Juges, XX, 1 ; xxi
désormais fixées dans le caractère simple et clair dont les Sidoniens tiraient tant d'utilité.
Silo devenait, en même temps, une sorte de capitale religieuse de la nation\ lahvé, à ce qu'il semble, y était seul adoré. L'arche, après un long séjour à Béthel, y avait été portée, et tout le monde venait là consulter l'oracle. Il y avait des fêtes annuelles, une sorte de pèlerinage . On allait à Silo comme à une ville sainte de toutes les parties d'Israël. C'était là un pas immense. L'arche était, en Israël, le centre du mouvement, la cellule initiale de l'organisation future, ce qu'est, en embryogénie, le premier point vivant. C'est à Silo que Ton put comprendre quelle importance aurait ce coffre pour l'unité de la nation. Il en était, à vrai dire, le facteur essentiel; car, s'il y eut de nombreux éphods, de nombreux endroits de sacrifice, il n'y eut jamais qu'une seule arche; et voilà pourquoi, plus tard, il n'y eut qu'un seul temple. La présence de l'arche à Silo n'empêchait pas, du
1. I Sam., ch. I, ii, m, surtout m, 21. Le passage Gen., xlix, 10, douteux.
2. Juges, XXI, 19 ; I Sam., i, 3, 7, 9, 21 et toute la suite, en se défiant de la rédaction tardive, qui entraîne de fausses assimilations avecle temple. Nolez encore I Sam., ii, 11-17, 18 et suiv., passages qui ne peuvent guère être allégués comme autorités pour la haute antiquité.
reste, que Ton consullàt lahvé à Mispa et à GilgaP. Il n'est pas probable que l'arche présentât dès lors la riche décoration qu'elle eut du temps de Salomon. Sans doute le bois dont elle était faite dut être renouvelé bien des fois. Les sphinx ou éperviers aux ailes repliées ne cessèrent jamais de décorer le couvercle. Si l'or y avait été aussi prodigué que le disent les descriptions modernes, le petit sanctuaire eût couru bien des dangers, à une époque où la terre d'Israël était si mal gardée contre les pillards. On ne voit pas non plus que la tente où le naos portatif était déposé ait jamais reçu de notables ornements. Mais le sacerdoce prenait de l'importance. Éli, prêtre de Silo, fut durant quarante ans, une sorte de juge. Ses deux fils Pinehas et Hofni ouvrirent, dit-on, l'ère des abus. On se souvint longtemps en Israël des longues fourchettes à trois dénis qu'ils plongeaient dans les marmites et les pots des pauvres gens qui venaient sacrifier. On racontait déplus que Hofni et Pinehas avaient avec les femmes de service, aux abords de la tente sacrée, les relations les plus profanes. Il en résulta, dit-on, un discrédit momentané pour le pèlerinage de Silo^