMx, A'uni(gesc/iicA/e, 10* éd., p 267; du mime, GeschichU lUr dtutschen Kunsl (1890), fig. 3^, 35 et 36; Holtiinger, p. 849.

'La rotonde de S, Maria délia Torre i Tivoli est un tombeau classique presque intafl, transformé au moyen Âge en oratoire;

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La forme londe tant des baptistères que des mausolées et chapelles funéraires se rattache à des traditions païennes. Tandis que les baptistères sont disposés sur le plan des nymphées, les rotondes funéraires témoif^ent manifestement leur dérivation de l'architefture classique des mausolées ronds des païens. Le mausolée constantinien voisin de Sainte-Agnès que nous avons décrit, les mausolées de la famille théodosienne près de Saint-Pierre étaient faits sur le modèle des nombreux monuments funéraires païens de forme ronde, grands et petits, qui entouraient Rome. On en a un exemple dans la Torre de' Schiavî (fig. 1 1 1 b) au 3= mille sur la voie prénestine, dont les ruines subsistent dans la villa de Gordien. On admire encore également, au 6* mille sur la voie âppienne, le Casale rotondo, monument funéraire païen d'un membre de la famille Cotta sur la plateforme duquel s'élève aujourd'hui une ferme pittoresque avec sa grange et son plant d'oliviers. Plus près de Rome, non loin de la basilique de Saint-Sébastien, il y avait aussi le grandiose et célèbre tombeau de Cécilia Metella, qui servit de forteresse aux Gaetani pendant le moyen âge. La ruine s'aperçoit de loin dans la campagne avec sa vénérable et altiëre couronne de créneaux. De l'autre côté du Tibre, le tombeau d'Hadrien, le chAteau Saint- Ange aftuel, dressait aux regards des Romains comme une montagne son énorme masse arrondie. Le mausolée d'Auguste sur la rive gauche du Tibre, enfermé dans la ville par le mur d'Aurélîen, n'était guère moins colossal. Enfin l'on découvrit vers 1880 les ruines d'un grand tombeau païen de forme ronde près de la porte salarienne : le mausolée des Lucilii, dont les inscriptions rappellent Lucilia Polla et son frère Marcus Lucilius Paetus. Les chrétiens avaient pris possession de ce monument dès le IV' siècle : on y a en effet trouvé une sépulture chrétienne '.

265. Tandis qu'à Rome les bâtiments religieux à plan central étaient ou des baptistères ou des monuments funéraires, il y eut à Ravenne, sous l'influence byzantine une église ronde, construite, comme les basiliques, simplement en vue du service divin. L'église Saint-Vital de Ravenne, dont le nom reviendra souvent dans le cours de cette histoire, est une délicate création du style circulaire si cher à l'Orient C'est la rivale en Occident, avec des dimensions plus restreintes, de l'église de Sainte-Sophie de Constantinople élevée par Justinien. Si Sainte- Sophie est le triomphe du style circulaire byzantin, où des masses monstrueuses s'harmonisent avec souplesse dans une admirable unité, ce même style a produit sur le sol de l'Italie, dans Saint-Vital de Ravenne, un chef-d'œuvre plus gracieux (fig. 114). Le plan de la célèbre église ravennate forme un octogone avec galerie intérieure reposant sur des piliers et des colonnes. Sur les grands arcs l'oélogone se transforme en cercle et forme la base de la coupole ronde. Cette riche construction a un étage supérieur garni de colonnes et de fenêtres ; d'autres fenêtres sont percées dans la coupole. Un décor fait des marbres les plus variés, les ravissants chapiteaux grecs et les mosaïques encore conservées de l'abside font de ce temple un véritable bijou. Il fut achevé en 547 et prit place près des vénérables églises de forme allongée qui aujourd'hui encore sont à Ravenne des spécimens si saisissants du style basilical de l'antiquité chrétienne'.

c'est ainsi que l>ehio (p. 24) le désigne; il dit ' ' Gatti, flulleit. itrch. cm., 18S6, p. 12(1

qu'il a été aittibué au IV* siècle par les uns, . et suiv.

au VI 1" par les autres, 1 ' Pian dans Dehio, pi. 4, fig. 2; Holtrin-

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