‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 51 sur 165 · Claudios Rutilius, le préfet païen de · texte numérisé non relu

Claudios Rutilius, le préfet païen de

Y\f. ï6. Djptique coDsuUire du l'année 417, quitta Rome pour retourner dans

musée Barberioi à Rome. Frngmecii. la Gaule sa patrie. La vue de la ville avait

opéré aussi vivement sur cet enfant du Nord

qu'elle fit plus tard sur tant d'autres visiteurs venus des contrées habitées

Unciipiloloili !loriiidciveslliirio{<iAT\sl'Ar/e, Cod. Theoil., I. LX, l. 26, ^ ^ (cûfisularilatis

lS98,p. 98-1 ïo). Sur les insignes des consuls, /iisces.)

\oir Cassiod. {Var.l.V l,n. j):/ûrmii la CÛH- • Ue Rossi, Jnscript. urbis Koma, 1. I,

sulalHs. Cf. Var. I. Hl, n. 5J I. VI, n. 20 et . p. 612.

No 99] CONTINUATION DE LA VIE ANTIQUE A ROME. II3

par des peuples nouveaux. Dans le récit poétique de son voyage, il donne tout l'éclat du coloris païen à l'expression du sentiment qui l'anime. Sur le vaisseau qui descend le Tibre, il se retourne vers la ville et lui envoie, ému de sa magnificence, les derniers saluts du souvenir : " Écoute-moi! ô belle reine du monde, Rome, toi qui trônes sous la voûte du ciel ! Écoute-moi ! ô mère des hommes ! 6 mère des Dieux ! dont les temples s'élèvent jusqu'au firmament! " Et il adresse ensuite une prière emphatique à la " déesse " Rome en même temps qu'à Mars et à Vénus dont il la fait descendre".

C'est d'une autre manière que se reflète l'image de la beauté de Rome dans l'âme noble et privilégiée de Fulgence de Ruspe en Afrique, L'ancien haut fonctionnaire du royaume vandale foula le sol de Rome en l'année 500. Sous le pauvre vêtement qu'il portait volontairement, il avait conservé un coeur sensible à la grandeur et à la beauté. On en a la preuve dans des écrits qu'il a laissés, après être devenu évêque de Ruspc et un Père de l'Église fort estimé. Comme hôte de la ville éternelle, il chercha de préférence, parmi ce qu'elle recelait de beau et de grand, les souvenirs et les monuments religieux, et les tranquilles palais oti les membres unis des grandes familles sénatoriales qu'il connaissait menaient une vie presque monastique.

Mais il se mêle aussi, avec les moines africains ses compagnons, à la fpule qui assiste sur le Forum romain à une solennité publique. Il considère avec une admiration pensive les magnifiques monuments qui l'entourent ; les basiliques, les temples, les arcs de triomphe, les monuments d'honneur de cette grande place; puis aussi la splendeur du cortège. Selon la remarque d'une antique biographie contemporaine du saint, ses pensées s'élèvent au-dessus du spe6tacte terrestre. 11 s'écrie en se tournant vers ses compagnons : " Si la Rome terrestre rayonne d'une telle magnificence, combien donc doit être belle la céleste Jérusalem! Et si tant d'éclat et d'honneur entourent tes mortels, quelle souveraineté doit donc être le partage des élus dans les célestes habitations, eux qui ont méprisé la fragile gloire du monde pour imiter le Christ et ses apôtres"'!

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