‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 164 sur 303 · Contre les exagérations de M. de Saulcy · texte numérisé non relu

Contre les exagérations de M. de Saulcy

L Maspero, Hist, anc. de l'Orient, p. 232. Cf. p. 229, 231. 5. Douteux. Voy. ci-dessus, p. 95.

nine, Astorelh ou Astarté, déesse d'amour et de volupté, origine de l'Aphrodite des Grecs. On l'appelait Aséra, c'est-à-dire l'Heureuse. Ses images ou ses symboles ^ étaient partout répandus dans le pays^ Les cultes de Baal et d'Astoreth ou Aséra se pratiquaient surtout sur les sommets des collines, au milieu de bosquets sacrés et d'arbres verts. C'était ce qu'on appelait bamoth ou hauts-lieux. On les retrouve encore à chaque pas en Phénicie, surtout dans le pays de Tyr, sur le territoire de l'ancienne tribu d'Aser^ La prostitution sacrée* et l'usage de faire passer par le feu les premiers-nés ' comptaient entre les bases de ces cultes, que les Hébreux nomades envisageaient avec horreur, mais qu'ils imitaient dès qu'ils étaient eux-mêmes établis. Tant il est vrai que la tente seule les en avait séculairement préservés !

\. Probablement le signe W, si fréquent sur les monuments phéniciens et carthaginois. Voy. Corpus inscr. semit . , i""^ partie, t. I, p. 281 et ruiv., 428 et suiv.

2. Mission de Phénicie, p. 508, 509, 640, G53, C62, 663, 6G6, 691. On appelait ces images asérim ou aséroth, comme les images de Baal s'appelaient baalim. Voy. Geseuius, Thes.y p. 224, 2^ col. C'est ainsi que Ton dit chez nous, en style populaire, des christs, des bons-dieux, des saintes-vierges.

3. Mission de Phénicie, livre IV, ch. iv. Lïbid.y p. 518, 585, 647-653, 662, 663. 5, Il Rois, XVI, 3, etc.

En dehors de ces hauts-lieux chananéens, il y avait des lieux de culte d'origine inconnue, tels que Béthel, Sichem,le Garizim, quelques localités du Galaad, certains endroits appelés Galgal, que les Hébreux adoptaient bien plus volontiers; car on les tenait pour très anciens, et on racontait que les pères y avaient sacrifié. Le titre dont se réclama le plus Israël pour établir sa propriété sur la Palestine était une sorte de charte de lalivé, envisagé comme dieu de Béthel ^ Il était tout à fait dans l'esprit de l'antiquité, en entrant dans un pays, d'en adopter le dieu local et de chercher à le servir selon ses goûts ^ Ce qui désole David, quand il entrevoit la perspective de l'exil, c'est qu'il sera forcé de sacrifier à d'autres dieux que lahvé^ Plus tard, le Syrien Naaman voulant faire à Damas des sacrifices à lahvé, demanda à emporter deux charges de mulets de terre chananéenne; car on ne peut faire de bon sacrifice à lahvé que sur cette terre*. En réalité, ce inonde chananéen représentait une forme de société humaine assez médiocre. Il

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