LIVRE I. CH. IV. ROME ET LES DÉBUTS DU MOYEN AGE. [N™ 9;. 9S
97. A cette esquisse de la vie publique et privée à Rome, nous ajouterons un coup d'œil sur le destin de la dignité consulaire autrefois si imposante. Son sort est l'expression de celui de Rome. Les con.suls de l'empire étaient des le cinquième siècle presque entièrement déchus de leur importance. On rapporte toujours comme un fait considérable qu'ils soient chargés, aux jeux du cirque, de donner le signal du départ pour la course des cha:s; ce qui se faisait en laissant tomber la draperie traditionnelle [jnappa'). Nous les voyons représentés sur les dyptiques cette draperie dans les mains; précieux trait pour la décadence de l'époque. Le dernier consul ordinarius qui ait été proclamé dans l'empire romain fut Flavius Anicius Faustus Albinus Basilius en l'année 541. Par abréviation de cette longue série de noms (coutume qui caraflérise également le goût du temps), il est nommé Flavius Hasilius le jeune. Ce nom de Hasilius le jeune figure encore dans la date de cette année, suivant l'antique usage de la chronologie consulaire. Mais, dans les années suivantes de 542 à 56;. la formule de datation devient " après le consulat de Basilius " parce que désormais jl n'y eut plus de " consul ordinaire ". Il y eut seulement un consul perpetuus, qui fut l'empereur d'Orient. Il date de ses années d'empire, mais aussi de ses années de consulat'. Ce maintien extérieurdu consulat romain, mémeà Byzance, témoigne du profond respeél et de la vénération que l'on continuait de garder pour la ville éternelle, Rome. L'idée de Rome comme reine du monde était profondément empreinte dans les esprits.
Ecoutons comme conclusion deux voix caractéristiques : l'une, celle d'un poète paren; et l'autre, celle d'un chrétien inspiré (l'un souffle divin qui nous font connaître l'impression générale que faisait naître Rome au cinquième et au sixième siècles.