‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 258 sur 303 · Juges, ch. \xi · texte numérisé non relu

Juges, ch. \xi

360 HISTOIRE DU PEUPLE blSIlAEL.

frappa Benjamin, tomba, dit-on, snr la ville de Jabès en Galaad. Selon la légende, les habitants de cette ville auraient seuls manqué à l'espèce de diète qui aurait été tenue à Mispa contre les Benjaminites. On les aurait tous tués, en réservant leurs filles vierges pour continuer la race de Benjamin. Ce qu'il y a de vrai dans ce récit, c'est que Galaad, et peut-être en particulier Jabès, faisaient bande à part et n'entraient pas pour grand'chose dans l'œuvre commune d'Israël.

Ainsi se continua, pendant deux ou trois siècles, la vie séparée d'une douzaine de familles, notoirement congénères, ayant la pleine conscience de leur parenté, mais rarement unies dans une action commune. Les Joséphites gardaient toujours leur supériorité ; les signes de la future primauté de Juda étaient encore bien obscurs ^ Très anciennement s'établirent des généalogies convenues, destinées à montrer l'unité d'origine de ces différentes familles. Les anciens noms de tribus, Isaac, Jakob, Israël, Joseph, servirent à d'ingénieuses combinaisons, en tête desquelles figurait toujours le Haut- Père, VAb-ram, identifié avec le mythique Père- Orcham, rapporté de la Chaldée. Le très vieux nom

1. Juges, XX, 18, d'une rédaction tardive; Gcii., xlix, 8 et suiv., très vacillant comme date de composition.

d^Isaac fournissait un fils et successeur immédiat à VAb-ram, On identifiait en un seul personnage les anciens noms de Jakob et d'Israël. Toutes les tribus venaient d'éponymes, censés fils de Jakob ou Israël. Il y eut bien dans ce choix quelque arbitraire. Les puissants groupes de Jaïr, de Makir, d'Abiézer auraient eu autant de droit que Gad ou Dan à figurer dans la liste*.

En y mettant une certaine complaisance, on réussit à trouver le chiffre sacramentel ce douze ». Joseph fut dédoublé en ses deux fils Éphraïm et Manassé. Deux groupes, à ce qu'il semble, furent formés en dehors des considérations de parenté, le groupe des lévis et le groupe guerrier désigné sous le nom de Benjamin. Les lévis s'étaient fort multipliés dans les diverses tribus. On s'habitua à croire qu'ils descendaient d'un fils de Jacob, nommé Lévi; on fit d'eux une tribu, dont le lot fut de n'en avoir pas, mais de demeurer chez les autres et de vivre à leurs frais. Les Beni-Ie7nini, frondeurs et archers habiles, avaient été placés au sommet des fortes collines qui sont au nord de Jérusalem.

Benjamin et Lévi devinrent ainsi deux fils de Jacob, quoique assurément les différents lévis

Page 1