‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 132 sur 303 · Exode, m · texte numérisé non relu

Exode, m

L Ibid.

l'appelait par excellence « la montagne des Élohim » ou <i la montagne de Dieu » \ On admetlait que les élohim résidaient sur ces sommets", tour à tour neigeux ou resplendissants, limpides comme un cristal ou sombres et enveloppés d'un effroyable chapeau de vapeurs. Jusque dans les premiers siècles de notre ère, les tribus du nord de l'Arabie vinrent en pèlerinage à Feiran et au Serbal. Les noms des pèlerins, écrits par centaines sur les rochers de la vallée qui y mène, sont le témoignage de la longue persistance à travers les siècles du culte qui s'attacha à ces rochers \

Le culte des montagnes est un des plus anciens de la race sémitiques Le Tabor, le Gasius, le Hauran, l'Hermon, le Liban eurent leur culte et leur dieu". Le Sinaï eut le sien, et ce dieu avait

1. Exode, III, 1 ; iv, 27 ; xviii, 5; xxiv, 13; 1 Rois, xix, 8. Cf. Nombres, x, 33; Ps. xxxM, 7; lxviii, 16 et suiv.

2. Notez l'expression DM'PNn bn nSj? n^'lD. Exode, xix, 3. « Moïse monta vers les Élohim » .

3. Inscriptions dites sinaïtiques. Voy la dissertation de Tuch, dans la Zeitschrift der d. m. G., 1849, p. 129 et suiv., celle de Lévy de Breslau, même recueil, 1860, p. 363 et suiv.,594et suiv. Il y a parmi les pèlerins des chrétiens, des juifs et des païens. Journal asiat., janv., fé\r.-mars 1859.

i. Baudissin, Sludien zum semit. Rel., II, 232 et suiv. 5. Baal-Hermon, Baal-Lebanon, Baal-Hauran, Deus Carmelus, le nom de Cassiodore. Voy. Corpus inscr. serait., 1'^ part., p. 26.

avec la foudre les plus profondes affinités. Les sommets où se formaient de si terribles orages parurent le séjour d'un dieu brûlant, aux pennes d'aigle ou d'épervieri, porté sur les ailes des vents, ayant le feu pour ministre, les vents pour messagers^ Uorafel, le nuage sombre était son voile. Il le déchirait pour se révéler par l'éclair. Un dieu de flamme habitait là. Ce qu'il y a de bien frappant, en effet, c'est que, dans un des cinq ou six paragraphes vraiment anciens que nous avons sur la vie de Mosé, ce futur chef d'Israël, exilé chez les Madianites et gardant les troupeaux de son beaupère Jétro, visite « Horeb, la montagne de Dieu », et y a la vision d'un buisson ardent, qui brûle sans se consumer\

Ce dieu du Sinaï était, en tout cas, redoutable, et on ne le troublait pas impunément dans sa retraite. Quand on le rencontrait dans les couloirs de sa montagne, il cherchait à vous tuer. Telle paraît, du

1. Exode, XIX, a. Voir la singulière monnaie du Musée Britannique, un peu antérieure à Alexandre, présentant un dieu de foudre sur une sorte de vélocipède ailé, avec la légende "irT^ : de Luynes, Numism. des satrapies, pi. iv, n° i; Combe, Vet. numi in Mus. Brit.y pi. xiii, n» 12; Six, dans Numism. Chronicle, 1877, p. 229. Il n'est pas impossible qu'un satrape des pays juifs ou samaritains ait mis sur ses monnaies le dieu du pays.

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