‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 272 sur 303 · I Sam., VII. Rite analogue, Juges, xx · texte numérisé non relu

I Sam., VII. Rite analogue, Juges, xx

38i HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL.

auparavant, la bataille malheureuse d'Afeq.

Samuel aurait marqué un point plus important encore dans le développement d'Israël, s'il était vrai qu'il eût établi, dans l'arche ou près de l'arche S le séfer^ c'est-à-dire le registre ouvert sur lequel s'inscrivirent les premières écritures d'Israël. L'arche aurait ainsi une signification plus haute, s'il est possible, que celle d'avoir fondé le monothéisme, puisqu'elle aurait été le berceau de la^Bible, le premier archivium de l'histoire de l'humanité. Mais les bases d'une telle opinion sont bien faibles ^ On n'a pas la preuve que Samuel ait écrit ^ Ce qui peut être vrai, c'est que, de son temps, l'usage de l'écriture fit en Israël certains progrès.

Jusqu'ici, l'écriture n'avait été d'un usage com-

t.mn'' ''^d'?. I Sam., X, 25.

2. La façon dont est racontée l'érection de l'Ében-ézer (I Sam., VII, 12) semble supposer encore un usage rare de l'écriture.

3. 1 Sam., X, 25 est un texte de peu de valeur. Il appartient aux parties les plus faibles de l'histoire de Samuel. L'expression nD7Dn IDDU?D (I Sam., x, 25) ne désigne pas une constitution ou règle de la royauté. C'est bien plutôt le morceau transcrit ch. VIII, 9 et suiv., que Samuel est censé vonloir conserver, pour que Ton voie un jour combien il a eu raison dans ses prédictions contre la royauté. Le sens de "J^DH "Û^VjD est « le caractère d'un roi, le type d'un roi ». Comp. Juges, xiii, 12; xviii, 7; H Rois, i, 7, et l'expression fréquente IDDUDD.

mun ni parmi les Israélites, ni parmi les Chananéens. Nous disons, d'un usage commun; car une distinction est ici nécessaire. La question de Torigine de l'écriture chez un peuple n'est pas aussi simple qu'on le croit. Autre chose est le fait de connaître l'alphabet, autre chose de s'en servir pour écrire des textes suivis. Un peuple peut avoir durant des siècles l'écriture, sans pour cela en faire un usage littéraire. En est-il un exemple plus frappant que celui des Latins et des populations italiotes, dont l'alphabet est plus archaïque que celui des Grecs, et qui pourtant n'ont commencé d'avoir une littérature que vers 200 avant Jésus-Christ? Gela dépend en grande partie des substances sur lesquelles on écrit, de la cherté de ces substances, des facilités qu'on a pour se les procurer. On ne bavarde pas sur la pierre et le métal comme sur le papyrus devenu à bon marché. Les Grecs, avant d'écrire leurs grandes compositions, souvent prolixes, eurent un âge de parcimonie graphique, où ils comptaient leurs lettres en quelque sorte*, et confiaient le plus de choses possible à la mémoire. Les Sidoniens, les Ghananéens, les Israélites connurent aussi durant des siècles

1. Traité desÉléens et des Héréens. Corpus inscr. gr., n° 11. I. 25

l'alphabet cadméen, sans l'employer à des usages littéraires ou sacrés.

On écrivit certainement sous David. Il est même permis de croire que, bien avant David, on fixa en caractères alphabétiques des listes ^ d'hommes et d'objets, des généalogies, toutes sortes de détails matériels que la mémoire garde mal. Les pièces rythmées, que la mémoire, au contraire, garde parfaitement, furent écrites relativement tard. L'inscription de Mésa, dont nous possédons la pierre originale au musée du Louvre, est à peine postérieure de deux cents ans à Samuel. Or le pays de Moab ne paraît avoir devancé en rien, à cette époque, les pays voisins. Le mouvement qui commence en Israël vers diOO avant Jésus-Christ, et qui prépare le siècle de David et de Salomon, fut trop profond, trop riche de conséquences, pour qu'il se soit passé dans l'état d'inconscience d'un peuple qui n'écrit pas.

On ne voit pas, du reste, que Samuel ait introduit le moindre changement dans l'état religieux qu'il trouva établi. lahvé fut sans doute exclusivement son dieu personnel ; mais il admettait que l'on se servît des noms de Baal et de Milik ^ Il ne

i. C'est le sens exact du mot sépher.

± Famille de Saûl; noms composés de Baal et de MUik.

songeait nullement à Tunité du lieu de culte, puisqu'il éleva un autel à lahvé dans sa maison de Ramai. Il sacrifiait en tout lieu^; sans le moindre scrupule, il honorait lahvé sur les hamoth. Saûl et son compagnon furent témoins de ce culte libre, en plein air. Ils cherchaient le Voyant pour le consulter sur une ânesse perdue^ « Ils allèrent à la ville où était l'homme de Dieu. Gomme ils montaient la montée de la ville \ ils trouvèrent deux jeunes filles qui sortaient pour puiser de l'eau, et ils leur dirent : (( Le Voyant est-il ici ? >> Et elles lui répondirent : «Il y est. Là devant vous. Hâtez-vous ; aujourd'hui, » il est venu à la ville, parce que c'est jour de » sacrifice pour le peuple sur le haut-lieu. Dès que » vous serez entrés dans la ville, vous le trouverez, )) avant qu'il monte au haut-lieu pour le festin ; car )) le peuple ne mangera rien avant qu'il vienne, vu y> que c'est lui qui doit bénir le sacrifice. Alors, seu- » lement les invités mangeront. Montez donc ; car » c'estbien aujourd'hui que vous pouvez le trouver. » Ils montèrent à la ville, et, au moment où ils y entraient, voilà Samuel qui sortait en face d'eux pour

J. I Sam., VIII, 17.

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