Qol lahvé est devenu ici synonyme absolu de tonnerre
Même l'association profonde qui, au moins depuis la traversée du désert, rattacha lahvé au massif du Sinaï ne fut jamais rompue. lahvé aura toujours sa demeure principale, son Olympe habituel, dans le Sinaï. Là, il réside au sein de la foudre ; de là, il accourt, avec des éclats terrifiants, quand son peuple a besoin de lui. Son voyage, en pareil cas, est toujours le même. Il vient du Sud, du côté de Séïr et de Pharan ; il éclate comme une aurore boréale; la terre tremble, c'est le signal des grands jugements qu'il va exercer sur les peuples, pour venger les injures de son Israël \
Nous avons vu que l'âge patriarcal n'ignora pas la superstition, les téraphim^ les petits bons-dieux en bois, en terre cuite, en métal. Ces téraphim représentaient les dieux particuliers, non l'unique El ou les suprêmes élohim. lahvé garda l'empreinte de son origine particulière ; il fut longtemps représenté. Les données à cet égard sont très incomplètes, les puritains d'un âge postérieur ayant supprimé dans les textes ce qui leur paraissait trop scandaleux. Mais il n'est pas douteux, que, à une époque ancienne, lahvé n'ait été l'objet d'un culte idolâtrique. Souvent on le figura sous la forme que
1. Cantique de Débora et Ps. lxviii. V. ci-dessus, p. 193etsuiv.
rÉgypte avait rendue chère aux Israélites les moins éclairés ^ , sous la forme d*un veau d'or ^ ; quelquefois on préféra lui donner les attributs du serpent^; d'autres fois, lahvé était une image en plaqué * , peutêtre le disque ailé flanqué d'urseus, qui est si ordinaire en Egypte, et qui ne manque jamais, on peut le dire, dans un seul monument phénicien". Nous sommes portés à croire que les urwi^ de la symbolique israélite^, n'étaient pas autre chose que ces deux uraeus^ qui sont la partie essentielle du grand symbole égyptien de l'infini . Tous deux s'appelaient collectivement ha-Ourim ou ha-Ouraim, les deux ourim; ou bien, l'un s'appelait iirim, l'autre tumnnm, mot dont le sens dans un tel emploi nous échappe complètement.