‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 114 sur 303 · Exode, II · texte numérisé non relu

Exode, II

LES BKNI-ISRAËL A L'ÉTAT KOMADE. 161

tive n'a rien que de vraisemblable. Ses rapports avec les Madianiles arabes, sorte d'Hébreux non asservis par l'Egypte, et avec les Kénites iduméens, surtout avec un certain léter ou létro^ dont il aurait épousé la fille, paraissent aussi porter un caractère à demi historique. Fut-il réellement le chef de la révolte et le guide d'Israël fugitif? Qu'un fonctionnaire égyptien, de race mixte, chargé de surveiller ses frères, ait joué un rôle analogue à celui des mulâtres de Saint-Domingue, et ait été l'auteur de la délivrance, cela est possible assurément. Mais ce qui est possible aussi, c'est que tous ces récits de l'Exode, où la fable a pénétré pour une si large part, soient plus mythiques encore qu'on ne le suppose d'ordinaire, et qu'il ne faille, de tous ces récits, conserver que le fait même de la sortie d'Israël de l'Egypte et de son entrée dans la péninsule du Sinaï.

Il ne semble pas qu'avant de quitter Pa-Ramsès, les Israélites et leurs compagnons aient eu d'autre objectif que de fuir la tyrannie de Pharaon.

1. Exode, IV, XVIII. La terminaison o est une particularité des dialectes arainéo-arabes de la région raadianite (inscriptions sinaïtiques, nabatéeanes). D'un autre côlé, les formes ID'', ^"in^, nn% N"1D^ portent à supposer 'jN'iD'» comme nom de tribu. V. cidessus, p. 94-95,105.

S'ils eurent dès lors l'idée de conquérir cette terre de Chanaan, où leurs ancêtres avaient erré en nomades, cette idée devait être chez eux très obscure. Il s'agissait, avant tout, de sortir de TÉgypte. Deux itinéraires se présentaient. Le premier eût consisté à prendre par le Nord-est, à gagner la Méditerranée, puis à suivre la grande route unique qui, de tout temps, a mis la Syrie et TÉgypte en rapports, le long de la mer. Mais les nomades n'aiment pas les grandes routes. Une raison décisive, d'ailleurs, détourna les fugitifs de prendre cette direction. Au bout de quelques jours de marche, on eût rencontré les Philistins, alors dans toute la vigueur de leur organisation militaire \ Les Israélites et les émigrants qui les accompagnaient étaient à peine armés ; la lutte contre ces rudes guerriers eût été trop inégale^ On résolut don^ de prendre par le Sud-est et de gagner le plus vite possible la péninsule du Sinaï. En trois campements, on joignit l'endroit que les Sémites appelaient Pi-hahirot% en face du camp retranché des Hyksos, abandonné ou détruit depuis Ahmos P'.

La branche de la mer Rouge qui de nos jours se

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