XXII PRÉFACE
différentes de ce que les juifs ont fait depuis la captivité. Mes vues sur le lasar, sur le Livre des guerres de Jahvé, et, en général, sur les vieux livres d'un caractère épique et idyllique, presque profane, qui précédèrent toute rédaction de l'Hexateuque, sont indiquées par avance dans le présent volume. Au point de vue de la valeur documentaire, ces livres, écrits dans le royaume du. Nord et antérieurs au grand prophétisme, forment à peu près le document que les critiques allemands désignent par la lettre B.
On a conservé, pour les noms propres connus, les transcriptions reçues, même quand ces transcriptions sont assez défectueuses, comme Salamon, Moïse, etc. Pour les noms qui n'ont pas de forme vulgaire convenue, on a créé des transcriptions françaises, conformes à nos habitudes, d'après les anciennes versions, sans négliger les voyelles massorétiques, mais sans les suivre servilement. On a voulu que tous les noms fussent prononçables, sans convention ni notation particulières. En général, on s'est appliqué à ce que chaque consonne hébraïque fût rendue par une
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seule lettre. Il n'y a de difficulté réelle que pour le schin hébreu, répondant au 5/* anglais, au sch allemand, au ch français dans chose. Ces diverses transcriptions prêtent toutes à des malentendus. Les traducteurs grecs et latins, qui se sont trouvés en face de la même difficulté, ont rendu la chuintante hébraïque par la sifflante simple. Nous avons suivi leur exemple, pour éviter des entassements de lettres, qui forment de perpétuels embarras pour le lecteur français.
Les corrections que je suis amené à proposer aux textes hébreux sont indiquées dans les notes. Les grands progrès accomplis depuis trente ans par la paléographie sémitique, — progrès qui sont le résultat de la vaste extension qu'a prise l'épigraphie sémitique, — permettent maintenant d'appliquer avec sûreté au texte de la Bible la méthode de critique verbale inaugurée, au xviii' siècle, par le P. Houbigant. L'insuffisance des données qu'on avait sur l'histoire des écritures sémitiques empêcha de fonder alors cette étude sur des bases solides ; dans l'état actuel de la science, l'avenir de la philologie hébraïque est de ce côté. Autrefois,