Livre des morts, ch
bernacles, abritant derrière les ailes d'éperviers afFrontés et sous une autre grande aile oblique, formant châle, l'image du dieu, invisible pour les profanes. Dans le rite égyptien, cette petite chapelle fermée était toujours superposée à une barque, que les prêtres portaient sur leurs épaules dans les processions ou dans les pérégrinations du dieu. C'était un ?«a(>5 portatif, grâce auquel le dieu pouvait quelquefois accomplir d'assez longs voyages sans être privé en route d'aucun de ses honneurs K Dès leur séjour dans le pays de Gosen, les Israélites se firent sans doute une arche de cette sorte pour servir de centre au culte, passablement éclectique, qu'ils pratiquaient. Ils l'emportèrent probablement avec eux, quand ils quittèrent le pays. Cette arche était la chose du monde la mieux appropriée à la vie nomade. Elle les suivit dans tous leurs voyages à travers la péninsule du Sinaï. Nous la verrons prendre une importance extraordinaire et devenir le berceau de toutes les institutions religieuses d'Israël. La barque, qui était une partie essentielle de l'arche égyptienne, disparut dans cet
1. De ^ougéy Étude sur une stèle égyptienne de la BibL Imp. Paris, 1858; de Vogué, le Temple de Jérusalem^ p. 33 ;Lepsius, Denkm., Abth. 111, Bl. 189 b; Wilkinson, A popular account of the ancient Egypt., 1. 1", p. 267 et 270.
emploi nouveau; ce qui resta, ce fut une sorte de grand coffre, garni de leviers pour les porteurs, et recouvert par des sphinx ou éperviers se regardant et repliant des deux côtés leurs ailes, de façon à constituer dans Tentre-deux une sorte de trône divin ^ Comme, dans le langage populaire des Israélites, un sphinx s'appelait chemb, le privilège de s'asseoir entre les cherubs devint d'avance le privilège essentiel du dieu national ^
Les pains sacrés, disposés sur une table devant le dieu, étaient une des bases du culte égyptien^ Les Israélites adoptèrent ce rite et le mirent en pratique dès qu'il fut applicable, c'est-à-dire dès que leur culte eut quelque stabilité. Ces pains étaient sans levain, ce qu'on tenait pour une condition particulière de pureté \ Les employer à un usage profane passait pour un sacrilège qui ne pouvait-être justifié que par une extrême nécessité.
De la religion égyptienne, les Israélites ne connurent ainsi que le dehors, des momeries, des fétiches. Le dieu serpent les poursuivit durant des siècles, à la fois cauchemar et talisman^ Les tau-