LIVRE I. CH. IV. ROME ET LES DÉBUTS DU MOYEN AGE. [N
travaillées des changeurs {trapesitae). Comment l'antique forteresse du Capitole (fig- 23)' aura-t-elle considéré cette aftivité commerciale = .'
Sidoine nous décrit d'une façon intéressante une séance du Sénat tout à côté du Capitole dans son antique lieu d'assemblée, la curie. Tout s'accomplit d'après les traditions classiques des solennités passées, seul le sacrifice aux dieux manques.
Le Sénat, le corps le plus vénérable de l'empire, promulgue ses décrets en vieux style. Comme par les temps passés, ils ont été gravés sur le marbre. Le caraftère de l'administration et de la législation romaines tenait toujours
à ce mode de publicité solennelle et monumentale.
Une expression échappée à Sidoine nous rappelle que le lieu où les documents publics d'un effet durable étaient publiés sur la pierre ou sur le métal, était toujours, comme par le passé, le Capitole ou les antiques Rostres 4.
Les édits du préfet de la ville avaient au contraire au IV*siècle,etsans doute auparavant, leur place sur des tables de marbre dans le portiais thermarum iratanarum.
C'était une salle tout proche du siège du préfet et située entre le temple de Tellus et les thermes de Titus et de Trajan, dans la région de Saint-Pieirc ès-liens. On pourrait déterminer à peu près le lieu où se trouvait le monument de la préfecture ; et l'on a souvent découvert des inscriptions contenant ses ordonnances s.
C'est au contraire au Vatican, dans l'atrium deSaint-Pierre et dans celui d'autres églises, que le roi des Goths Athalaric, fit placer un édît gravé sur le marbre et concernant les clercs 6.
Kig. 13. Le cUtean du Ckpitole et l'i
' Esquisse d'après la reconstitution du forum par Hijisen.
' yariar. I. VII, n. 6 (Mignc, col 712):
CapUoUa ceha cousceiidere hoc est humana ingeniit superata vidisze. — Sidoine, I. I, ép. 7 ad Vincenlium (Migne, col. 459; Luetjohann, p. n).
' Ibid. La lettre contient la description vivante et instrudlive du procc-s dirigé contre A rvandus, ancien praefedus praitorio de Gaule.
'Sidoine, 1. I, ép. 11 ad Afonfium (Migne, col. 466; Luetjohann, p. 17) : Dignum poema guod perennandum apicibus auratis iuite tabula rosiralis acciperei aut eliam eapitotina.
' Lanciani, dans le Bulleltinû archcel.
coinm., 1892, p. 22 et suiv. : Gli edifixii dilla prcfeltura urbaita.
' Mommsen, dans le Nfues ArcA/v, t. -^ (i«85). p. 58». L'édit sur les meuniers cité ci-dessus (p. 103, n. î) se trouvait dans les
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95. D'après les fugitives notices des contemporains on voit que les riches et nobles stînateurs, comme jadîs,se meuvent dans les luxueux appartements de leurs palais, solennellement enveloppés de leurs longues toges bordées d'une bande de pourpre (traèeae). Ils s'asseyent sur leurs chaises curules d'ivoire sculpti La longue file des portraits de leurs aïeux les entoure. Les murs des salles ont des décors de couleurs et d'or avec des textes pompeux (fasti) qui proclament leurs aflions et leur noblesse. Ils ne quittent la maison pour se rendre en public que portés dans de riches et artistiques litières '.
Aux fêtes de la cour impériale prennent part ces nobles personnages. Les compliments officiels à l'occasion des noces jouent un grand rôle dans les
mariages des souverains.
Lorsque Ricimer épousa la fille de l'empereur, les antiques hymnes aux fiancés retentirent partout. " Le lalassio fescennius éclata de nouveau ", dit un contemporain, " dans les théâtres, Ifô marchés, les prétoires, les forums, les temples et les gymnases ». "
96. Les rues sont toujours animées par les costumes de l'antiquitô.
La magistrature surtout et la noblesse sont fortement attachées à la forme traditionnelle de.< Fig. 35. Les denx matrones aur la moaaïqQe de S** Sabine, vêtements, quoique le
grand mouvement des étrangers vers Rome et surtout le contaél avec l'élément byzantin et l'élément germanique aient amené déjà des changements dans le costume. La tunioi talaris et manicata, c'est-à-dire la tunique à manches, ou encore la dalmatique sont surtout en usage chez les hommes comme chez les femmes ; la toge que l'on portait autrefois par-dessus, et chez les femmes, la stola, sont remplacées chez les humbles par la planeta ou faenula. Sur le bas-relief figuré ici de l'arc de Constantin (fig. 243}, nous voyons cette planeta d'où est venue la chasuble liturgique.
moulins du Janicule, qu'aftionnait l'Acqua 1 gne, t. LVIII, col. 600 cl 455; Lucijohann,
Paolina ou aqueduc de Trajan et aussi dans I p. 134 et 9).
d'autres lieux publics. Le lieu de publication < ' Sidoine, 1. I, ép. 5 ad Heronium (Migne,
<itait ainsi déterminé par l'objet mcme de , t. LVIII, col. 45;; Luetjohann, p. 8). Sur le
l'édit. Le pape faisait publier les ordonnances cara^\ère oHicLcl des fêtes de U cour inipcria'
d'un caradlùre tj'énéral dans tous les titres : le, cfr. Moinmsen, Slaaisrecht, t. Il, p. >',
fer omnes propositum est tUulos (Mommsen, p. 812.
ibid., p. 583). I ' Photographie nouvelle. Cf. Wilpert, Vn
• Cf. Sidoine, 1. Vlil, ép. 8; 1. 1, ép. 6 (Mi- \ capUolo di sioria del vestiario dans la revue
No 96.]