‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 259 sur 303 · Makir figure comme une tribu dans le Cantique de Débora · texte numérisé non relu

Makir figure comme une tribu dans le Cantique de Débora

qui couraient le pays n'eussent entre eux aucun lien de parenté. Gomme certains maniements d'armes et certaines aptitudes étaient souvent, dans l'antiquité, l'apanage de familles déterminées, qui se les transmettaient héréditairement, on ne saurait affirmer que les Bené-Iemini n'aient pas formé à l'origine une famille dans le sens ordinaire du mot. Il fut admis, du moins, qu'une tribu pouvait exister sans territoire. Lévi n'en avait aucun, et le territoire de Benjamin se bornait presque à la colline de Gibéa.

Ruben etSiméon, qui devinrent assez vite indiscernables de Moab, d'Edom et des Arabes du désert, disparurent de bonne heure comme tribus. On les regarda, ainsi que Lévi, comme des tribus sporadiques, dispersées dans le reste d'Israël \ Il y eut ainsi des tribus en quelque sorte idéales, à côté des tribus totalement extravasées, comme Dan. Le tout était de se rattacher, par la langue, par la race, par un souvenir plus ou moins authentique, à l'antique Jacob.

Jacob fut censé avoir eu deux femmes et deux concubines. Chaque tribu, naturellement, essaya

1. Bénédictions de Jacob et de Moïse, Gen., \li\, 5 et suiv. ; Oeut., XXXIII, 6, en observant que le comma de Siméon est tombé dans la Bénédiction de Moïse.

d'abord de se rattacher au père commun de la manière la plus honorable; puis il se fit une sorte de classification, favorable aux uns, défavorable aux autres, où f opinion de la puissante tribu joséphite d'Éphraïm fut prépondérante. Joseph et Benjamin, la plus vieille aristocratie d'Israël, naquirent de l'épouse bien-aimée Rachel, dans des circonstances qui en faisaient des privilégiés et des préférés. Dan, Nephtali, Gad et Aser furent sacrifiés et rattachés aux concubines. Gomme les rivalités étaient grandes entre ces membres d'une môme famille, des anecdotes, souvent assez déplaisantes, circulaient sur ces fils vrais ou supposés du patriarche, et affligeaient fort leurs descendants. Ainsi, dans nos campagnes restées naïves, on se taquine beaucoup sur les saints des diverses paroisses, et chacun se trouve atteint par le mal qu'on dit de son patron. Mais c'est surtout au monde des tribus arabes, avant Mahomet, au Kitâh el'A(jhâni, aux divans des tribus, qu'il faut demander l'intelligence de cet âge, en apparence si contradictoire, d'Israël. Les tribus arabes, bien ([ue de même race, ont entre elles les haines les plus atroces. Elles répandent l'une sur l'autre les plus odieuses calomnies. Des recueils ont été faits*

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