Deut., VI, 10 et suiv
tures sans nombre. Ces périlleuses campagnes, ces ingénieuses prises de villes, ces stratagèmes qui nous semblent cousus avec du fil blanc, mais qu'alors on trouva très subtils, complétèrent l'épopée commencée au delà du Jourdain. Mille récits, pour la plupart légendaires, célébrèrent les ruses de Josué, l'audace de Galeb, la prise de Jéricho, Tincendie du Aï.
De tout cela se forma un véritable cycle épique, dont les branches se conservèrent dans la tradition orale, pendant des siècles. Chaque ville, chaque province eut sa légende. Ce fut l'analogue des Fotouh, ou victoires initiales de l'islam, devenues ensuite un prétexte pour toutes sortes de fables ou d'exagérations*. Ce fut surtout l'analogue de la poésie arabe an té-islamique. L'usage des Israélites, comme des anciens Arabes, était à chaque circonstance solennelle ou caractéristique, surtout à propos des batailles, d'en frapper en quelque sorte la médaille par un cantique que le peuple chantait en chœur et qui restait plus ou moins gravé dans la mémoire des générations. La mémoire, dans ces siècles reculés, antérieurs à l'écriture, était capable de miracles. Ces chants for-